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Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

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[Vivier-au-Court] 1885

Mai

Disparition. — On nous prie de faire savoir que Jean Daudart, atteint d’aliénation mentale, a disparu de chez lui depuis samedi dernier [2].
Voici son signalement : âgé de 50 ans, petit, un peu trapu, taille moyenne, figure maigre, cheveux châtains, petite moustache blanche.
Il est vêtu d'un gilet ordinaire à manches noires, un pantalon de coutil à raies jaunes et noires, une casquette américaine et des brodequins.

BLESSÉS DU TONKIN. — Produit d’une quête faite à l’occasion de la noce de M. Léon Herbulot et de Mlle Eve Kern : 5 fr. 60.

L'Union (Société coopérative d’alimentation). — On nous écrit :
L’assemblée générale des actionnaires de la Société coopérative d’alimentation de Vivier-au-Court, légalement convoquée, s’est réunie vendredi 15 courant, salle de M. Couaillier, à l’effet d’élire quatre nouveaux membres pour la Commission de contrôle, en remplacement de quatre commissaires dont le mandat semestriel exigible aux termes des statuts était expiré.
Etaient présents : MM. Jules Huet, président; Cannepin, Eug., vice-président, et vingt-un actionnaires formant 45 actions représentant plus du 1/4 du capital.
Au scrutin secret ont obtenu : MM. Protin (Joseph), 20 voix; — Poncin-Thion, 18 voix ; — Totot (Pierre), 18 voix ; — Dailly, 14 voix.
En conséquence, MM. Protin, Poncin, Totot et Dailly ont été nommés membres de la Commission de contrôle en remplacement de MM. Lerouge, Lion, Remy, Choppelet, Couvin et Couaillier, membres sortants.
Sur la proposition de M. le président, des éloges ont été votés à l’adresse de MM. Couaillier et Couvin, membres sortants.

Découverte d'an cadavre. — Hier [30], à 8 heures du matin le gardien du barrage qui se trouve au pied du château Défait, territoire de Montcy, a retiré de la Meuse le cadavre d'un inconnu qui paraît avoir séjourné un mois sous l'eau.
Le signalement du noyé se rapporte, sauf les vêtements, à celui que nous avons donné, il y a quelque temps, d'un individu disparu de Vivier-au-Court. M. le maire de cette commune a été aussitôt prévenu par dépêche.

Juillet

Le 14 juillet. — Le 13, retraite aux flambeaux par la musique de Vivier, les sapeurs-pompiers et le bataillon scolaire.
Le 14, réunion de ces sociétés et du conseil municipal à la mairie. Exercices de gymnastique très applaudis. Revue. Vin d’honneur offert dans la cour de l'école par M. Huet Jules, président du bataillon scolaire. A 4 heures, défié et exercices militaires très bien exécutés.
Le soir, bal jusqu’à 2 heures du matin. La place publique était brillamment illuminée, et l’orchestre avait été dressé avec beaucoup de goût. 
En soirée, excellente journée pour la République.  

Vol . — Le nommé Ongart, Louis, aime le canard ; le 14, il a été surpris alors qu’il venait d’en abattre un appartenant à M. Laffineur. — Procès-verbal a été dressé.

Obsèques du jeune Démart. — Vendredi dernier [17 juillet], à six heures du soir, avait lieu l’enterrement du jeune Louis-Auguste Démart. Ce jeune garçon avait été un des derniers inscrits au bataillon scolaire où il était clairon. Aussi le bataillon scolaire tout entier, conduit les  instructeurs, a tenu à lui rendre les derniers honneurs en assistant en armes et en tenue à la cérémonie funèbre. Sur la tombe, un sous-officier du bataillon a dit quelques paroles d’adieu. « Cher et regretté Démart, Avant que cette tombe, si prématurément ouverte, ne soit refermée sur ton cercueil, je viens au nom de tous les élèves du bataillon scolaire, te donner un dernier témoignage d’estime et d’amitié, te dire un dernier adieu. Un des premiers parmi nous, tu as compris que pour bien acquitter la dette sacrée que tout français doit à la patrie, le service militaire, on ne saurait se préparer trop tôt, et des le commencement de l’organisation de notre bataillon scolaire, tu demandais à y être admis. Hélas ! ta bonne volonté ne suffisait pas. Tu avais compté sans la cruelle maladie qui est venue arrêter ton élan, briser ton énergie, te forcer à l'inaction et t'enlever enfin à notre affection. Chaque jour tu voyais tes camarades se livrer aux exercices qui fortifient le corps, développent l’agilité, l’adresse le coup d’oeil et préparant à notre chère France des hommes intelligents, vigoureux, braves qui sauront bientôt lui faire reprendre son rang dans le monde et lui faire oublier les défaillances d'un jour et ton plus grand chagrin, c’était de ne pouvoir plus y prendre part. Cette douleur morale a certainement accru tes souffrances physiques et hâté le fatal dénouement. Chacun de nous a pu apprécier tes qualités, tes vertus : fils obéissant et respectueux, élève soumis et appliqué, camarade affectueux et serviable, déjà ouvrier actif et laborieux, tu emportes dans la tombe les regrets de tous. Tes parents perdent en toi leur bien suprême, leur unique espoir ; la France aussi perd un de ses enfants qui, sûrement, fut devenu un de ses plus vaillants défenseurs, un de ses meilleurs citoyens.  Une consolation cependant nous reste : c est ton exemple que nous nous efforcerons d’imiter partout et toujours. Ton souvenir vivra au milieu de nous. Adieu, cher ami, adieu ! »

 

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