... à travers le Petit Ardennais...
1 Février 2020
État-civil du mois d’avril 1885. —- Naissances. — Garçons, 3. — Filles, 2.
Mariages. — Du 18, François-Célestin Riffaut, 47 ans, gardien de batterie de 1re classe, demeurant à Damloup (Meuse), veuf de Marie-Louise-Alexandrine Le Fol, et Eugénie-Zoé Morel, 26 ans, sans profession, demeurant à Vouziers.
Décès. — Du 6, Prosper-Marcal Hiernaux, 2 ans, fils des époux Hiernaux-Hutin, entrepreneur de maçonnerie. - Du 23, Jeanne Lambersend, 2 ans, fille des époux Lambersend-Vacherand, journalier.
Concert par l ’Harmonie municipale, le 14 mai 1885, à 4 heures et demie, sur la place de l’Hôtel-de Ville (1° concert).
Le héros, allégro (Suzanne) — Carmen, (Bizet), fantaisie (E. Nivert). — Arc-en Ciel, grande valse, (CH. Foare), — Ouverture du Châlet
(Adam) (J. Piau). — Madelon, schottisch (H. Senée), — Marseillaise.
Arrestation. — La gendarmerie a arrêté la nommée Lampson, Marie, âgée de vingt-six ans, qui s’était emparée d’une montre et d’une chaîne en argent, le tout estimé 40 francs, au préjudice de M. Richelet, où elle avait logé.
Le Comice agricole. — Cette fête agricole, nous sommes obligés de le constater, a été des moins réussies. On a pu se convaincre, une fois de plus, que, dans les réunions de ce genre, les organisateurs étaient pour beaucoup dans le succès de la journée.
Il y a aujourd’hui un mois, une fête du même genre avait lieu à Attigny. Le lendemain, les journaux réactionnaires du département cherchaient, par des critiques plus ou moins spirituelles, à la ridiculiser. Nous ne les suivrons pas sur ce terrain et nous nous contenterons de signaler ce que nous avons vu. Les personnes qui ont assisté aux deux fêtes pourront dire, loyalement, laquelle a été la mieux réussie.
Constatons seulement que le Comice de dimanche a été raté, oh! absolument raté. Il ne faut pas, comme on pourrait le croire, attribuer ce four aux exposants, non, mille fois non! Toutes les branches de l'agriculture étaient fort bien représentées.
Environ 60 belles pouliches, rue Ste-Marie; les moutons, porcs, place du Moulin; les taureaux, fort nombreux, et les vaches, rue Cérès; les étalons, route de Ste-Menehould, et enfin les instruments aratoires, disposés sur toute la longueur de la rue du Palais, formaient une très jolie exposition. Mais à côté de cela, pas une musique, pas un attrait quelconque pour attirer les curieux. On craignait, sans doute, la présence de gymnastes à uniformes plus ou moins rouges, comme il y en avait à Attigny.
Aussi le beau résultat de cette organisation, c’est que Vouziers présentait, dimanche après midi, le même aspect que les dimanches ordinaires. Quelques rares personnes se promenaient dans les rues où l’on n’apercevait aucun indice annonçant que la ville était en fête.
Les bestiaux étaient déjà, pour la plus grande partie emmenés et, sur le long parcours occupé psr les instruments agricoles, il y avait très peu de passants qui s'arrêtaient spécialement devant les deux charrues exposées par M. Fromentin, maréchal à Alland'huy, et pour lesquelles ce dernier a obtenu un premier prix.
La distribution des récompenses a eu lieu dans la salle de la mairie et les rares visiteurs ont repris à cinq heures le train qui devait les reconduire chez eux.
La fête, contrairement à tous les usages, ne s'est pas terminée par un bal; mais en revanche un grand banquet, donné dans les bâtiments du Chalet et accompagné par une fanfare locale, s'est prolongé fort avant dans la nuit.
Comice agricole. — Nous avons hier [19] donné le compte-rendu du comice agricole ; voici, aujourd'hui, la liste des récompenses :
AUX INSTITUTEURS. — Maraudel, à Verrières, une médaille d'argent offerte par la Société des agriculteurs de France, et 40 fr. Jolly, à Sainte-Vaubourg, médaille d’argent et 26 fr. Guillardel, à Alland’huy, médaille d’argent et 20 fr. Pigeot, au Chesne, médaille de bronze et 20 fr. Etienne, aux Petites-Armoises, rappel de prix et 20 fr.
AUX SERVITEURS AGRICOLES. — Coche-Dumont, à Voncq, médaille de vermeil. Scripe, Victor, à Thénorgues, médaille d’argent et 40 fr. Poncelet, à Roches, médaille d’argent et 30 fr. Haumé, à Savigny, médaille d'argent et 30 fr. Bonnevie, à Loisy, médaille d'argent et 25 fr. Parmentier, Michel, à Attigny, médaille de bronze et 25 fr. Pillard, à Machault, médaille de bronze et 25 fr. Husson, Paul, à Saint-Clément, médaille de bronze et 20 fr. Decombis, Xavier, à Coëgny, médaille de bronze et 20 fr.
AUX ÉLEVEURS DE L ’ESPECE BOVINE (Primes d'arrondissement). — Dépuiset, à Bar-les-Buzancy, médaille d’argent et 65 fr. Chausson-Gaillard, à Vrizy, médaille d’argent et 55 fr. Storbois, à Ballay, médaille d’argent et 50 fr. Cousinard, à Quatre-Champs,,médaille de bronze et 40 fr. Verzeaux, à Contreuve, médaille de bronze et 30 fr. Bailly-Michel, à Monthois, médaille d'argent et 50 fr. Guillain, à Séchault, médaille de bronze et 40 fr. Delvigne, à Saint-Morel, médaille de bronze et 30 fr. Barré, á Champigneulle, médaille d’argent et 50 fr. Gentil, à Primat, médaille de bronze et 40 fr. Lelièvre Henriet, à Thénorgues, médaille de bronze et 30 fr. Menciére, aux Petites-Armoises, médaille d'argent et 50 fr. Laurent, à Châtillon, médaille de bronze et 40 fr. Trubert, à Authe, médaille de bronze et 3U fr.
PRIX D’ENSEMBLE. — Vaches. — Caquot, à Vouziers, médaille d’argent et 30 fr. — Soudant, à Vieux, médaille de bronze et 20 fr — Lambert, à Savigny, médaille de bronze et 20 fr. — Laurent, à Chatillon, médaille de bronze et 20 fr.
Génisses. — Joly, à Falaise, médaille d’argent et 30 fr. — Cousinard, à Quatre-Champs, médaille de bronze et 20 fr. — Caquot, à Vouziers, médaille de bronze et 20 fr. — Tassot, à Forest, médaille de bronze et 20 fr.
AUX ELEVEURS DE L ’ESPECE OVINE. — Primes d'arrondissement. — Henrot-Barré, à Cauroy, médaille de Vermeil et 50 fr. — Triquet, à Richecourt, médaille d’argent et 45 fr. — Alphonse Leroy, à Saulces-Champenoises, médaille d’argent et 40 fr. — Ernest Fleury, à Grivy-Loizy, médaille de bronze et 30 fr. — Triquet, à Richecourt, médaille de bronze et 20 fr. — Louis Clerc, à St-Morel, médaille d’argent et 40 fr. — Roger-Lampson, à Mont-St-Martin, médaille de bronze et 30 fr. — Piquot-Radiére, à Cauroy, médaille de bronze et 20 fr. — Oudet, Jules, à Ôlizy, médaille d'argent et 40 fr. — Auguste Hanus, à Champigneulle, médaille de bronze et 30 fr. — Bouchet, à Vaux-en-Dieulet, médaille de bronze et 20 fr. — Déglaire, au Chesne, médaille d'argent et 40 fr.
Prix pour lots de brebis. — Triquet, à Richecourt, médaille d’argent et 40 fr. — Triquet, à Richecourt, médaille de bronze et 30 fr.
Prix pour lots d’agnelles. — Triquet, à Richecourt, médaille de vermeil.
AUX ÉLEVEURS DE L’ESPECE CHEVALINE. — Médaille de vermeil pour l’animal représentant le mieux le type du cheval de guerre. — Caquot, à Vouziers.
AUX ÉLEVEURS D’ETALONS. — Tassot, à Forest, médaille d’argent et 40 fr. — Laurent, à Remonté, médaille de bronze et,30 fr. — François, de la Bergerie, médaille de bronze et 25 fr.
AUX ÉLEVEURS DE POULICHES. — Paul Gabet, à Vrizy, médaille d’argent et 35 fr. Caquot, à Vouziers, médaille de bronze et 25 fr. Gaignière, à Savigny, médaille de bronze et 20 fr. Rateau, à Savigny, médaille de bronze et 20 fr. Hachette, à Savigny, mention honorable. Henry, à Sugny, mention honorable.
AUX ÉLEVEURS DE L’ESPECE PORCINE. — Rappel de 1er prix : Mary, à Quatre-Champs, médaille d’argent. 1er prix d'ensemble : Coulon, à Quatre-Champs, médaille d’argent et 30 fr. 2e prix (truies) : Cousinard, à Quatre-Champs, médaille de bronze et 20 fr. Mention honorable, Robert, au Chesne. 2e prix (verrats) : Robert, au Chesne, médaille de bronze et 20 fr.
INSTRUMENTS AGRICOLES. — Bajac, à Reims, représenté par M. Mabille, médaille d'argent et 30 fr. Delahaye-Obry, à Bohain (Aisne), médaille de bronze et 25 fr. Delahaye-Obry, a Bohain (Aisnes), médaille d’argent et 30 fr. Fondeur, à Viry (Aisne), médaille de bronze et 25 fr. Fondeur, à Viry (Aisne), médaille d’argent et 30 fr. Delahaye, à Bohain (Aisne), médaille d’argent. Bajac, à Reims, représenté par M. Mabille, médaille d'argent. Daumont, à Sainte-Marie, médaille d’argent et 40 fr. Delahaye-Obry, à Bohain, médaille de bronze et 20 fr. Louis Gibout, au Chesne, médaille d’argent et 20 fr. Fromentin, à Alland’huy, médaille d’argent et 20 fr. Bontemps, à Vouziers, médaille d’argent et 20 fr. Noailles, à Grandpré, médaille de bronze et 20 fr. Gabreau - Breton, à Bazancourt, médaille d a bronze et 20 fr. Noailles, à Briquenay, médaille de bronze et 20 fr. Barthélémy, à Vouziers, médaille de bronze et 20 fr. Mabille, à Reims, médaille de bronze et 20 fr. Appert-Mandart, à Reims, médaille de bronze et 20 fr. Viet, à Bougeville (Seine-et-Marne) , mention honorable. Stévenot, au Chesne, mention honorable.
VOUZIERS. — Marché du 22 mai 1885. — Blé, 21..» à 22.50. — Seigle, 14 à 16.»». — Orge, 18.»» à 19.75»». — Avoine, 18 à 19. — Farine 1ère qualité, 30.50»» à 32.50»». — Paille de blé, 3.70»» à »».»». — Foin, 5.25»» à ».»», les 100 kilos.
Bœuf, 1.40 — 1.20 - 1.»» ; Veau, 1.80 - 1.70 - 1.60; Mouton, 2.»» — 1.70 — 1.»» ; Porc, 1.80 — 1.70 — 1.63 ; Lard de France, 1.40 ; le tout au kilog.
Beurre, 2.10»» à.»» le kilo. — Œufs, 1.50 à ».»» le quarteron. — Pain, ».30 le kilo.
Distinction méritée. — Ainsi que nous l'avons annoncé hier, en même temps que diverses autres nominations, M. le docteur Charles Gueilliot, de Vouziers, vient d’être nommé officier d’Académie. Nous avons eu souvent dans nos colonnes, l’occasion de parler des remarquables travaux hygiéniques de l’honorable praticien Vouzinois, et nous ne saurions trop applaudir à la distinction méritée, s’il en fût dont il vient d’être l’objet.
Chemin de fer Raucourt- Vouziers. — On nous écrit : « La question du chemin de fer Raucourt-Vouziers vient de faire un grand pas en avant. Les villes de Sedan et Raucourt ont voté des subventions importantes en faveur de ce projet et elles repoussent énergiquement le tracé par Vrigne-Meuse plus long, plus coûteux et qui sacrifie si légèrement les intérêts de la vallée industrielle de l’Ennemanne. On se rappelle, en effet, qu’une variante passant par la vallée de la Bar a été étudiée afin de relier Vouziers à la ligne de l’Est avec point d’attache à Vrigne-Meuse.
Ce nouveau projet est en ce moment soumis à l'enquête d’utilité publique, mais tout fait supposer que la commission d’enquête d’abord et le Conseil général ensuite adopteront le tracé par Raucourt qui satisfait à plus d’intérêts généraux. Ensuite, si on examine l’affaire au point de vue du rendement de l’exploitation, il est incontestable que de Chémery à Vrigne-Meuse il n’y aura de longtemps aucun trafic, tandis que par Raucourt le trafic sera important et assurera la vitalité de ce chemin de fer. En effet, les communes de Raucourt, Haraucourt, Angecourt, et notamment la première emprunteront cette ligne de Raucourt-Vouziers tant pour las arrivages des fers de la Haute-Marne que pour les expéditions sur Paris, le tout avec une notable réduction de parcours.
En sacrifiant Raucourt, on sacrifie donc l’élément qui doit rapporter le plus à l’exploitation, c’est ce que saura comprendre le Conseil général en adoptant le projet de Raucourt-Vouziers moins coûteux et plus utile à tous égards.
P .-S . — On nous affirme que les communes de Haraucourt et Angecourt n’ont encore rien voté C’est certainement un grand tort. Veuillez agréer, etc. »
Marché du 18 juillet 1885. — Blé, 22..» à 22.75. — Seigle, 15.50 à 14.»». — Orge, 17.»» à 16.»». — Avoine, 16.50 à 18.45. — Farine 1ère qualité, 30.»» à 32.»». — Paille de blé, 5.»» à »».»». — Foin, 6.»» à ».»», les 100 kilos. Bœuf, 1.40 — 1.20 - 1.»» ; Veau, 1.80 - 1.70 - 1.60; Mouton, 2.»» — 1.70 — 1.»» ; Porc, 1.80 — 1.70 — 1.63 ; Lard de France, 1.40 ; le tout au kilog. Beurre, 2.»» à.»» le kilo. — Œufs, 1.65 à ».»» le quarteron. — Pain, ».32 1/2 le kilo.
Le 14 juillet. — Cette ville a fêté pour la sixième fois le 14 juillet avec un entrain et un enthousiasme des plus grands.
Lundi soir, après un excellent concert donné par la Société philharmonique municipale, a eu lieu la retraite aux flambeaux à laquelle ont pris part les membres exécutants de la Société philharmonique, la compagnie de sapeurs-pompiers et la société gymnique l’Avenir.
Au port, M. Henri Métillon, marchand de bois et conseiller municipal, a, comme il a l'habitude de le faire depuis quelques années, offert aux musiciens, gymnastes et pompiers, le vin de la halte dans son jardin brillamment illuminé.
Le lendemain, vers trois heures, M. Doré, maire, quelques conseillers municipaux, la Société philharmonique, la Société gymnique, les sapeurs-pompiers se sont rendus à la sous-préfecture pour chercher M. le sous-préfet, et, vers trois heures et demie, le cortège entrait dans l’enceinte de la fête.
Les exercices de la gymnastique ont obtenu un très grand succès ; au vin d’honneur qui a été offert à la mairie, M, Delsaux, sous-préfet de Vouziers, se faisant l’interprète de l’opinion de tous les spectateurs, a félicité vivement les jeunes gymnastes de leur adresse, de leur intrépidité et de leur bonne tenue.
La charité a eu sa part dans ses réjouissances. Des secours en nature ont été distribués le mardi matin aux indigents de la ville, et une quête faite pendant la séance de gymnastique a produit une somme de 58 francs 60 qui a été distribuée par moitié au Bureau de bienfaisance et à la Caisse des écoles laïques.
Le soir, presque toutes les maisons étaient pavoisées et illuminées : lampions, verres de couleurs, transparents, rampes de gaz, etc., brillaient aux fenêtres et aux façades des maisons.
Le bal a commencé mardi vers huit heures et demie du soir, et s’est prolongé jusqu’à plus de deux heures du matin. Ç’a été une très belle et très touchante fête qu'un temps des plus propices a favorisée.’
Simple question. — Au-dessus de la porte principale du quartier de cavalerie de Vouziers, on avait placé, il y a quelque temps, deux écussons portant les initiales R. F. Depuis plusieurs jours, ces écussons sont enlevés. On nous prie de demander pourquoi et par qui.
Renvoyé aux autorités compétentes.
Chemin de fer. — On nous écrit : « Il est regrettable que jusqu’à présent M. Grilhon, inspecteur principal de la Compagnie de l'Est, n’ait pas cru devoir donner satisfaction à la juste réclamation qui lui avait été adressée par un grand nombre d’habitants de la vallée de l’Aisne. On se rappelle que cette demande dont nous avons souvent parlé tendait à faire ajouter au train de marchandises de 1 h. 38 du matin qui fait le service des dépêches d’Amagne, Attigny, Vouziers, Monthois, deux malheureux wagons pour prendre les voyageurs venant de la direction de Reims ou de celle de Charleville. Nous avons indiqué plusieurs fois combien cette modification si utile serait simple à établir. Espérons que nous serons plus heureux cette fois et que le service dont nous parlons fonctionnera enfin à l’occasion des fêtes de Ste-Anne, à Rethel. »
Les enseignes républicaines. — On nous écrit : « Nous étions persuadés que la feuille réactionnaire de la rue Forest ne manquerait pas de s’occuper de la note parue dans le Petit Ardennais de dimanche, concernant le quartier de cavalerie de notre ville. Cependant l ’ancien « magister » de Vouziers ne constitue pas, ce nous semble, une autorité supérieure compétente, bien loin de là . C’est seulement à une de ces autorités que nous nous étions adressés. Mais pensez donc, oser reprocher à une administration d ’avoir enlevé les insignes républicains d’un édifice national. Quel crime ! Vite il fallait pour réparer ce crime la bonne plume d’un bon réactionnaire. Eh bien! n’en déplaise à cette feuille, nous adresserons encore cette question aux mêmes autorités et nous espérons avoir une réponse. »
Chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. — Le Conseil municipal, dans sa séance du 21 courant a voté, sur la proposition de M. Petit-Barbette, maire, une subvention de cinq mille francs pour le chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. La subvention demandée à la commune n’était que de 2,500 francs.
Chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. — On nous pris d’insérer la communication suivante. Ce que nous faisons sous toute réserve, bien entendu :
« Au sujet de l'article paru dans votre numéro de dimanche dernier, permettez-moi, M. le rédacteur d’exposer les considérations qui militent puissamment pour la création d’une ligne de chemin de fer non entre Raucourt et Vouziers, mais bien entre Vrigne-Meuse et cette dernière ville.
» II est certain que toutes les populations situées au delà de Chémery jusqu’à Vouziers et même jusqu’à Monthois ont le plus grand intérêt à voir la gare à Vrigne-Meuse afin d'arriver plus rapidement au chef lieu du département.
» En second lieu, Vendresse aura sa gare à proximité et pourra utiliser ses établissements métallurgistes arrêtés depuis longtemps, faute de moyens de transport. Notez que ce village est entouré d’immenses forêts et le chemin de fer fera immédiatement hausser les prix de vente des coupes.
» Si le trajet avait lieu, au contraire, par Raucourt, la station la plus rapprochée de Vendresse serait Ambly et I'on sait qu’à cause de la distance l’avantage provenant de la voie ferrée deviendrait absolument illusoire.
» Il en est de même pour Chémery dont le commerce, ainsi que celui de Connage, se trouveront desservis par Ia nouvelle ligne, et aussi pour Omicourt, St-Aignan, Chéhery, Cheveuges, Sapogne, dont l’industrie augmente chaque jour, comme pour St-Martin qui possède deux filatures et des carrières inépuisables.
» Remarquons encore que Vrigne-Meuse, point de jonction, se trouve en communication directe avec Sedan-Mézières-Charleville et Vrigne-aux-Bois.
» La Commission d’enquête réunie lundi à Mézières a reconnu, comme la première fois, tous les avantages que présentait cette combinaison et a opiné dans ce sens.
» Disons en terminant qu’il est à regretter que certaines communes ne comprennent pas tous les bienfaits qu’elles retireront de la ligne nouvelle et refusent de voter les petites subventions qui leur sont demandées pour son établissement,
» Espérons que, mieux éclairées, elle reviendront sur une décision aussi préjudiciable aux intérêts particuliers qu’à l'intérêt général.
Marché du 25 juillet 1885. — Blé, 22.»» à »».»». — Seigle, 14.50 à 15.»». — Orge, 17.»» à 16.»». — Avoine, 17.50 à 18.25. — Farine 1ère qualité, 30.»» à 32.»». — Paille de blé, 4.»» à »».»». — Foin, 6.50 à ».»», les 100 kilos.
Bœuf, 1.40 — 1.20 — 1.»» ; Veau, 1.80 — 1.70 — 1.60; Mouton, 2.»» - 1.70 - 1.»» ; Porc, 1.80 - 1.70 — 1.60; Lard de France, 1.40; le tout au kilog.
Beurre, 1.90 à ».»» le kilo. — Œufs, 1.70 à ».»» le quarteron. — Pain, ».32 1/2 le kilo.
Obsèques de M. Charpin. — Les obsèques de M. le lieutenant Charpin, commandant la gendarmerie de l’arrondissement de Vouziers, ont eu lieu hier, à dix heures du matin, au milieu d'une assistance considérable.
Le deuil était conduit par M. le commandant Loyer, de Mézières qui, parti l’avant-veille en congé, était revenu précipitamment dans la nuit, ne voulant laisser à personne l’honneur de conduire un de ses officiers à sa dernière demeure.
Nous ne pouvons mieux faire l’éloge du défunt qui laisse une veuve et cinq enfants en bas-âge, qu’en reproduisant le discours prononcé par M. le commandant Loyer au cimetière :
« M e s s i e u r s,
» Avant de vous laisser vous éloigner de cette tombe ouverte si prématurément, il me reste un devoir à remplir : celui de vous dire tout le bien que je pensais du brave officier que nous venons d’accompagner à sa dernière demeure.
» Le lieutenant Charpin est mort victime de son dévouement à ses devoirs professionnels. Ayant contracté, pendant la saison rigoureuse et dans un service pénible, le germe de la maladie qui vient de l’emporter, il a voulu, malgré des souffrances très vives, continuer á remplir ses fonctions.
» C’est qu’en effet Charpin était un officier plein de zèle, toujours prêt à aller là où il y avait un danger à courir, là où il avait un secours à apporter.
» Soldat discipline, Charpin avait conquis son épaulette par une conduite sans reproches, un travail assidu et en montrant à tous le bon exemple.
» Comme père de famille, Charpin mérite toute votre admiration : n’ayant que des ressources bien modestes pour subvenir aux besoins d’une famille nombreuse, mais soucieux de ne faire tort à personne, il luttait, toujours digne et sans jamais se plaindre, contre les nécessités de la vie.
» Au nom de l’armée, au nom de la gendarmerie je remercie les autorités civiles et judiciaires, les officiers de sapeurs-pompiers et les personnes en si grand nombre qui ont bien voulu se joindre à nous pour rendre les derniers devoirs au lieutenant Charpin.
» Leur présence est un hommage rendu à sa vie militaire si bien remplie, à sa vie privée exemplaire. C’est aussi une consolation suprême pour ceux qui le pleurent et, pour nous tous, un encouragement.
» En disant au revoir an lieutenant Charpin, je puis lui dire en toute confiance que sa femme et ses petits enfants seront l’objet de la sollicitude de ses camarades et de ses chefs ; c’est un devoir auquel ils ne failliront pas. »
Arrestations. — La gendarmerie a, en vertu d'un mandat de dépôt, arrêté et écroué à la maison d’arrêt de Vouziers, le nommé Coche, Léopold-Jean-Baptiste, vigneron, âgé de cinquante-deux ans, et sa femme, née Renaudin, Eloïse, âgée de cinquante-cinq ans, prévenus d'incendie volontaire à leur domicile.