... à travers le Petit Ardennais...
22 Novembre 2024
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Les Rimognats :
| 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 |
| 1 919 | 1 914 | 1 878 | 1 844 | 1 906 | 1 745 | 1 692 |
| 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
| 1 639 | 1 522 | 1 566 | 1 530 | 1 583 | 1 372 | 1 499 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 |
| 1 533 | 1 477 | 1 327 | 1 388 | 1 323 | 1 416 | 1 420 |
La Maison de l'Ardoise, musée sur le passé ardoisier de Rimogne, est installée dans les bâtiments de l'ancienne Grande Fosse et de la centrale électrique. Elle retrace en plusieurs salles ce qu'a été la vie ardoisière du village avec par exemple la salle du treuil. Différents objets, témoins de ce passé, sont présentés au visiteur : anciens outils, cartes postales, maquettes, statues. Le point d'orgue de la visite est le puits vertical de 185 mètres sur lequel a été posée une vitre, permettant ainsi de voir l'endroit par où les wagons pleins de pierre remontèrent jusqu'en 1937. Le musée est remanié, mais doit fermer en 2008. Après des négociations menées avec le directeur des ardoisières, la mairie de Rimogne parvient à racheter l'ensemble des vestiges des ardoisières pour l'euro symbolique en avril 2010. Des travaux d'aménagement sont entrepris, le carreau de l'ardoisière Saint-Quentin est défriché et embelli, la voûte est rasée pour laisser place à un belvédère, et la Maison de l'ardoise est rouverte au public.
L'église Saint-Brice construite en 1845. Cette église de style néoclassique n'a pas de cachet extérieur particulier. Elle renferme toutefois quelques curiosités. L'église est un bon témoin de l'histoire ardoisière du village. La famille Rousseau de Rimogne a offert trois vitraux ainsi que les deux grottes de part et d'autre de l'autel dont la partie plane est constituée de plaques tombales prélevées dans l'ancienne église. Une chapelle est dédiée à la patronne des ardoisiers : sainte Barbe. L'autel de la chapelle et ses vitraux sont ornés des outils des ardoisiers qui ont également offert un vitrail. Le peintre Eugène Damas a exécuté trois toiles situées dans la chapelle du Sacré-Cœur. À voir également un lutrin du xviiie siècle en forme d'aigle ainsi qu'une statue très particulière de sainte Barbe dans sa tour.
Château de l'Enclos du XIIIe siècle.
Un monument aux morts, érigé par Le Souvenir français, pour la guerre franco-allemande de 1870, sculpté par Aristide Croisy, à la mémoire des soldats morts, se situe dans le cimetière. Inauguré le 24 octobre 1904, il représente un mobile, soldat de 1870, en train de charger.
Si quelques rares monuments du souvenir ont été érigés en mémoire des combattants de 1870, 30 000 monuments sont construits dans l'entre-deux-guerres dans les différentes communes de France. Celui de Rimogne est inauguré le 7 mai 1922 par le député des Ardennes Henri Philippoteaux. Il est situé sur la place de l'église et de l'école primaire et est l’œuvre de Norbert Staquet.
Une plaque apposée sur les murs du carreau de l'exploitation Saint Quentin reprend les noms des ouvriers ardoisiers tués lors des deux conflits mondiaux. On y peut en dénombrer trente.
Il existe ou a existé plusieurs châteaux à Rimogne. Le premier d'entre eux, le château dit de l'Enclos, a été vendu en 1529. Pendant de longues années, une brasserie était établie en ses murs. C'est aujourd'hui une ferme. Il subsiste la tour du château ainsi que la grande salle.
Le deuxième château, est celui du Bois Châtelain où résidait autrefois le marquis de Bérulle et la famille Teissier, propriétaire des ardoisières, avant lui. Situé à la sortie du village, il fut brûlé en 1944 et reconstruit à l'identique. Il abrite aujourd'hui des logements gérés par Habitat08, l'office public de l'habitat des Ardennes.
Le château des Rousseau, demeure historique des propriétaires des ardoisières, est situé le long de la route nationale. Tout près se situait également la maison de Monchy, bombardée en mai 1940.
L'ardoise règne en maître dans le paysage rimognat. Là où se trouvait les anciennes fosses, se dressent encore à de nombreux endroits les verdoux. Ce sont des lieux où étaient entreposés les déchets d'exploitation, formant à certains endroits de véritables collines. Lorsque l'école maternelle actuelle a été construite, l'ancien verdoux de l'ardoisière Truffy a dû être arasé.
Une spécificité de Rimogne réside dans les murs gigantesques réalisés en ardoise qui ne tiennent que par l'empilement des différentes pièces d'ardoise qui le composent. Le plus haut de ces murs se situe rue du Mellier et plus long se situe dans la rue de la Fosse-Truffy. Si l'on regarde leur structure, on se rend compte qu'ils sont composés de deux parties disposées dans deux sens différents, permettant ainsi de soutenir les terrains. Cela permet également d'avoir pu construire sur des terrains surélevés par rapport aux rues comme c'est le cas entre le niveau de la Grande Fosse et celui de la rue de la Fosse-Truffy, ou encore entre le niveau de l'endroit où est construit le chevalement du Puits Saint Quentin et celui de la rue du Mellier.
Détail de la tombe de Sébastien Wautier.
Si l'ardoise sert à faire des murs ou à recouvrir des toits, elle a également longtemps servi à confectionner les pierres tombales. L'utilisation de l'ardoise pour confectionner des pierres tombales est une particularité que l'on trouve non seulement à Rimogne mais également dans d'autres villes ardoisières comme Fumay ou Haybes .
À Rimogne, on en trouve encore quelques exemples dans le cimetière du village. La tombe la plus singulière peut-être est celle de l'ancien directeur des ardoisières Sébastien Wautier. Sa plaque tombale est en effet gravée, reproduisant des outils comme le compas ou l'équerre. On trouve également des tombes plus modestes où une ardoise arrondie toute simple se dresse à la tête.
Chevalement de la Fosse Truffy.
Lorsque les ardoisières ont fermé, toutes les structures industrielles ont été abandonnées telles quelles, dans un premier temps, à l'état de friche industrielle. La construction la plus symbolique est le chevalement du puits Saint-Quentin construit en 1961. Cette construction métallique est l'ancien ascenseur qui permettait de descendre et de remonter les ouvriers ardoisiers de la fosse Saint-Quentin. Il avait été construit pour assurer un renouvellement du bassin ardoisier, il a cessé son activité en 197.
En 1997, la Grande Fosse est transformée en Maison de l'Ardoise, pour transmettre la mémoire de cette activité.
La baraque des fendeurs de Saint Brice, la descenderie et le treuil, le carreau de l'ardoisière Truffy, le carreau de Saint-Quentin, la descenderie de la Voûte ou les immenses murs d'ardoise de Pierka faisaient vivre le passé ardoisier. Si les bâtiments des fendeurs de Saint Quentin ont en effet été détruits par un incendie accidentel, les autres constructions ont été démolies dans les années 2010 par la municipalité.