... à travers le Petit Ardennais...
14 Novembre 2019
Déclaration de grève. — Nous extrayons du procès-verbal de la réunion tenue avant-hier, mercredi, 29 avril, la déclaration suivante : « Le conseil décide et l’assemblée adopte la déclaration de grève partielle de tous les ouvriers syndiqués, employés dans la maison Joseph-Maré et Gérard frères. »
Une protestation. — Nous recevons de M. Guillemin-Colson, conseiller municipal, une lettre adressée à M. Marée, maire, et de laquelle nous extrayons ce qui suit : «Dans un entretien que vous avez pu avec deux délégués de la Chambre syndicale de Château-Regnault, vous avez dit, monsieur, que ces Messieurs m’avaient forcé à faire partie de ladite Chambre et que j'y avais consenti afin d’assurer ma réélection à la vice-présidence de la Société de secours mutuels.. » ... Je croirais indigne, M le maire, d’accepter aucun mandat, s’il me fallait user de semblables moyens. Je ne peux donc terminer ma lettre qu’en protestant contre ces allégations». Nous donnons acte à M. Guillemin-Colson de sa déclaration.
La grève. — On nous écrit à la date d’hier, 9 courant :
« II y a trois jours, la grève paraissait être arrivée à sa période aiguë, mais avant de vous en raconter les principaux incidents, nous avons voulu attendre que la situation se fût un peu détendue. Or, aujourd'hui, nous sommes heureux de vous le dire, tout est aussi calme que possible et les grévistes, contrairement à ce qu’affirment et surtout à ce qu'ont intérêt à affirmer les journaux réactionnaires de Charleville, les grévistes, disons-nous, continuent à faire preuve de modération et de sagesse.
» Un des journaux réactionnaires dont nous parlions a insinué que les grévistes, au nombre de cinq ou six cents, s'étalent rendus, drapeau entête, jusqu’aux usines Maré. - C'est faux, archi faux, et, au nom des ouvriers, nous opposons à ce récit fantaisiste le démenti le plus formel.
Par suite, comme l'affirme faussement le même journal, la gendarmerie n'a pas eu à se rendre sur les lieux pour maintenir l'ordre.
» — En outre il est mensonger de dire qu’à ce propos il y a eu « collision » entre ouvriers ; jamais, au contraire les ouvriers n’ont été plus unis que dans ce moment et nous ajouterons, même, qu'en présence de la grève, bien des haines se sont dissipées et que bien des poignées de mains se sont données entre ouvriers jusqu'alors brouillés pour des futilités, comme cela arrive souvent dans les ateliers entre camarades.
» — Leur devise est, en ce moment : l'union de tous.
» Il est vrai qu’on a chanté la Marseillaise mais le cri ; « A bas Maré ! » n’a jamais été prononcé. On a seulement crié : « Vive la République ! Vive la Grève ! »
» Quant à la bande dont parle le journal visé, elle n'a jamais existé : les grévistes qui protestent énergiquement contre ce mot, marchaient deux par deux et à distance assez éloignée les uns des autres.
» Bien plus, le fameux drapeau rouge, la prétendue loque dont ces feuilles cléricales ont si dédaigneusement parlé, était un drapeau tricolore, c’est-à-dire le drapeau véritablement français. II est vrai que les réactionnaires ne le connaissent pas.
» Hier, la gendarmerie est arrivée, rien de plus vrai, et, quelques instants après, le préfet, mandé non par la force publique, mais par les grévistes eux-mêmes, qui réclamaient la circulation du pont. Cette circulation leur a été rendue cette après-midi.
» Aucune arrestation n'a eu lieu ; aucun incident fâcheux, sauf celui-ci que nous devons vous mentionner. Un ouvrier, nommé Paul Debaugny, qui n’est pas gréviste, mais qui travaille chez M Laurent Colas, à Bogny, au moment où il s'apprêtait à passer le pont, a été saisi brusquement au collet par trois gendarmes qui gardaient ce pont.
» Une protestation a été de suite faite au préfet, et cette protestation a paru si bien fondée, qu’on a offert 5 fr. à Debaugny à titre d’excuse. Debaugny qui avait perdu sa journée, grâce à cette arrestation intempestive, a reçu les 5 fr. qu'il s’est empressé de verser à la caisse du syndicat.
» Pourquoi donc, M. le Rédacteur, les journaux réactionnaires n’ont-ils pas parlé de cet incident ?
» Bref, comme nous vous l’écrivions au début de cette lettre, tout est calme et les grévistes donnent l’exemple de la solidarité et de la prudence. C’est ainsi, par exemple, que dans l'après-midi, à deux heures et demie, ils ont fait afficher l'avis suivant :
« Le Comité directeur décide que n'ayant pas engagé les ouvriers et ouvrières à faire des manifestations sur la voie publique, il n'est pas responsable des troubles qui pourraient avoir lieu. »
» D'ailleurs, l’intervention de la gendarmerie est-elle utile en présence de cette déclaration de M. l’Adjoint de Château-Regnault disant au préfet : « Donnez-moi quatre gendarmes et je m’engage à faire la police de la ville ! »
» Aussi, la commune de Château-Regnault-Bogny a-t-elle d’autant plus raison de protester contre l'intervention de la force armée, que le brigadier de gendarmerie, — nous a t-on assuré,— disait, hier même : « — j'ai assisté à quatre grèves, et je n’ai jamais grèvistes plus tranquilles, population plus calme. »
» Cette simple parole rend hommage à ce calme de grévistes qui, nous nous plaisions à constater : ils savent d’ailleurs qu’en persévérant dans celte voie de sagesse, ils rendent leur cause meilleure que s’ils appelaient la violence à leur aide.
» Voilà, M. le Rédacteur, les fais dans toute leur sincérité, tels que nous les avons vus et que doit les voir tout homme de bon sens qui ne juge pas de parti pris et ne ne laisse pas égarer par les passions réactionnaires ou les rancunes politiques. Veuillez agréer, etc. »
La Convocation. — Les ouvriers faisant partie de la Chambre syndicale sont priés de se réunir ce soir, à cinq heures, salle Jacquet-Ballot.
ORDRE DU JOUR . — Continuation de la grève.
La grève. — La séance du 10 mai. La Chambre syndicale nous communique cet extrait de son procès-verbal de sa séance du 10 mai :
» La séance est ouverte à 5 heures, salle Jacquet-Ballot. Plus de. 300 personnes sont présentes. M. Meiss, Michel, est nommé secrétaire.
» Il est donné lecture, au milieu de l’indignation générale, de l'article du Courrier des Ardennes, numéro du dimanche 10 et lundi 11 courant.
» Après cette lecture, l'assemblée, à l'unanimité, vote l’ordre du jour de blâme suivant :
« L'assemblée flétrit énergiquement les articles haineux et mensongers rédigés, depuis le commencement de la grève, par les journaux réactionnaires de Charleville, le COURRIER DES ARDENNES et proteste de toutes ses forces contre ces articles qui tendent à travestir les faits et à égarer opinion publique »
La décision suivante est ensuite votée à la grande majorité.
« L'assemblée décide que, dans un but de conciliation, elle choisira quatre délégués de la Chambre syndicale qui se rendront chez MM. Joseph Maré et Gérard frères, à l’effet de leur demander, une troisième fois, s’ils veulent bien reconnaître la fondation légale de la Chambre syndicale, désireux que sont Ies ouvriers de reprendre les travaux et de rentrer tous aux ateliers. — En cas de réponse négative, l' assemblée déciderait de continuer la grève ».
La réponse des patrons. — A la dernière heure, la chambre syndicale nous communique la réponse officielle faite par la maison Maré et Gérard, aux délégués grévistes, MM. Rigault et Fontaine, les deux seuls qui aient été admis sur quatre.
« Nous ne savons pas ce que ceci veut dire ; vous n’êtes pas en grève ; nous le ferons publier par tout les journaux. Vous n'avez plus à vous déranger. Si nous avons besoin d’ouvriers, nous saurons vous trouver. Nous vous prouverons que vous n'êtes pas en grève. »
Nouvelle décision de la Chambre syndicale. — Vu cette réponse de la maison Joseph Maré et Gérard frères, la Chambre syndicale a pris la délibération suivante, en assemblée, en date du 11 courant, 11 h., du matin :
« L’assemblée général, ne voulant donner prise à aucune critique, décide qu’aucune manifestation ne sera faite sur la voie publique.
» A l’unanimité, elle décide de continuer la grève, répondant ainsi à l’entêtement des patrons qui, non seulement persistent à ne pas reconnaître les chambres syndicales, mais même ne veulent plus reconnaître leurs anciens ouvriers.
» L’assemblée, décide enfin, que tous le» jours, jusqu’à nouvel ordre, une réunion aura lieu á 10 heures, salle Jacquet-Ballot, et engage tous les ouvriers à se syndiquer.
» Le président du jour. Le secrétaire,
» FONTAINE. MEISS, MICHEL.
La situation. — Voilà donc quelle est actuellement la situation â Château-Regnault-Bogny. Nous ajouterons que le bon ordre n'a cessé de régner ; que les ouvriers sont aussi calmes que possible; qu'ils ne demandent, tous, que la conciliation; que la reprise des travaux et qu’ils ont su, sans en excepter un seul, fort prudemment résister aux excitations de la presse réactionnaire dont ils ont, — on l’a vu, — flétri avec tant d’énergie les agissements malsains.
La grève. — La Chambre syndicale nous communique le procès-verbal officiel suivant :
Séance du 12 mai 1885.
« Devant l ’arbitraire de la maison Joseph, Maré et Gérard frères, l ’assemblée générale décide de continuer la grève et proteste énergiquement contre les agissements des patrons envers leurs ouvriers.
» Un blâme sévère et de mépris est, en outre, voté à l’unanimité contre les journaux réactionnaires qui sont les seules feuilles osant défendre les intérêts des ennemis du progrès, ainsi que contre les distributeurs gratuits de ces journaux
» On le voit, la situation n’a guère changé depuis hier ; les ouvriers conservent toujours leur même calme, leur même sagesse, et, nous le répétons, ne demandent, comme par le passé, que la conciliation et la reprise des travaux. — En outre, dans une de ses dernières séances, « l'assemblée générale a décidé officiellement d’ouvrir des listes de souscription au profit des ouvriers grévistes.»
La grève. — On nous écrit :
« Une erreur de rédaction nous a fait dire en parlant de la réponse de la maison Maré : « Nous saurons vous trouver... » — Il faut lire : « Si nous avons besoin d’ouvriers, nous irons vous trouver. »
« Le calme le plus parfait continue à régner dans la commune. —- Veuillez agréer, etc. — Pour le comité directeur : Meiss, Michel, secrétaire.»
Souscription. — Les membres de la « Société chorale et des trompettes de Neufmanil » nous informent et nous prient de faire savoir qu’ils ont envoyé aux ouvriers grévistes de Château-Regnault-Bogny la somme de 7 fr. 50 produit d’une souscription.
La grève. — Extrait du procès-verbal officiel de La réunion de dimanche 17 mai. — « Le secrétaire donne lecture du résultat des souscriptions suivantes : Nouzon, 63 fr., un anonyme. 8 fr. 75 le conseil syndical, 40 fr. — Total, 111 fr. 75.
» Trente nouveaux adhérents sont inscrits.
» Le citoyen Salmon donne lecture des lettres venues des divers points de la France, engageant les grévistes à maintenir ce que décidera l’assemblée. — Il remet ensuite la somme de 25 fr. donnée par la Chambre syndicale des ouvriers brossiers de Poitiers, et celle de 32 fr. donnée par la Chambre syndicale des ouvriers brossiers de Charleville.
— » L’assemblée générale vote des remerciements à tous les délégués des Chambres syndicales des environs pour leur concours moral et pécunier.
» La séance est levée à 6 h. I/2.
» Le secrétaire du jour : VARLET. »
La grève. — On nous demande l’insertion de la note suivante et nous insérons à titre de document :
« Le Comité directeur de la Chambre syndicale de Château-Regnault-Bogny prie instamment les citoyens porteurs de liste de souscriptions, d’envoyer le montant des sommes souscrites au citoyen Meiss, secrétaire à Château-Regnault (Ardennes). — Urgence.
» Le comité est heureux de constater que les réunions publiques qui ont eu lieu jusqu’ici ont produit les bons résultats qu'il espérait, autant pour la propagande de nos idées de justice et la défense de nos droits, que pour les sommes réalisées par les collectes faites à l’issue de ces réunions.
» Nous remercions bien sincèrement les citoyens qui ont tenu à nous donner les preuves de sympathie et de solidarité.
— » A signaler particulièrement pour son dévouement, le citoyen Camus, Philogène, de Thilay, qui nous ayant remis 10 fr., montant d’une liste à lui confiée et 2 fr., pour les plus nécessiteux, s’est engagé en outre à faire ce qui lui sera possible pour venir en aide à ses frères, les grévistes. »
Le Dimanche 7 juin, à trois heures de l’après-midi, il sera procédé à l’adjudication des travaux d’ouverture de tranchées pour la pose de tuyaux de conduite d’eau et des travaux d’aménagement des lavoirs publics.
Evaluation des dépenses, non compris les tuyaux et ouvrages accessoires de fontainerie : 5.900 fr. 18.
S ’adresser au secrétariat de la mairie de Château-Regnault, ou à M . Canaux , architecte à Charleville, rue Delvincourt, n° 8.
Le Maire,
MARÉ .
La grève. — Extrait du procès-verbal officiel de la réunion du 23 mai, 10 heures du matin. — « Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière séance. (Adopté) Il est procédé au dépouillement de la correspondance. L’assemblée remercie les Chambres syndicales et tous les citoyens qui ne cessent d'apporter aux ouvriers grévistes leur concours pécuniaire.
» Le secrétaire : Meiss Michel. »
Ce soir, dimanche [24], réunion publique, salle Jacques-Ballot.
Conférences ouvrières. — On nous prie d'insérer l'avis suivant [24] :
Le citoyen J.-B. Clément qui a déjà donné des conférences à Nouzon, Braux, Bogny, Deville et Charleville, se propose de continuer dans les localités suivantes : Mohon, le 24 , à 1 h.1/2 ; lundi 25 à Monthermé, à 1 h.1/2 salle Bertrand-Desmar; Revin, le 25, à 8 h. du soir ; Fumay, le 26, à 8 h. du soir ; Thilay, le 27, à 8 h. du soir ; le 28, les Hautes-Rivières, à 8 h. du soir ; le 29, à Sedan, à 7 h. du soir ; à Rethel, le 30, à 8 h. du soir ; à Nouzon, le 31, à 4 h. du soir.
La grève. — Extrait du procès-verbal officiel de la séance du 25 mai, à dix heures du matin :
« Le secrétaire donne lecture des correspondances et du résultat de la conférence qui a eu lieu à Charleville, par le citoyen Clément, Jean-Baptiste, au profit des grévistes de Château-Regnault-Bogny. Une collecte a été faite et a produit 98 fr. 60.
» M. Houpillart Jean-Baptiste a chanté au profit des grévistes une chanson, chez M. Guilemin-Cosson, débitant, 5 fr. .
» M. Demoulin Jean-Baptiste, même motif, 2 fr. 50.
» Un anonyme a chanté chez M. Duplat Jean, débitant, 5 fr.
» M. Mestriaux Eugène a joué un morceau de musique chez M. Gasque-Masson, débitant, 5 fr. 10.
» Produit d'une souscription de la Petite-Commune, 3 fr. 99. — Camus Philogène, 3 fr. — Total : 123 fr. 10.
» Les grévistes remercient leurs camarades de la sympathie qu’ils ont pour leurs frères de Château-Regnault-Bogny.
« Pour le comité directeur : Le secrétaire. MEISs Michel »
La grève. — Extrait du procès-verbal officiel de la séance du 26 mai :
« Le secrétaire donne lecture des correspondances et indique le résultat des différentes collectes.
» Collecte faite à l’issue de la réunion publique de Monthermé, par le citoyen J--B. Clément du Congrès de Paris, 15 fr. 30 ; M. Helmer, Ch., produit de deux listes de souscription, 19 fr. 60 ; M. Mantau, Alfred, 4 fr. 30 ; collecte faite à la suite d'une chanson chantée par M . Stuer, Pierre, 2 fr. 30; même objet, par M. Mélin, Alph., remerciements à ceux qui viennent en aide aux grévistes.
» La situation est toujours la même et les grévistes sont bien résolus à ne pas céder et à supporter la misère. »
On nous écrit :
« Nous protestons, monsieur le rédacteur, contre l’article insultant publié par un journal réactionnaire de Charleville, à l’occasion de la réunion de samedi soir. Il est honteux que ces messieurs de la réaction traitent ainsi la classe ouvrière. Ces procédés soulèvent l’indignation des honnêtes gens.
» Nous adressons tous nos remerciements les plus vifs à nos camarades des Ardennes qui, chaque jour, nous donnant tant de preuves de solidarité. Chaque jour, nous recevons de nombreuses adhésions et de fortes sommes d’argent.
» Quoiqu’en disent les journaux réactionnaires, notre cause est légitime, nos revendications sont justes, et nous avons la droit de nous mettre en Syndicat ; cette loi ayant été votée par le gouvernement républicain, nous devons en profiter.
» Voici le montant des dernières sommes reçues : De Vrigne-aux-Bois, 30 francs ; des ouvriers voituriers de la Seine, 37 fr. 20 c.; d’Arreux, 74 fr. 20 c.; Desjardins, de Levrezy, 13 fr. 80 c.; d’une réunion de Revin, 13 francs; d’une réunion de Fumay, 21 fr. 40 c.; un citoyen, 2 francs.
» Les réunions tenues par le citoyen Clément produisent un excellent effet. — Le secrétaire : Michel MEIS ».
La grève. — Le secrétaire da la Chambre syndicale, M. Michel Meiss, nous prie d’insérer la note officielle qui suit, ce que nous faisons à titre de document :
« A la dernière réunion, — qui a eu lieu mercredi [27] à Thilay, — un certain personnage, rédacteur d’un journal réactionnaire, — qui assistait à la réunion, a osé dire que les membres du Comité de la grève de Château-Regnault, « se gorgeaient continuellement au détriment de leurs camarades et gardaient dans leurs poches les pièces cent sous alors que les camarades restaient en proie aux plus grandes nécessités. »
» Nous déclarons fausses ces paroles, qui ont d'ailleurs soulevé le mépris de tous et nous protestons énergiquement contre ces malhonnêtes allégations.»
La grève — On nous communiqué la note officielle suivante : « Nous avons reçu des ouvriers tourneurs de Pari», 7 fr. 25 ; du citoyen Hané, débitant à la Table-Maugis, gare de Château-Regnault, 10 fr. donnés par sa femme ; du citoyen Mosoaie, Arthur, 7 fr., provenant d’une liste de souscription. »
Merci à ces braves citoyens. »
Démissions. — On nous prie d’insérer la Iettre suivante qui a été adressée à M. le Préfet des Ardennes, le 13 juillet :
« Monsieur le Préfet, » Les soussignés, membres du Conseil municipal de Château-Regnault, élus par le parti ouvrier pour défendre ses droits et ses intérêts, ont l’honneur de vous rappeler que dans des circonstances récentes et pour des faits qui se sont passés à Château Regnault lors de la grève, ils vous avaient demandé la démission de M. Maré, maire de cette commune.
Ce magistrat municipal a, en effet, porté atteinte à la Liberté du travail :
1° Comme patron, en refusant d’occuper dans ses ateliers des ouvriers syndiqués, commettant ainsi infraction à la loi sur les Syndicats professionnels, que comme maire il était chargé de faire respecter ;
2° En occupant dans ses ateliers des enfants au-dessous de l’âge de 13 ans, et n’étant pas munis de leurs certificats d’études.
Considérant que leur demande, malgré l'interpellation de M. Tony-Révillon, à la Chambra dos députés, et la protestation de M. Vauché, adjoint, que l’on voulait rendre responsable, n’a n’a pas été suivie d’effet.
Ils ont donc l'honneur, M. le Préfet, de remettre entre vos mains leurs démissions de conseillers municipaux.
Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de leur entier dévouement à la République et à la Liberté.
GUILLEMIN-COSSON, JACQUET-THOMÉ, VARLET-MAGOMET.
On se rappelle que les faits signalés dans la lettre ci-dessus ont été l’objet d’une question que M. Tony Révillon a posé à M. le ministre de l’intérieur, qui dut faire reculer presque indéfiniment le jour où elle serait discutée, pour que des renseignements complets lui fussent adressés par le préfet d.es Ardennes.
Aux faits si nets et si précis qui faisaient le fond de l'argumentation de M. Tony Révillon, le ministre répondit par des inexactitudes qui furent relevés dans la suite, car, depuis cette époque, la lumière est faite.
C'est ainsi que M . le ministre répondit que M. Maré était absent de la commune de Château Regnault pendant les débuts de la grève et que M. Vauché, l’adjoint, avait pleins pouvoirs.
Renseignements pris, c'était faux : M. Vauché a protesté par une lettre que nous avons insérée dans le Petit Ardennais.
Et voilà comment un préfet renseigne son ministre !
Nous ne nous attarderons pas à relever et à discuter les autres griefs, le public les a jugés et le bon sens en a fait éclatante justice...
En résumé, voilà trois démissions que M. le préfet devra accepter mais il est certain que la classe ouvrière de Château Regnault renverra au Conseil municipal ces trois démissions; elle prouvera ainsi, que c'est avant tout, la démission du maire qu'elle désire.
La grève. — On nous communique la note officielle suivante que nous reproduisons à titre de document :
«Nous avons reçu des ouvriers métallurgistes de Charleville, 39 fr. 60 ; des ouvriers métallurgistes de Revin, 20 fr. 75.
» Nous remercions ces braves citoyens.
» Les chambres syndicales de tout le département sont invitées à se mettre en relation, avec M. Eug. Salmon, secrétaire, route Nationale, 44, à Charleville. M. Salmon représente la Fédération du département des Ardennes, adoptée en principe. »
La grève . — On nous communique la note officielle suivante que nous insérons à titre de document :
« Nous avons reçu des ouvriers brossiers de Charleville, 41 fr, 05 c. — Nous les en remercions.
» Les ouvriers syndiqués de Braux demandent si les employés des douanes ont le droit, comme cela se passe ici, de travailler dans les usines »
La grève. — Extrait du procès-verbal de la séance du 15 mai 1885 :
« Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière séance, ainsi que des diverses souscriptions reçues de Charleville, Nouzon, Monthermé, et de nombreuses autres communes environnantes.
» L’assemblée remercie tous les ouvriers, tous les amis qui ne cessent d'encourager, autant par leurs conseils que par leurs secours, les grévistes de Château-Regnault-Bogny.
» Le comité recommande aux grévistes nécessiteux, de se présenter au secrétariat pour recevoir des secours.
» L’assemblée décide de continuer la grève et se sépare dans le plus grand calme.
» Le secrétaire : Meiss , Michel. »
On nous écrit de Château-Regnault-Bogny, à la date d’hier, 16 courant, et nous reproduisons à titre de document :
— « La grève se continue dans le plus grand calme. Il reste encore deux brigades de gendarmerie, mais on ne voit aucun gréviste dans les rues.
» Il y a réunion générale tous les jours. Nous recevons des secours de tous les différents points de la France, et des encouragements. Nous avons tous les jours de nouveaux adhérents dont le nombre varie de 16 à 20.
» La maison Joseph, Maré et Gérard frères en reste toujours à sa première décision. Ces patrons ne veulent dans leurs ateliers aucun syndiqué, ils font dire avec fracas qu’ils n’ont pas besoin d’ouvriers, mais ils embauchent tous ceux qui se présentent, et leurs employés, s’épuisent en démarches dans les environs afin de récolter quelques ouvriers non syndiqués ».
— Aujourd'hui, dimanche, réunion extraordinaire salle Jacquet-Ballot, à cinq heures et demie du soir. — Les Chambres syndicales de Paris y seront représentées. — Les délégués des Chambres syndicales des Ardennes sont priés d’assister à cette réunion.
ORDRE DU JOUR. — Résultats connus du Congrès ouvrier de Paris.