... à travers le Petit Ardennais...
7 Décembre 2019
A propos de la Fête. — M. Dahut, aubergiste, n’aime pas la bruit du canon ni l’odeur de la poudre, aussi pendant deux jours n’a-t il pas ménagé ses injures à M. Wahart, ancien artilleur, qui à ce titre, Ie 13 juillet au soir, et le 14 au matin, avait été chargé de tirer le canon en signe de réjouissance.
Malgré les injures de M. et Mme Dahut, injures si ridicules que nous croyons superflu de les reproduire ici, M. Wahart, avec un tact et un bon sens dont nous le félicitons, a conservé un calme parfait. C'est grâce à son esprit que la Fête nationale n'a point été troublée.
Le village de St Marceau s’était distingué, on y remarquait plus de drapeaux que de coutume et les habitants, en véritables patriotes, avaient tenu à faire dignement la Fête de la République.
La vérité s, v. p. — On nous écrit : « Un correspondant réactionnaire de la feuille cléricale de la rue Forest, essaya, à propos de la fête du 14 juillet, de donner le change au public sur le caractère qu’a eu dans la commune cette solennité. » Il prétend que les rares républicains de St- Marceau n’ont célébré leur fête le soir, qu’en se faisant remarquer par des folies sans nombre. A cela, il n’y a qu’une réponse à faire à l’ingénieux correspondant du journal précité et c’est lui-même qui se charge de nous fournir le texte : Les nombreux républicains de Saint-Marteau lui envoyent le « démenti le plus formel. » C’est en vain en effet, que le jésuite de robe courte dont s’agit, parle d’un bris de clôture intentionnel et portant préjudice à un habitant de la commune. » Tout le monde sait ici que si un carreau a été cassé par inadvertance, aucun des nôtres n’a jamais songé à faire le moindre tort volontaire à qui que ce soit. » Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que les réactionnaires de Saint-Marceau qui ne trouvent nullement extraordinaire qu’on tire le canon en l'honneur du marquis de Wignacourt, se fâchent tout rouge quand on le tire pour la République. Il faut convenir que les partisans des anciens régimes ont une bien drôle de façon de comprendre la liberté. « Au surplus il n’est pas trop difficile de connaître l’auteur de l’article calomnieux auquel nous répondons et qui a indigné ici la majorité de la population En remontant aux dernières élections, l’on trouverait sans doute quelque ancien conseiller municipal rétrograde, resté piteusement sur le carreau et dont la haine pour tout ce qui est libéralisme, progrès et patriotisme, ne fait mystère pour personne. Chacun, d’ailleurs a déjà fait justice ici de tous ses racontars absurdes. »