... à travers le Petit Ardennais...
12 Décembre 2019
Simple question. - Comment se fait-il que M . le maire ait défendu sous peine de procès à ses administrés d’annoncer lundi par des salves d’artillerie l’approche de la fête nationale. Il a fait preuve de bien peu de patriotisme.
Le droit de réponse. — Nous recevons de M. Petit, maire d'Issancourt, la lettre suivante, avec prière de l'insérer : Je ne puis laisser passer sans réponse, M. le rédacteur en chef, l’entrefilet paru dans le Petit Ardennais du 16 juillet courant, sous la rubrique ; « ISSANCOURT. — SIMPLE QUESTION.»
Il n’est pas exact de dire que j’ai défendu à mes administrés d’annoncer par des salves d’artillerie l’approche de la fête nationale. Non seulement je n'ai pas fait cette défense. mais je n’en ai jamais eu l’intention ; et, lorsque le soir du lundi 13 juillet, plusieurs salves annoncèrent la fête du lendemain, mon patriotisme que vous mettez en doute, s'en est réjoui, et je n'ai eu qu’un regret, c’est qu’elles n’aient pas été plus nombreuses et mieux nourries.
Il est vrai que le matin du même jour, j'ai cru devoir interdire l’usage d’armes à feu, mais on s’est bien gardé, et pour cause, de vous faire connaître dans quelles circonstances. Il m'appartient de compléter les renseignements qui vous sont parvenus à ce sujet.
C'était à l'occasion d'un mariage. Deux ou trois ouvriers qui avaient déjà fait d'amples libations et qui, probablement, ne demandaient pas mieux que de les continuer aux frais de la noce, se permirent de tirer quelques coups de feu en l’honneur des jeunes mariés, au moment où ceux-ci sortaient de la mairie, c’est-à-dire vers onze heures demis du matin.
En pareil cas, à Issancourt, il est d’usage de demander l’autorisation au maire, ou tout au moins de le prévenir ; et c’est ce qui n’a pas été fait, au mépris des usages et des convenances. J'ajoute que dans les conditions où se trouvaient ceux qui voulaient se servir d’armes à feu, les accidents étaient à craindre, ce qui explique suffisamment je pense, la décision que j’ai cru devoir prendre à leur égard.
Mais, je le répète, il ne s’agissait nullement alors de salves d’artillerie annonçant la fête nationale, comme s’est plu à vous le dire sans doute, quelque mécontent ou quelque mauvais plaidant. Quant à la réflexion dont vous faites suivre votre question, je me bornerai à vous répondre que si j’avais aussi peu de patriotisme que vous voulez bien le dire, je ne m’efforcerais pas de rehausser l’éclat de notre fête nationale, par l’organisation de j'eux publics, ce qui ne s’est jamais fait à Issancourt avant mon élection comme maire de la commune, c'est-à-dire avant 1884.
Dans l’espoir que vous voudrez bien intégrer cette lettre dans le plus prochain numéro de votre journal, je vous prie d’agréer, Monsieur le rédacteur, l’assurance de ma considération distinguée.