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Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

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Le 14 Juillet dans les Ardennes

1885

Nous recevons d’un très grand nombre de communes des lettres qui nous prouvent que partout, cette année encore, l’idée républicaine a fait des progrès constants dans les Ardennes et que la fête nationale a été célébrée de la façon la plus digne et la plus enthousiaste. Nous félicitons sincèrement las républicains qui ont tenu à fêter l’anniversaire de la prise de la Bastille et nous allons, tout en remerciant les personnes qui ont bien voulu nous adresser des communications à ce sujet, extraire des lettres qui nous ont été envoyées les points les plus saillants pour chaque commune.

Rethel

Beaucoup d’éclat et d’entrain dans toute la ville. Une foule considérable suivait la retraite aux flambeaux qui était accueillie sur son passage par des salves de mousqueterie et des pièces d’artifice.
Le 14, grande fête gymnique donnée par la Rethéloise et les élèves des écoles. Les mouvements d’ensemble ont été fort bien exécutés. Dans l'intervalle des exercices plusieurs morceaux ont été donnés par les Amis-Réunis ; puis deux discours fort appréciés et accueillis par les cris de : « Vive la République ! » ont été prononcés par M. le sous-préfet et M. le maire.
Le soir, grandes illuminations ; on peut dire que, cette année, à très peu d’exceptions près, toutes les maisons étaient pavoisées et beaucoup étaient illuminées. La bal était très animé et a duré jusqu’à une heure du matin.
Nous ne pouvons passer sous silence un incident regrettable qui s’est produit au commencement de la soirée ; nous voulons parler du retard apporté dans l’éclairage du bal, retard qui est imputable, paraît-il, à M. le directeur de l’usine à gaz, dont l’insouciance était, dans les groupes, l'objet de commentaires variés. Certes, M. le directeur était libre de réserver ses lampions particuliers pour le lendemain si bon lui semblait, mais la musique de l’orchestre aurait dû lui rappeler un peu plus tôt que la Ville entendait fêter l’anniversaire de la prise de la Bastille et non la saint Henri.

Vouziers

Cette ville a fêté pour la sixième fois le 14 juillet avec un entrain et un enthousiasme des plus grands.
Lundi soir, après un excellent concert donné par la Société philharmonique municipale, a eu lieu la retraite aux flambeaux à laquelle ont pris part les membres exécutants de la Société philharmonique, la compagnie de sapeurs-pompiers et la société gymnique l’Avenir.
Au port, M. Henri Métillon, marchand de bois et conseiller municipal, a, comme il a l'habitude de le faire depuis quelques années, offert aux musiciens, gymnastes et pompiers, le vin de la halte dans son jardin brillamment illuminé.
Le lendemain, vers trois heures, M. Doré, maire, quelques conseillers municipaux, la Société philharmonique, la Société gymnique, les sapeurs-pompiers se sont rendus à la sous-préfecture pour chercher M. le sous-préfet, et, vers trois heures et demie, le cortège entrait dans l’enceinte de la fête.
Les exercices de la gymnastique ont obtenu un très grand succès ; au vin d’honneur qui a été offert à la mairie, M, Delsaux, sous-préfet de Vouziers, se faisant l’interprète de l’opinion de tous les spectateurs, a félicité vivement les jeunes gymnastes de leur adresse, de leur intrépidité et de leur bonne tenue.
La charité a eu sa part dans ses réjouissances. Des secours en nature ont été distribués le mardi matin aux indigents de la ville, et une quête faite pendant la séance de gymnastique a produit une somme de 58 francs 60 qui a été distribuée par moitié au Bureau de bienfaisance et à la Caisse des écoles laïques.
Le soir, presque toutes les maisons étaient pavoisées et illuminées : lampions, verres de couleurs, transparents, rampes de gaz, etc., brillaient aux fenêtres et aux façades des maisons.
Le bal a commencé mardi vers huit heures et demie du soir, et s’est prolongé jusqu’à plus de deux heures du matin. Ç’a été une très belle et très touchante fêle qu un temps des plu» propices a favorisée.’

Francheval

La Fête nationale a été célébrée avec beaucoup d’entrain. La revue du Bataillon scolaire, annoncée pour dix heures, n’a eu lieu qu‘à dix heures et demie, par suite de l’apparition tardive de la subdivision de sapeurs-pompiers. On se demandait pourquoi il ne régnait pas, dans ce corps, l’esprit d’ordre et de discipline que l’on est en droit d’attendre d’une troupe bien commandée?
Dans l’après-midi, jeux de toutes sortes, brouettes, poupée, tir à la cible, etc,, etc. Le soir, a 8 heures, ouverture du bal, illuminations à giorno. — A dix heures, feu d’artifice.

Douzy

Dès la veille, une retraite aux flambeaux, composée de la Fanfare, de tambours et clairons amateurs et des jeunes soldats de notre Bataillon scolaire, parcourait toutes les rues du village.
Le lendemain, dès la première heure, des salves d’artillerie répétées sa faisaient entendre de toutes parti.
A 11 heures, la Société musicale, suivie du Bataillon scolaire, se rendit sur la place. Rien de plus patriotique et de plus émouvant que la marche de ces petits soldats de l’avenir, et partout, sur le passage des vaillants petits bonshommes, la foule a applaudi frénétiquement.
Deux allocutions patriotiques, prononcées par l’honorable maire de la commune. M. Lemmens, et le digne et dévoué instituteur, M. Vautard, ont été très appréciées.
Après le défilé, le Conseil municipal, précédé de la Fanfare et du Bataillon scolaire, sa rendit à la Mairie où le vin d’honneur fut servi aux nombreux invités.
A trois heures, concert sur la place par la Fanfare et jeux divers.
Le soir, illuminations, feu d’artifice et grand bal qui s’est prolongé jusqu’à deux heures du matin.

Mainbressy

Lundi 13, retraite aux flambeaux avec le concours de la Fanfare. Salves d'artillerie.
Mardi 14, manœuvre de la pompe, salves d’artillerie. — A midi, concert musical. La Marseillaise. Vin d’honneur à la Mairie. La Marseillaise et le Chant du Départ par la Fanfare. — A 4 heures, défilé et salves d’artillerie. — A 5 heures, jeux-divers, organisés par M. Boudsocq.
A 7 heures et demie, les membres de la Fanfare se sont dirigés sur l’orchestre, magnifiquement décoré et illuminé. Bal très gai et plein d'entrain qui a duré jusque minuit. Pendant ce temps, feux d’artifice.
Comme on le voit, fête très réussie.

Monthois

Cette année, la Fête de la République a été magnifique, à Monthois.
Beaucoup plus d’illuminations et de plus belles que l’an dernier. Beaucoup plus de drapeaux aussi.
La Fanfare de Sugny-Mont-St-Martin a été très applaudie. Le bal était splendide.
Bref, bonne journée pour la République et triste pour les réactionnaires.

Beaumont-en -Argonne

On nous écrit : La Fête nationale a été célébrée très dignement ici. La retraite, organisée par les sapeurs-pompiers, sous les ordres de leur capitaine, M. Coffin-Gourdin, et par la Fanfare, a attiré beaucoup de monde.
Le 14, revue, par les autorités, du Bataillon scolaire, sous la conduite de MM. Lenoir et Stévenin, instituteurs. La Fanfare, pendant cette revue, a joué la Marseillaise. Le bal a été aussi animé que possible et le feu d’artifice des plus réussis.
Citons, parmi les maisons les mieux illuminées : la Mairie, les écoles, les maisons de M. le maire, M. Bernier, conseiller, M le notaire, M. Renel, M. Coffin, du correspondant du Petit Ardennais et un grand nombre d’autres qui avaient rivalisé de zèle.

Wagnon 

Comme les années précédentes, beaucoup d’éclat et d’entrain. Salves d’artillerie, distribution extraordinaire aux indigents, maniement des pompes et bal offert par la municipalité. Tous les édifices communaux étaient pavoisés.
Quant à M. le curé, il avait, comme tous les ans, arboré un immense drapeau blanc sans hampe et les réactionnaires ont cru faire une bien bonne farce en plaçant dans la remise de la pompe un chiffon de papier portant des injures grossières. lnutile de dire qu'ils ont perdu leur temps et que personne n’a songé à se froisser des idiotes manifestations de ces mal-appris.

Launois

Dès le 13 juillet, les bâtiments communaux et beaucoup de maisons particulières étaient pavoisés. Salves d’artillerie et retraite aux flambeaux dans laquelle figurait la subdivision des sapeurs pompiers en réorganisation.
Le 14, nouvelles salves d’artillerie, manœuvre de la pompe et banquet dans lequel un toast a été porté par M. le maire à M. le président de la République, à l’union des républicains et à notre brave armée du Tonkin.
Dans l’après-midi, jeux divers ; le soir, illumination de la mairie et d’un grand nombre de maisons.
Bal public jusqu’à minuit.


Chaumont-Porcien


On nous écrit :
Les fêtes du 14 juillet se sont passées dans notre commune avec leur entrain habituel et avec le calme qui sied si bien à ces réjouissances patriotiques.
Félicitons notre honorable maire qui ne sait rien négliger pour conserver à cette journée anniversaire tout l'attrait possible, malgré les ressources relativement faibles dont il peut disposer, et malgré une opposition mal contenue de la part de personnalités difficiles à contenter.
Nous avons eu retraite aux flambeaux la veille au soir, tir à la cible par la compagnie de pompiers, banquet gratuit pour ladite compagnie et banquet des conseillers municipaux et fonctionnaires, exercices militaires du bataillon scolaire, distribution solennelle des prix de tir, tombola pour les jeunes gens du bataillon, illuminations brillantes et variées, etc.
Devons-nous regretter l’abstention inexplicable apportée depuis plusieurs années à cette fête nationale par certain fonctionnaire de notre commune ? J’ai nommé M. le juge de paix du canton de Chaumont.
Voyons, M. le juge de Paix, un peu moins d’indifférence pour les fêtes officielles. Vous pouvez bien faire cela pour la République qui vous a nommé.


Remilly-les-Pothées


Nous apprenons que la subdivision des sapeurs pompiers, ainsi que M. le maire et les conseillers républicains de Remilly ont tenu à fêter le 14 juillet à leurs frais.
On ne saurait trop féliciter ces messieurs de leur patriotisme et de leur dévouement à la République.


Neufmanil


La fête nationale a pleinement réussi. Le concert donné par la musique municipale et la Chorale a été très applaudi et les membres de ces deux sociétés se sont séparés aux cris de : Vive la République !
Toutes les maisons étaient pavoisées ; et le soir les illuminations étaient splendides et le bal des plus animés.
La fête s’est doublée d’une bonne œuvre ; une collecte a été faite par un membre du Conseil municipal qui a recueilli la somme de 19 fr. 75 destinés à quatre enfants de la commune actuellement au Tonkin et dans les colonies.


Mohon


Détails complémentaires. — Comme nous l’avons dit, la fête nationale a été célébrée à Mohon avec beaucoup d’éclat. Dès la veille une magnifique retraite aux flambeaux par les trois sociétés musicales de Mohon obtenait le plus vif succès. Partout sur son passage ce n’a été que décharges, feux d’artifice, illuminations aux couleurs variées. Par moment l’aspect était réellement féérique.
Enfin, à 10 h. 1/2 du soir, la Marseillaise jouée alternativement par les deux fanfares et une sonnerie de trompes, terminaient cette joyeuse soirée.
Le 14 juillet, à deux heures, des sonneries de trompes annonçaient l’ouverture de la fête. 
Le bataillon scolaire a été très applaudi dans ses exercices de l’écolo du soldat et de l’école de section.
La gymnique par ses mouvements d’ensemble avec chant, mérite les plus sincères éloges.
La fanfare des Ateliers-Réunis et la Fanfare municipale ont brillamment exécutés les plus beaux morceaux de leur répertoire.
Les jeux ; mât de cocagne, baquet hydraulique, ont égayé tous les spectateurs.
La tombola des jeunes filles, celle du tir, la distribution de jouets aux petits enfants avaient attiré une foute considérable.
Les splendides prix du concours de tir ont été distribués à MM Poncelet, Barbaise, Sandras, Daune, Despontin, Martinet, Lahaye, Mazelot et Barbreux.
Le bal a été des plus animés, de 8 h. du soir à 2 h. du matin.
Le soir, illuminations magnifiques. Nous avons remarqué la place, la mairie, la gare et nombre de maisons particulières.
Du reste la population avait puissamment secondé la municipalité; partout des drapeaux, des lanternes, des verres.
En somme excellente journée, dont le souvenir sera longtemps agréable à tous.
Nos félicitations les plus sincères à MM. les commissaires de la fête.

Bazancourt

On nous écrit que la Fête nationale a été des plus belles dans la vallée de l’Aisne, autrefois si réactionnaire. Le programme de la commune de Bazancourt était, d’ailleurs, très varié, et la journée s’est passée sans incidents à signaler. Ceci prouve une fois de plus que les idées républicaines s’accentuent de jour en jour dans les Ardennes.

Margut

A propos de la Fête nationale, on se demande pourquoi M. le maire, qui avait autorisé à danser sur la voie publique, a cru devoir, après deux ou trois danses, retirer cette autorisation pour reléguer le bal dans une mauvaise salle basse et étroite.

Juzancourt

On nous écrit : La Fête nationale a été fêtée avec plus d’éclat que de coutume. Sans doute que les habitants ont voulu montrer à M. le maire réactionnaire que, s’il croyait faire manquer la fête par son absence et ses agissements, il manquerait entièrement son but.
On a remarqué aussi l’absence de plusieurs conseillers du même parti, celle du garde-champêtre et celle de l’instituteur, qui sait pourtant bien toucher son traitement.
On dit, et nous le répétons avec réserve, que c'est lui qui dirige la commune.
Les pompiers, voulant prendre leur drapeau à la mairie, ont trouvé les portes closes et ils l’ont vu planté sur le clocher de l’église dont on avait eu soin d’enlever les clefs.
Toutes ces mesquineries étaient bien prévues car dans la session de mai, M. le maire avait dit en plein conseil que, si cela ne dépendait que de lui, on ne ferait rien pour un gouvernement qui ruine l’agriculture. Voilà certes un singulier magistrat. Heureusement que de semblables maires sont aujourd’hui rares dans les Ardennes.

Signy-l’Abbaye

Le 13, retraite aux flambeaux magnifique par les sapeurs-pompiers, la musique et le bataillon scolaire.
Le 14, tir de boîtes, défilé, vin d'honneur, exercices du bataillon scolaire et de la gymnique, sous la direction de MM. Piquet, instituteur-adjoint et Charbonneaux.
Une quête faite au profit du bataillon scolaire a produit 40 fr. Jeux divers avec prix. Illuminations magnifiques. Bal à grand orchestre jusqu’à 2 h. du malin. Quantité de maisons étaient pavoisées et illuminées.
Comme on le voit, journée bien remplie et fête des plus brillantes.

Raucourt

La Fête nationale a été, comme ses devancières célébrée avec un entrain admirable.
Le 13, retraite aux flambeaux par la compagnie des sapeurs-pompiers, l’harmonie et la société gymnique.
Le 14, les édifices publics et la plupart des maisons étaient pavoisés. Salves d’artillerie, défilé de toutes les sociétés devant le conseil municipal et vin d’honneur à l'occasion duquel M. le maire a, dans un discours fort applaudi, rappelé la prise de la Bastille, cause de notre affranchissement et de notre liberté. Ce discours a été acclamé par les cris de : Vive la République !
L'après-midi, revue des sapeurs-pompiers dont la tenue était excellente sous tous les rapports.
Aussitôt le bataillon scolaire et la société de gymnastique ont manœuvré aux applaudissements d'une foule nombreuse. Mouvements d’ensemble, assaut de boxe, escrime à la baïonnette, etc., tout a parfaitement réussi ; les intermèdes étaient remplis par la fanfare de trompettes de la gymnique, dont nous avons constaté les progrès sérieux.
Un concert offert par la Société phiIharmonique, s’est terminé par la Marseillaise.
Un bal brillant, commencé à 8 heures du soir, n’a fini qu’à 2 heures du matin. Les illuminations étaient féériques, chacun avait voulu apporter sa petite part à l’embellissement de cette belle fête de la Liberté.

Lumes

La fête nationale a été célébrée cette année avec un éclat inaccoutumé, au grand dépit des cléricaux et de la fraction du Conseil municipal qui avait refusé de voter des fonds pour les réjouissances publiques. Devant ce refus, des habitants patriotes ont ouvert une souscription dont le montant a permis de célébrer dignement le 14 Juillet.
Le 13, des salves d’artillerie annonçaient la fête et se renouvelaient le 14, à quatre heures du matin pour continuer jusqu’à neuf heures du soir.
A trois heures, las républicains du Conseil municipal, l’adjoint en tenue officielle en tête, se sont rendus, précédés de la musique, à la mairie, où le vin d honneur a été offert à la brigade de douane, à la jeunesse et à un grand nombre de citoyens de la commune qui avaient voulu fêter ce grand jour du 14 Juillet. Pendant ce temps, la musique jouait la Marseillaise, alternant avec les chants des enfants de l’école communale, chants patriotiques, qui ont provoqué les applaudissements de la population.
A cinq heures, le bataillon scolaire a exécuté quelques mouvements de gymnastique au commandement de M. l’instituteur, qui a contribué pour une grande part à rehausser l’éclat de la fête, et que nous tenons à féliciter personnellement.
Pour terminer cette belle journée, on a distribué des gâteaux et quelques rafraîchissements aux enfants de l’école, qui ont récité quelques vers appris pour la circonstance. Le bal ouvert à sept heures sur la place de la mairie s’est prolongé jusqu’à minuit.
Pendant ce temps-là, le maire clérical ainsi que ses quatre acolytes du Conseil municipal se tenaient enfermés chez eux, reconnaissant, sans doute, que la population entière protestait contre leur façon de comprendre leur devoir au Conseil.

Vrigne-aux -Bois

On nous écrit : La Fête nationale a été célébrée avec son éclat habituel. La musique, les sapeurs-pompiers, le Bataillon scolaire et la Gymnique avaient prêté leur concours, et tous ont rivalisé de zèle pour montrer l’élan qui les animait dans cette fête patriotique.
Le Conseil municipal, en très grande majorité, auquel s'était jointe une nombreuse partie de la population, a accompagné ces divers corps aux lieux de leurs réunions et sur tous les visages on voyait peintes cette gaîté franche, cette cordialité que donne seul ce souffle de Liberté. Aussi c'est avec un grand enthousiasme que partait de tous les cœurs, ce cri sublime de : Vive la République! chaque fois que la musique exécutait cette immortelle Marseillaise.
La fête se serait passée sans incident, si ce n'était celui suscité par M. Abraham, premier adjoint, qui avait préféré aller, avec quelques tièdes, festoyer le 14 Juillet chez nos voisins les Belges, et laisser de côté ses collègues du Conseil municipal. Il a voulu, à son retour de l'étranger, promener sa personne vers le bal. Mais là, et dans la vue, insultes à l'un, épithètes mal sonnantes à l'autre. Il allait même jusqu'à insulter l'armée en la personne de quelques soldats paisibles qui se promenaient; si bien que la foule s’en mêlant, il a dû déguerpir au galop et demander abri à l’Hôtel du Commerce, où il a dû attendre assez longtemps avant de pouvoir regagner son domicile.
M. le premier adjoint, qui a été élu sur la liste républicaine, après avoir déserté sincèrement, disait-il, ce qu’il appelait la réaction, a fêté, l’an dernier, le 14 Juillet. Il a accompagné tous ses collègues républicains, il a pavoisé sa maison, il a illuminé. Mais, hélas comme on l'a déjà vu bien des fois, ses idées, ses convictions ne durent souvent ce que vivant les roses. Cette année, les républicains ne valent rien. Et cependant, c’est sur sa demande, au Conseil municipal, que, l’année dernière, fut augmentée la somme que l’on devait allouer pour fêter convenablement le 14 Juillet.
Aussi la majorité de ses électeurs verrait avec plaisir qu’il donnât sa démission d’adjoint, car, quand ou se déclare anti-républicain, et que l’on se montre si peu sérieux, on ne peut rester à la tête d’un Conseil dont la majorité ne vous est plus acquise.

Vireux -Molhain

On nous écrit : La Fête du 14 Juillet a été célébrée, dans notre commune, avec une animation sans pareille. Les habitants, emportés par un zèle, bien naturel, d’ailleurs, se sont multipliés pour pavoiser et illuminer leurs maisons.
Nous adressons nos plus vives féli​​​citations à M. Lucien Lavocat qui, malgré la somme minime qu'un Conseil municipal trop peu généreux a votée, a su organiser la fête d'une façon tout à fait exemplaire.
Nous félicitons aussi M. Colin, le chef de notre musique infatigable et patriotique, ainsi que M. Guizot, son premier piston, qui, unissant son savoir-faire à ses capacités, a su, au concert donné sur la place publique, lundi dernier, se faire remarquer par l’exécution de ses solos.

Sauville

La Fête nationale a été célébrée avec un éclat inaccoutumé. La veille, retraite aux flambeaux, fusées et feux de bengale. Le 14, la place était décorée et pavoisée. Concert par la musique et les enfants de l’école. Dans l'après-midi, concours le tir, distribution de prix, maniement du bataillon scolaire sous les ordres de M. Chardaine, instituteur.
Grand bal jusqu’à minuit.
En somme bonne et belle journée.

Thin-le-Moutier

Lundi 13, retraite aux flambeaux par la musique municipale accompagnée de M. le maire. Le 14, réunion du Conseil municipal à la mairie, vin d’honneur offert aux sapeurs-pompiers, au bataillon scolaire et à la jeunesse républicaine.
Défilé avec la musique dans le village. Jeux sur la place. Grand bal, offert par la municipalité.
La Fête nationale a eu un entrain extraordinaire.
Un fait regrettable à signaler, le cantonnier L .. avait orné son drapeau d’un bouquet de fleurs de lys et plusieurs réactionnaires portaient cet emblème à leurs chapeaux. Ces messieurs ont trouvé fort ingénieux de faire voir leur peu de patriotisme en cherchant, à plusieurs reprises, à troubler la Fête de la Nation. Ils ont d’abord,avec quelques musiciens, occupé l’orchestre malgré la défense des autorités. Pendant les jeux, sur la place, cette bande de dératés est venu bousculer les spectateurs. Un vieillard de 86 ans, qui, à leurs yeux, a le grand tort d’être sincèrement républicain, a été culbuté. Et cette insolente manifestation a continué malgré l’injonction du garde champêtre,qui n’a reçu que des injures pour toute réponse.

Flize

Fête superbe. Après des salves d’artillerie et le vin d’honneur offert à toutes les sociétés, a eu lieu le défilé.
A deux heures du soir : Tir des sapeurs-pompiers : 1er prix. M. Cosson, clairon ; 2e prix, M . Denoncin, tambour; 3e prix, M. Rister, sapeur; 4e prix. M. Mater, sous-lieutenant.
Tir du bataillon scolaire : 1er prix, Didriche, Henri ; 2e Chantelat, Lucien ; 3e, Forget, Albert; 4e Sauvage, Jules; 5e Dabe, Honoré.
A cinq heures, départ d’un ballon.
Le soir, grand bal.

Givet

Dès la veille, la ville était pavoisée de drapeaux. Retraite aux flambeaux par la 120e de ligne et les sapeurs-pompiers.
Le 14, au matin, salve de 21 coups de canon, renouvelée à midi et le soir.
A neuf heures, le 120e, l’artillerie, le bataillon du 39e, les douaniers et les forestiers défilaient devant le colonel du 120e et devant les autorités civiles.
Le soir, grand bal champêtre et illuminations splendides dans toutes les rues de la ville.

 

Lalobbe

Beaucoup d’entrain à la fête nationale. Le 13. retraite aux flambeaux par les sapeurs-pompiers, salves d’artillerie. 
Le 14, distribution aux indigents. Revue des pompiers, vin d’honneur offert par la municipalité à la jeunesse et aux sapeurs-pompiers. Banquet offert par la commune aux sapeurs-pompiers et par M. le maire à son conseil municipal. Concert sous les fenêtres de M. le maire. La Marseillaise très applaudie.
Grand bal sur la place jusqu’à une heure du matin. Tous les établissements publics étaient pavoisés et illuminés, ainsi que de nombreuses maisons particulières.
Enfin, belle et bonne journée pour la République.

 

Saulces-Monclin

La veille, distribution de pain et viande aux indigents; retraite aux flambeaux par les sapeurs-pompiers. Le jour de la fête, banquet à la mairie, où assistaient la conseil municipal, les sapeurs-pompiers et d’autres habitants.
A la suite de ce banquet, une souscription a été ouverte en faveur de nos soldats blessés au Tonkin et a produit la somme de 52 fr. 50. C’est une bonne œuvre à la louange de ceux qui l’ont organisée ou qui y ont participé.
Le soir, bal avec splendide illumination sur la place publique.

Létanne

Hier dimanche[21 juillet], a eu lieu la Fête Nationale à Létanne. Jamais ce petit village n’avait vu fête pareille. Un très grand nombre de maisons avait un drapeau, et les illuminations étaient splendides. 
Le bataillon scolaire de Beaumont a été très applaudi. Après la revue, le bal, qui a été des plus animés. La jeunesse de Beaumont qui assistait à la fête, remercie cordialement la jeunesse de Létanne du bon accueil qu'elle lui a fait. Le soir, des salves d’artillerie ont été tirées par M . Ravignau.
Le maire de Létanne, l’adjoint et quelques conseillers, ont reconduit le bataillon scolaire de Beaumont jusqu’aux portes de Létanne.
Enfin bonne journée, passée sans incident accident. On s’est quitté vers 2 heures du matin aux cris de : Vive la République !

Omont

Le conseil municipal d’Omont avait voté pour la fête du 14 juillet dernier, les fonds suivants :
1° 100 fr. pour distribution de bons aux indigents ;
2° 25 fr. pour illumination des édifices publics;
3° 40 fr. pour le bal ;
4° 35 fr. pour le banquet offert aux enfants du bataillon scolaire.  
La fête a été célébrée dignement ; à onze heures du matin, manœuvres par la compagnie des sapeurs-pompiers et exercices par le bataillon scolaire ; à midi, banquet ; à six heures du soir, bal sur la place publique.
Tous les principaux édifices et beaucoup de maisons étaient illuminées dans la soirée.

Vivier-au-Court

Le 13, retraite aux flambeaux par la musique de Vivier, les sapeurs-pompiers et le bataillon scolaire.
Le 14, réunion de ces sociétés et du conseil municipal à la mairie. Exercices de gymnastique très applaudis. Revue. Vin d’honneur offert dans la cour de l'école par M. Huet Jules, président du bataillon scolaire. A 4 heures, défié et exercices militaires très bien exécutés.
Le soir, bal jusqu’à 2 heures du matin. La place publique était brillamment illuminée, et l’orchestre avait été dressé avec beaucoup de goût.
En soirée, excellente journée pour la République.

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