... à travers le Petit Ardennais...
7 Juin 2020
Mai
FROC AUX ORTIES. — Un frère de la doctrine chrétienne de l’une des écoles congréganistes de Bayonne vient de jeter le froc aux orties. Il fait connaître sa détermination par une curieuse lettre adressée au Républicain Bayonnais, et dont voici un extrait :
« J’étais fatigué, dit l’ancien congréganiste dans cette lettre, de vivre au milieu d'hommes grossiers et sans éducation, qui ne sont pas
plus en état de former un enfant à la vie sociale qu’ils ne sont capables de dire la vérité.
» C'est avec satisfaction que je rentre dans la vie civile, que je vais me retremper au sein de la famille, élever mon âme par le travail honnête, faire connaissance avec le vrai, le beau et le bien dont je n’ai jamais entendu parler pendant les six années que j ’ai passées à l’école St-André.»
Académie Mont-Réal de Toulouse. — Grand concours international, 1885. — Le Concours annuel, organisé par l’Académie Mont-Réal, sera ouvert — pour toute l'Europe — à dater du 1er mai 1885 et clos le 1er septembre de la même année. — 1ère Section : Poésie, sujet imposé, de cent vers au plus : Ode à André Chénier. — 2e Section : Poésie, sujet libre, de quarante vers au plus. — 3e Section : Prose, sujet imposé, de deux cents lignes au plus : Eloge de Racine. — 4e Section : Prose, sujet libre, Nouvelle de cent cinquante lignes au plus.
Il sera décerné, dans les quatre sections ci-dessus, un nombre d’environ trente prix, douze accessits et cent mentions de 1ère, 2e, et 3e classe, avec diplôme spécial.
Conditions du Concours. — Envoyer avant le 30 août 1885, les manuscrits, très lisiblement écrits sur le recto de chaque page, à M. Albert Mailhe, président fondateur, 12, place Rouaix, à Toulouse (Haute-Garonne), France. Joindre aux manuscrits ; 1° un pli cacheté renfermant le nom de l’auteur et portant à l’extérieur une devise reproduite en têtoe du sujet ; 2° un numéro désignant la section dans laquelle l’envoyeur désire concourir, et 3° un franc en timbres-poste, pour droit d'inscription.
Les membres titulaires de 1re classe et correspondants de l’Académie sont affranchis de ce droit. — Toutes pièces renfermant des allusions politiques ou religieuses seront rigoureusement exclues des concours. — La distribution solennelle des récompenses est fixée au 1er novembre 1885. — Un avis antérieur fera connaître aux intéressés le résultat de ce Concours et leur situation vis-à-vis de l’Académie. Des récompenses particulières seront accordées à MM . les correspondants de l’Académie qui se seront le plus signalés dans la propagation du présent programme.
Pour tous les renseignements s’adresser à M. Paul Mottin, à Mézières.
Voleurs de grand chemin. — Des malfaiteurs ont arrêté nuitamment, sur la route de Rieux-Minervois (Aude), le voiturier faisant le
service de dépêches entre Carcassonne et Peyriac.
Tandis que l’un des bandits arrêtait les chevaux, les trois autres obligeaient le postillon et les deux voyageurs qui l’accompagnaient à leur remettre, sous menaces de mort, les sommes dont ils étaient porteurs. Cela fait, ils permirent au courrier de continuer sa route.
Juillet
Attaqués par des abeilles. — Un fait aussi rare que curieux vient de se passer à Montespan. A l’issue d’une cérémonie, un essaim d’abeilles, réfugié dans un mur de l'église, attiré sans doute par le son des cloches, a chassé de leur poste trois carillonneurs qui s’y étaient succédés. Puis il s’est jeté sur les hommes, pour assaillir ensuite les femmes. Les abeilles se sont jetées sur ces dernières avec fureur. Les victimes se roulaient par terre, prises de terreur. Tout le monde, enfin, a dû battre en retraite, dans le plus grand désordre, pour se soustraire aux piqûres de ces singuliers agresseurs.
UN CURÉ RÉPUBLICAIN. — La commune de Bragayrac (Haute-Garonne) est, en ce moment, le théâtre d’un incident assez curieux. Il y a un an environ, à propos d’élections, des rixes violentes éclatèrent entre républicains et réactionnaires. A tort ou à raison, ceux-ci rendirent en partie responsable de ces rixes le curé de Bragayrac, l’abbé Philbert, ancien zouave pontifical sous l’Empire, passé, depuis, aux opinions républicaines, et qui, paraît-il, aurait tenu, en chaire, des propos politiques dans le sens républicain. Le jour des élections, une véritable bataille s’engagea dans les rues de Bragayrac ; plusieurs des combattants furent blessés, un d’entre eux fut tué. Le tribunal de Muret fut saisi de l’affaire ; mais, dans l’impossibilité de découvrir le véritable meurtrier, il dut renoncer d’y donner suite. Depuis cette malheureuse journée, les esprits n’ont cessé d’être surexcités à Bragayrac. Il y a quelques jours, la veuve de l’homme assassiné, exaspéré par l’impunité du crime qui lui avait enlevé son mari, résolut de se venger du curé Philbert. Elle prit un fusil à deux coups, chargé, et se rendit dans un champ où se trouvait cet ecclésiastique; heureusement elle manifesta assez haut son intention pour qu’on pût l’arrêter et la désarmer. Une instruction judiciaire est, en ce moment, ouverte à ce sujet. L’archevêque de Toulouse qui avait, à plusieurs reprises, enjoint inutilement à l’abbé Philbert d’avoir à quitter sa cure, résolut, cette fois, d’en finir. Le 7 juillet dernier, il adressa à tout le clergé et aux fidèles du diocèse une circulaire dans laquelle la révocation du curé de Bragayrac leur était énergiquement notifiée. Cette lettre-circulaire fut communiquée officiellement au maire et au président du Conseil de fabrique, qui y ont fait une réponse dans laquelle ils expriment leur suprise de la mesure édictée par l'archevêque de Toulouse. Quant au curé, il a refusé de reconnaître la validité de sa révocation. Il vient, en outre, d’adresser aux municipalités de la Haute-Garonne la circulaire suivante :
« Bragayrac, 10 juillet 1885.
» M. l’abbé Philbert, curé de Bragayrac, a l’honneur de prévenir les municipalités de la Haute-Garonne qui ont des difficultés avec l'autorité diocésaine qu'il se met à leur disposition pour leur fournir des moyens de solution. II donnera des conférences dans les églises ou dans tout autre local approprié pour la circonstance. Il s’empressera aussi d’offrir son ministère aux vaincus et aux malheureux.
» Vive Dieu! Vive l’Eglise! Vive la Liberté ! Vive la Démocratie !
» P h i l b e r t » .
Enfin le m aire vient, de son côté, de publier l’avis suivant :
« Le maire de Bragayrac, le Consail municipal, le Conseil de fabrique et le Collège éloctoral, vainqueur aux élections du 4 mai 1884, défendront par tous les moyens les vues politiques et religieuses de M. Philbert. Ils sont avec lui de cœur et d'âme contre les agissements misérables et scandaleux du cardinal de Toulouse.
» Le Maire,
» Maytiê » .
Le Petit Républicain, de Toulouse, nous apprend aujourd’hui, que le préfet de la Haute-Garonne a demandé dans son cabinet l’abbé Philbert, curé suspendu de Bragayrac, et l’a vivement engagé à se soumettre au ordres du cardinal. Le préfet aurait, dit-on, infirmé l’abbé Philbert qu’il était décidé à prêter son concours à l’autorité ecclésiastique manu militari contre le prêtre rebelle. On assure, dit le Petit Républicain, que l’abbé Philbert, fort de son droit et de l’appui que lui ont prêté les républicains de sa commune dans sa lutte contre le cardinal, serait fermement résolu à ne céder qu’à la force et à ne laisser expulser du presbytère par les agents du pouvoir civil mis au service du cardinal.
Gloire à l ’Ariège ! — La session des assises, ouvertes à Foix , le 20 juillet, a, été terminée le 13.
Quatre petites affaires.
Pas un meurtre, pas une tentative de meurtre !
Et quatre acquittements !
Nous demandons un prix Montyon pour le département de l’Ariège .