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Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

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14 juillet 1885 dans les communes ardennaises (2)

RAUCOURT. (1568 hab.) —  Le 14 juillet. — La Fête nationale a été, comme ses devancières célébrée avec un entrain admirable.
Le 13, retraite aux flambeaux par la compagnie des sapeurs-pompiers, l’harmonie et la société gymnique.
Le 14, les édifices publics et la plupart des maisons étaient pavoisés. Salves d’artillerie, défilé de toutes les sociétés devant le conseil municipal et vin d’honneur à l'occasion duquel M. le maire a, dans un discours fort applaudi, rappelé la prise de la Bastille, cause de notre affranchissement et de notre liberté. Ce discours a été acclamé par les cris de : Vive la République !
L'après-midi, revue des sapeurs-pompiers dont la tenue était excellente sous tous les rapports.
Aussitôt le bataillon scolaire et la société de gymnastique ont manœuvré aux applaudissements d'une foule nombreuse. Mouvements d’ensemble, assaut de boxe, escrime à la baïonnette, etc., tout a parfaitement réussi ; les intermèdes étaient remplis par la fanfare de trompettes de la gymnique, dont nous avons constaté les progrès sérieux.
Un concert offert par la Société phiIharmonique, s’est terminé par la Marseillaise.
Un bal brillant, commencé à 8 heures du soir, n’a fini qu’à 2 heures du matin. Les illuminations étaient féériques, chacun avait voulu apporter sa petite part à l’embellissement de cette belle fête de la Liberté.

REMILLY-LES-POTHEES. (392 hab.)  Le 14 juillet. — Nous apprenons que la subdivision des sapeurs pompiers, ainsi que M. le maire et les conseillers républicains de Remilly ont tenu à fêter le 14 juillet à leurs frais.
On ne saurait trop féliciter ces messieurs de leur patriotisme et de leur dévouement à la République.

RETHEL. (7403 hab.) — Le 14 juillet. — Beaucoup d’éclat et d’entrain dans toute la ville. Une foule considérable suivait la retraite aux flambeaux qui était accueillie sur son passage par des salves de mousqueterie et des pièces d’artifice.
Le 14, grande fête gymnique donnée par la Rethéloise et les élèves des écoles. Les mouvements d’ensemble ont été fort bien exécutés. Dans l'intervalle des exercices plusieurs morceaux ont été donnés par les Amis-Réunis ; puis deux discours fort appréciés et accueillis par les cris de : « Vive la République ! » ont été prononcés par M. le sous-préfet et M. le maire.
Le soir, grandes illuminations ; on peut dire que, cette année, à très peu d’exceptions près, toutes les maisons étaient pavoisées et beaucoup étaient illuminées. La bal était très animé et a duré jusqu’à une heure du matin.
Nous ne pouvons passer sous silence un incident regrettable qui s’est produit au commencement de la soirée ; nous voulons parler du retard apporté dans l’éclairage du bal, retard qui est imputable, paraît-il, à M. le directeur de l’usine à gaz, dont l’insouciance était, dans les groupes, l'objet de commentaires variés. Certes, M. le directeur était libre de réserver ses lampions particuliers pour le lendemain si bon lui semblait, mais la musique de l’orchestre aurait dû lui rappeler un peu plus tôt que la Ville entendait fêter l’anniversaire de la prise de la Bastille et non la saint Henri.

RUMIGNY. (805 hab.) — Fête nationale. — Le 13, nombreux drapeaux ; à 9 h ., retraite aux flambeaux par la Fanfare.
Le 14, dès le matin, salves, fusées et pétards ; à 9 h., tir à la cible Leclère. — Le tir Larchet n’ayant pu avoir lieu est remis à dimanche.
A 1 h., jeu de boules. — La distribution des prix aux gagnants, aura lieu dimanche prochain à la mairie.
A 4 h., les divers jeux , organisés par M . Cophignon, ont attiré les enfants. — On s’est surtout amusé avec le jeu de poêle.
A 6 h., le quartier de Bas-Lieu avait organisé par suite d'une souscription, divers jeux qui ont pleinement réussi ; courses aux sacs, quatre prix gagnés par MM . Guillaume, Tavelle, Christophe, C. Leclère ; courses aux brouettes, jeunes gens de 6 à 15 ans, trois prix gagnants, Oget, G., C. Leclère, Millet, Henry; mât de Cocagne, trois prix. Dégalle, E., Tavelle, Frédi.
9 heures, illuminations, bal jusqu’à une heure du matin.
Prix de Jeu de boules. - La distribution des prix pour le jeu de boules du 14 Juillet a eu lieu à la Mairie, sous la présidence de M. A. Clauteau, maire. 1er- prix : MM. Boquillet, E. Laclère, Savart; 2e, Berly, L., Jacquemart, P. Mergny ; 3e, Bataux, Gadoy, Prince; 4e, Véron, Lambert, Leroy, F. Les gagnants du 2e prix, MM. L. Berly, E. Jacquemart, P. Mergny, nous envoient dix francs au profit des blessés du Tonkin. Nous les faisons de suite parvenir à destination.
A propos de la fête . — On nous écrit :
Par l’effet du hasard, un numéro du Réveil de Rocroi (??) m’est tombé sous la main, et j ’y remarque sous la rubrique « Rumigny », un article visant l ’organisation du jeu de boules qui a eu lieu à l ’occasion de la fête nationale. Ce jeu de boules qui faisait l ’objet d’un règlement signé et accepté par tous les joueurs avait pour but patriotique de donner un certain entrain à cette fête que tout citoyen français doit célébrer glorieusement. II était aussi fait dans l ’intérêt général, et de façon à mettre le plus de monde possible en mouvement. Le correspondant m' a informé de cette feuille (attendu que les noms des gagnants du 3e prix sont erronés), qui prétend que les administrateurs et bon nombre de joueurs se trouvaient dans un imbroglio, peut donc être considéré comme un critiqueur ou un réactionnaire avéré, mécontent de voir célébrer avec solennité ce grand jour. — Veuillez agréer, etc, etc

SAINT-LAURENT. (598 hab.) — Résultat du tir organisé par les sapeurs-pompiers le 14 juillet. — Tir à l ’arme de guerre ; 150 mètres. Concours des sapeurs-pompiers. — 1er prix : Richard-Woirin, une épinglette argent ; 2e, Rénault, Auguste,  un cor de chasse or ; 3e Blanchet, Jules, un cor de chasse argent.
Tir individuel : arme de guerre, 150 mètre»s. — 1er prix ; Fuzellier, Ernest, à Romery, un revolver nikelé ; 2e, Lebon Delrez, à Nouzon, 1/2 douzaine cuillers ruoltz; 3e, Léonard, instructeur à Nouzon, une pipe écume ; 4e, Lebon, Jules, de Saint-Laurent, 1/2 douzaine cuillers ruoltz ; 5e Bilet, Jules, de Saint-Laurent, un baromètre; 6e, Ischard, rentier à Saint-Laurent, une bouteille liqueur; 7e, Taillandier, Emile, de Saint-Laurent, une cafetière argentée ; 8e Bouché, Théodule, de Saint-Laurent, une lampe à pétrole ; 9e Thomassin, Alfred, de Saint-Laurent, un encrier chinois ; 10e Collin, Arthur, de Nouzon, un service à découper; 11e, Déléguay-Principe, de St Laurent, six couteaux de table.
Tir à la carabine Flobert, distance :7 m .— ler prix : Taillandier, Emile, de Saint-Laurent, un litre liqueur ; 2e, Daumont-Lebon, de Saint Laurent, un porte-cigares ; 3e Essig, Jules, de Saint-Laurent, un litre liqueur ; 4e, Lebon-Delrez, de Nouzon, une lampe à pétrole ; 5e, Joffroy-Bernard, de Saint-Laurent, une paire fer à repasser.
La plupart des prix ayant été offerts par plusieurs personnes, MM. Lebon, Jules, commandant, et Braidy, Jean-Baptiste, s’empressent de les remercier au nom de la compagnie.

SAINT-MARCEAU. (445 hab.) — A propos de la Fête. — M. Dahut, aubergiste, n’aime pas la bruit du canon ni l’odeur de la poudre, aussi pendant deux jours n’a-t il pas ménagé ses injures à M. Wahart, ancien artilleur, qui à ce titre, Ie 13 juillet au soir, et le 14 au matin, avait été chargé de tirer le canon en signe de réjouissance.
Malgré les injures de M. et Mme Dahut, injures si ridicules que nous croyons superflu de les reproduire ici, M. Wahart, avec un tact et un bon sens dont nous le félicitons, a conservé un calme parfait. C'est grâce à son esprit que la Fête nationale n'a point été troublée.
Le village de St Marceau s’était distingué, on y remarquait plus de drapeaux que de coutume et les habitants, en véritables patriotes, avaient tenu à faire dignement la Fête de la République.
La vérité s. v. p. — On nous écrit : « Un correspondant réactionnaire de la feuille cléricale de la rue Forest, essaya, à propos de la fête du 14 juillet, de donner le change au public sur le caractère qu’a eu dans la commune cette solennité. » Il prétend que les rares républicains de St- Marceau n’ont célébré leur fête le soir, qu’en se faisant remarquer par des folies sans nombre. A cela, il n’y a qu’une réponse à faire à l’ingénieux correspondant du journal précité et c’est lui-même qui se charge de nous fournir le texte : Les nombreux républicains de Saint-Marteau lui envoyent le « démenti le plus formel. »  C’est en vain en effet, que le jésuite de robe courte dont s’agit, parle d’un bris de clôture intentionnel et portant préjudice à un habitant de la commune. » Tout le monde sait ici que si un carreau a été cassé par inadvertance, aucun des nôtres n’a jamais songé à faire le moindre tort volontaire à qui que ce soit. » Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que les réactionnaires de Saint-Marceau qui ne trouvent nullement extraordinaire qu’on tire le canon en l'honneur du marquis de Wignacourt, se fâchent tout rouge quand on le tire pour la République.  Il faut convenir que les partisans des anciens régimes ont une bien drôle de façon de comprendre la liberté. « Au surplus il n’est pas trop difficile de connaître l’auteur de l’article calomnieux auquel nous répondons et qui a indigné ici la majorité de la population En remontant aux dernières élections, l’on trouverait sans doute quelque ancien conseiller municipal rétrograde, resté piteusement sur le carreau et dont la haine pour tout ce qui est libéralisme, progrès et patriotisme, ne fait mystère pour personne.  Chacun, d’ailleurs a déjà fait justice ici de tous ses racontars absurdes. »

SAULCES-MONCLIN. (1034 hab.) — Le 14 juillet. — La veille, distribution de pain et viande aux indigents; retraite aux flambeaux par les sapeurs-pompiers. Le jour de la fête, banquet à la mairie, où assistaient la conseil municipal, les sapeurs-pompiers et d’autres habitants.
A la suite de ce banquet, une souscription a été ouverte en faveur de nos soldats blessés au Tonkin et a produit la somme de 52 fr. 50. C’est une bonne œuvre à la louange de ceux qui l’ont organisée ou qui y ont participé.
Le soir, bal avec splendide illumination sur la place publique.

SAUVILLE. (832 hab.)  Le 14 juillet. — La Fête nationale a été célébrée avec un éclat inaccoutumé. La veille, retraite aux flambeaux, fusées et feux de bengale. Le 14, la place était décorée et pavoisée. Concert par la musique et les enfants de l’école. Dans l'après-midi, concours le tir, distribution de prix, maniement du bataillon scolaire sous les ordres de M. Chardaine, instituteur.
Grand bal jusqu’à minuit.
En somme bonne et belle journée.

SEDAN. (19556 hab.) — LA FÊTE NATIONALE. — Le départ de la retraite s’est fait lundi, à neuf heures du soir, sur la Place Turenne. La musique des pompiers. l'Harmonie, la Fanfare de trompes de St Hubert et la Société de gymnastique parcourant la ville et une foule considérable les acclame et leur fait cortège. On remarque quelques illuminations et l'on entend des groupes qui chantent La Marseillaise et le Chant du Départ.
Journée du 14. — la Revue. — A huit heures du matin, les troupes de la garnison, les pompiers, la douane et les gendarmes sont passés en revue par les généraux Deloye et De Liniéres, dans le vaste champ de manœuvre de la prairie. Le panorama qui encadre nos troupes est magnifique, l'effet est grandiose. Les spectateurs sort nombreux, les visages radieux, et une émotion véritable empoigne tout le monde lorsque les musiques font retentir notre hymne national. La tenue des troupes est superbe et le défilé s’accomplit dans un-ordre parfait.
Le bataillon scolaire. — A neuf heures, sur la Place d’Armes, notre bataillon scolaire au complet est passé en revue par M. le sous-préfet et par la municipalité, accompagnés des instituteurs et autres fonctionnaires. Chacun admire notre jeune milice. Bientôt arrive le bataillon scolaire de Balan. Chaque compagnie commandée par un sergent du 128e de ligne exécute les exercices de maniement d’armes avec beaucoup d’ensemble et de précision, ensuite M . le sous-préfet après avoir félicité le chef instructeur du bataillon, adjudant au 128e, fait une allocution que nous ne pouvons entendre et remet le drapeau accordé par le gouvernement à notre bataillon scolaire au maire de la ville, lequel lit un discours qui ne parvient pas non plus jusqu’ nous, après quoi il remet le drapeau à l'un des sergents du bataillon accompagné de sa garde d’honneur, deux de ses collègues. Les bravos éclatent et l'on entend de nombreux cris de : Vive la République !
Les musiques des pompiers et de l’Harmonie font entendre La Marseillaise, le Chant du Départ et d’autres morceaux, puis le défilé s’accomplit avec ordre.
Nos félicitations aux braves et dévoués instructeurs de notre jeune phalange. Il ont obtenu en quelques mois un résultat parfait. La discipline, la tenue et les exercices sont là qui attestent l’excellence de la méthode et la capacité des instructeurs militaires.
Des salves d’artillerie un peu maigres sont tirées pendant la revue du Bataillon scolaire, qui se termine par une promenade sur la place Turenne.
Matinée musicale. — La matinée du théâtre obtient un véritable succès, la salle est bondée. Bravo aux Enfants de Momus qui ont chanté avec beaucoup d'ensemble deux chœurs superbes. La Fraternelle a fait de son mieux , quelques-uns de ses membres ne sont pas tout à fait aguerris aux feux de la rampe, mais le public fait la part de la bonne volonté et de l'émotion inséparable...
Le programme se corse de deux grands morceaux chantés par un amateur, artiste de grand talent bien connu et bien goûté du public qui lui fait fête à chaque audition.
Jeux publics. — Les prix du mât de cocagne sont prestement enlevés par un champion qui rendrait des points au plus agile de la gent simiesque. Les courses au sac et les douches polonaises attirent un concours d’amateurs spéciaux, quelques-uns se font applaudir par leur adresse à gagner les prix.
Concerts. — Le Jardin d’horticulture qui prend figure et dont les plantations font le plus bel effet, attire un nombreux public. L'harmonie y exécute un excellent programme et quelques solistes se font surtout remarquer.
Objection : Puisque I’occasion s’en présente, nous constatons l’insuffisance des sièges du jardin, pourquoi ne laisse t-on pas en pareille circonstance, des loueurs de chaises remplir la lacune ? Pourquoi aussi en un pareil jour laisser subsister l’affreuse barrière de bois si incommode qui obstrue et déshonore l’entrée de notre beau jardin public.
Le concert des pompiers donné sur la place d’armes à 5 heures est aussi très goûté. Les exécutants sont entourés par une foule considérable.
Pour être juste, nous devons féliciter nos deux musiques, qui depuis le matin, travaillent sans trêve ni relâche, notamment celle des pompiers qui a commencé par la revue militaire du matin.
Après les concerts il existe un intervalle dans les divertissements. A ce moment une certaine fatigue mêlée de déception se lit sur toutes les physionomies. La gaîté n'est pas tout à fait expansive, c’est qu’il manque à notre fête un élément avec lequel il faut compter et qui a bien son mérite dans les festivités populaires.
Les places d’Armes, du Collège, d’Alsace-Lorraine, du Rivage, de Turenne, n’ont aucune baraque foraine, pas le plus petit saltimbanque, pas le moindre manège de chevaux de bois, nous n’entendons nulle part ces musiques endiablées, ces grosses caisses retentissantes, ces boniments et ce lazzis ébouriffants, ça manque et ça fait un vide. Pourquoi l'absence de cette partie si utile dans le concert des fêtes publiques ? Chacun se le demande et le déplore.
L’effet qui en résulte est pénible et désoriente la foule qui cherche vainement une attraction, un spectacle de la rue. Que nos édiles fassent en sorte d’attirer désormais ce genre de distraction. Il est indispensable, nous no l’avons que trop vu mardi.
Fête de nuit. — Le bal, commencé à huit heures du soir, a fini à une heure.
Pendant tout ce temps les danses sont très animées, les couples s’en donnent à cœur joie ; les toilettes féminines sont délicieuses et nous sommes autorisés à supposer que les tendres paroles, les doux aveux, les promenades expansives viennent apporter une ]oie sans mélange, un bonheur délicieux dans les cœurs jeunes et aimants.
Tant mieux, la République n’a rien à y perdre !...
Illuminations. — En première ligne, la gare se fait admirer; l’effet est magnifique. La Caisse d’épargne est éclairée avec goût ; le musée, le Cercle, la Halle, le palais de justice, le théâtre, la gendarmerie, la caserne d’Asfeld attirent et flattent l’œil. Les illuminations du collège et de l' hôtel des postes sont trop modestes et soulèvent des critiques. Nous nous souvenons aussi que jadis toutes les fenêtres du grand quartier étaient éclairées; on s’est contenté cette fois de portiques et d’ifs à l’entrée. L ’entrée de la caserne d'infanterie est ornée de feuillages, de guirlandes et d’attributs. Beaucoup d’habitants ont aussi illuminés leurs façades avec goût. N ’oublions pas le Cercle de la Marck qui tous les ans se distingue et qui cette année a une décoration d’un effet très heureux. A une heure du matin, tout redevient calme. Nous n'avons à noter aucun incident regrettable  et croyons que le rôle de la police a été des  plus faciles. Nous on sommes très heureux, car  cela ne fait pas l'affaire de nos réactionnaires qui voudraient bien qu’un peu de tapage, qu’un peu  de désordre leur donne prétexte à récriminations. L’esprit républicain a plus de sagesse et l’a ] fait voir hier . Pour terminer, exprimons un souhait qui est dans toutes les bouches : l'armée a toutes les sympathies de la population sedanaise ; les autorités militaires en ont eu en auront des preuves nombreuses. Pourquoi les musiques de nos régiments n'ont elles pas pris part à la retraite aux flambeaux et ne se sont-elles pas fait entendre dans les concerts du 14 ? La population serait heureuse à l’avenir de ne plus avoir à constater cette abstention.

SIGNY-L'ABBAYE. (2903 hab.) — Le 14 juillet. — Le 13, retraite aux flambeaux magnifique par les sapeurs-pompiers, la musique et le bataillon scolaire.
Le 14, tir de boîtes, défilé, vin d'honneur, exercices du bataillon scolaire et de la gymnique, sous la direction de MM. Piquet, instituteur-adjoint et Charbonneaux.
Une quête faite au profit du bataillon scolaire a produit 40 fr. Jeux divers avec prix. Illuminations magnifiques. Bal à grand orchestre jusqu’à 2 h. du malin. Quantité de maisons étaient pavoisées et illuminées.
Comme on le voit, journée bien remplie et fête des plus brillantes.
A propos de la fête nationale. — On nous écrit : Le 14 juillet il y a eu ici une messe en l’honneur de la fête nationale et plusieurs républicains y assistaient. Cela parait au moins singulier. Certainement chacun est libre d’aller à la messe, mais le jour était mal choisi pour de vrais républicains d’aller à une messe célébrée par un membre du clergé qui, constamment, prêche le renversement de la République.

THIN-LE-MOUTIER. (1173 hab.) — Le 14 juillet. — Lundi 13, retraite aux flambeaux par la musique municipale accompagnée de M. le maire. Le 14, réunion du Conseil municipal à la mairie, vin d’honneur offert aux sapeurs-pompiers, au bataillon scolaire et à la jeunesse républicaine.
Défilé avec la musique dans le village. Jeux sur la place. Grand bal, offert par la municipalité.
La Fête nationale a eu un entrain extraordinaire.
Un fait regrettable à signaler, le cantonnier L .. avait orné son drapeau d’un bouquet de fleurs de lys et plusieurs réactionnaires portaient cet emblème à leurs chapeaux. Ces messieurs ont trouvé fort ingénieux de faire voir leur peu de patriotisme en cherchant, à plusieurs reprises, à troubler la Fête de la Nation. Ils ont d’abord, avec quelques musiciens, occupé l’orchestre malgré la défense des autorités. Pendant les jeux, sur la place, cette bande de dératés est venu bousculer les spectateurs. Un vieillard de 86 ans, qui, à leurs yeux, a le grand tort d’être sincèrement républicain, a été culbuté. Et cette insolente manifestation a continué malgré l’injonction du garde champêtre, qui n’a reçu que des injures pour toute réponse.

VIREUX-MOLHAIN. (1330 hab.) — Le 14 juillet. — On nous écrit :
La Fête du 14 Juillet a été célébrée, dans notre commune, avec une animation sans pareille. Les habitants, emportés par un zèle, bien naturel, d’ailleurs, se sont multipliés pour pavoiser et illuminer leurs maisons.
Nous adressons nos plus vives féli​​​citations à M. Lucien Lavocat qui, malgré la somme minime qu'un Conseil municipal trop peu généreux a votée, a su organiser la fête d'une façon tout à fait exemplaire.
Nous félicitons aussi M. Colin, le chef de notre musique infatigable et patriotique, ainsi que M. Guizot, son premier piston, qui, unissant son savoir-faire à ses capacités, a su, au concert donné sur la place publique, lundi dernier, se faire remarquer par l’exécution de ses solos.

VIVIER-AU-COURT. (1750 hab.) — Le 14 juillet. — Le 13, retraite aux flambeaux par la musique de Vivier, les sapeurs-pompiers et le bataillon scolaire.
Le 14, réunion de ces sociétés et du conseil municipal à la mairie. Exercices de gymnastique très applaudis. Revue. Vin d’honneur offert dans la cour de l'école par M. Huet Jules, président du bataillon scolaire. A 4 heures, défié et exercices militaires très bien exécutés.
Le soir, bal jusqu’à 2 heures du matin. La place publique était brillamment illuminée, et l’orchestre avait été dressé avec beaucoup de goût.
En soirée, excellente journée pour la République. 

VOUZIERS. — Le 14 juillet. — Cette ville a fêté pour la sixième fois le 14 juillet avec un entrain et un enthousiasme des plus grands.
Lundi soir, après un excellent concert donné par la Société philharmonique municipale, a eu lieu la retraite aux flambeaux à laquelle ont pris part les membres exécutants de la Société philharmonique, la compagnie de sapeurs-pompiers et la société gymnique l’Avenir.
Au port, M. Henri Métillon, marchand de bois et conseiller municipal, a, comme il a l'habitude de le faire depuis quelques années, offert aux musiciens, gymnastes et pompiers, le vin de la halte dans son jardin brillamment illuminé.
Le lendemain, vers trois heures, M. Doré, maire, quelques conseillers municipaux, la Société philharmonique, la Société gymnique, les sapeurs-pompiers se sont rendus à la sous-préfecture pour chercher M. le sous-préfet, et, vers trois heures et demie, le cortège entrait dans l’enceinte de la fête.
Les exercices de la gymnastique ont obtenu un très grand succès ; au vin d’honneur qui a été offert à la mairie, M, Delsaux, sous-préfet de Vouziers, se faisant l’interprète de l’opinion de tous les spectateurs, a félicité vivement les jeunes gymnastes de leur adresse, de leur intrépidité et de leur bonne tenue.
La charité a eu sa part dans ses réjouissances. Des secours en nature ont été distribués le mardi matin aux indigents de la ville, et une quête faite pendant la séance de gymnastique a produit une somme de 58 francs 60 qui a été distribuée par moitié au Bureau de bienfaisance et à la Caisse des écoles laïques.
Le soir, presque toutes les maisons étaient pavoisées et illuminées : lampions, verres de couleurs, transparents, rampes de gaz, etc., brillaient aux fenêtres et aux façades des maisons.
Le bal a commencé mardi vers huit heures et demie du soir, et s’est prolongé jusqu’à plus de deux heures du matin. Ç’a été une très belle et très touchante fêle qu' un temps des plu» propices a favorisée.

VRIGNE-AUX-BOIS. (2568 hab.) — Le 14 juillet. — On nous écrit : La Fête nationale a été célébrée avec son éclat habituel. La musique, les sapeurs-pompiers, le Bataillon scolaire et la Gymnique avaient prêté leur concours, et tous ont rivalisé de zèle pour montrer l’élan qui les animait dans cette fête patriotique.
Le Conseil municipal, en très grande majorité, auquel s'était jointe une nombreuse partie de la population, a accompagné ces divers corps aux lieux de leurs réunions et sur tous les visages on voyait peintes cette gaîté franche, cette cordialité que donne seul ce souffle de Liberté. Aussi c'est avec un grand enthousiasme que partait de tous les cœurs, ce cri sublime de : Vive la République! chaque fois que la musique exécutait cette immortelle Marseillaise.
La fête se serait passée sans incident, si ce n'était celui suscité par M. Abraham, premier adjoint, qui avait préféré aller, avec quelques tièdes, festoyer le 14 Juillet chez nos voisins les Belges, et laisser de côté ses collègues du Conseil municipal. Il a voulu, à son retour de l'étranger, promener sa personne vers le bal. Mais là, et dans la vue, insultes à l'un, épithètes mal sonnantes à l'autre. Il allait même jusqu'à insulter l'armée en la personne de quelques soldats paisibles qui se promenaient; si bien que la foule s’en mêlant, il a dû déguerpir au galop et demander abri à l’Hôtel du Commerce, où il a dû attendre assez longtemps avant de pouvoir regagner son domicile.
M. le premier adjoint, qui a été élu sur la liste républicaine, après avoir déserté sincèrement, disait-il, ce qu’il appelait la réaction, a fêté, l’an dernier, le 14 Juillet. Il a accompagné tous ses collègues républicains, il a pavoisé sa maison, il a illuminé. Mais, hélas comme on l'a déjà vu bien des fois, ses idées, ses convictions ne durent souvent ce que vivant les roses. Cette année, les républicains ne valent rien. Et cependant, c’est sur sa demande, au Conseil municipal, que, l’année dernière, fut augmentée la somme que l’on devait allouer pour fêter convenablement le 14 Juillet.
Aussi la majorité de ses électeurs verrait avec plaisir qu’il donnât sa démission d’adjoint, car, quand ou se déclare anti-républicain, et que l’on se montre si peu sérieux, on ne peut rester à la tête d’un Conseil dont la majorité ne vous est plus acquise.

WAGNON. (465 hab.) — Protestation idiote. — On nous écrit : « La fête nationale a été, cette année, chez nous encore plus brillante que les années précédentes. Rien n’y a manqué : revue des sapeurs pompiers et manœuvres, illuminations, bal, chants patriotiques, etc.
Seulement, ainsi que nous l'avions signalé l’an dernier, M. le curé de la paroisse, a cru de voir y aller encore de sa petite manifestation. A cet effet, l'ingénieux oint du Seigneur a derechef accroché une loque blanche à ses contrevents fermés pour simuler le drapeau du roy. Il est vrai qu’il y manquait la hampe, mais la loque n’en a pas moins flotté pendant toute la journée à la grande satisfaction du maire de l'endroit et à la risée de la grande majorité des habitants lesquels n’ont même pas daigné s’occuper autrement de cette impertinence. »
Que l’ecclésiastique si peu en crédit parmi nous proteste tout à son aise, ce n’est pas lui qui renversera notre vaillante République et il n’obtiendra jamais d’autre succès qu’une gaîté générale qu’il aura organisée à ses dépens. »

WASIGNY. (912 hab.) — A propos de la Fête. — On se demande pourquoi la fête du 14 Juillet n’a pas eu cette année chez nous, son entrain accoutumé. Est-ce que la population jadis si républicaine de Wasigny perdrait de son enthousiasme ? Ou doit-on l’attribuer à ce que la municipalité a oublié que, partout où il y a Fanfare et Sapeurs-pompiers, on accepte ou demande leur concours pour la Fête Nationale, ce qui a été négligé ici, et ce qui a peiné beaucoup de gens.

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