... à travers le Petit Ardennais...
22 Novembre 2024
Les Givetois :
| 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 |
| 5 575 | 6 972 | 7 820 | 7 083 | 7 100 | 6 947 | 7 468 |
| 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
| 7 759 | 5 519 | 6 803 | 6 826 | 6 923 | 5 524 | 6 656 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2005 |
| 7 444 | 7 865 | 7 804 | 7 587 | 7 775 | 7 372 | 6 949 |
Déambulatoire du couvent des Récollectines.
Le couvent des Récollectines de Givet, entièrement rénové constitue désormais un ensemble culturel, le « centre Pierre-Tassin ». Depuis 1988, y sont ainsi accueillies en permanence une bibliothèque et une médiathèque. Ponctuellement, des expositions ou manifestations diverses y sont organisées.
Détruite par le maréchal de Créquy, en 1675, l'église Saint-Hilaire est reconstruite rapidement. En 1683, la nef et le massif antérieur sont achevés. Le chœur est construit au-dessus la rue dite depuis « de la Fausse-Porte », entre 1685 et 1702. Certains en attribuent le plan à Vauban, sans preuve.
Reconstruite de 1729 à 1732, sur les ruines de l'église détruite en 1696, l'église Notre-Dame avait elle-même été fondée sur l'emplacement d'une église médiévale dont la fondation a été attribuée à saint Hubert, évêque de Liège. Au moment de l'agrandissement de l'église, elle a été retournée, le chœur actuel était la nef. Le maître-autel vient de l'église du Collège des Jésuites de Dinant et les stalles du couvent des Dominicains de Huy.
La chapelle, rue Méhul porte une dédicace du xviie siècle mais est sûrement plus ancienne, elle est une propriété privée depuis la Révolution française. Elle est visible depuis le centre culturel Pierre-Tassin.
Dominant la ville, cette forteresse créée en 1555 et refaite par Vauban en 1696, doit son nom à l'empereur Charles Quint. Sa construction nécessitera 3 000 ouvriers auxquels s'ajouteront 20 000 fantassins et 3 000 cavaliers.
Porte de France.
La Porte de France protégeait jadis l'accès de la ville, au sud, sur la rive gauche de la Meuse, en direction de Charleville et de Rocroi. En 1862, elle fut aménagée pour le passage du chemin de fer, puis pour celui de la route (RN 51).
La chapelle de Walcourt est un ancien édifice religieux catholique du XVIIe siècle sis à Givet, en France. Reconstruite à la fin du XVIIIe siècle elle fut utilisée comme lieu de culte catholique, puis orthodoxe et protestant.
Église et chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours (les Trois Fourchettes)
La chapelle Saint-Roch du cimetière, rue de Tivoli.
Le premier bâtiment des Récollets date de 1615, mais avec la fortification de la ville sous Vauban, le bâtiment qui gênait est détruit pour être relocalisé plus au centre de la ville fortifiée. Construit sur un plan en carré avec une cour centrale entre 1783 et 85. Réquisitionné par l'armée lors de la Révolution française, il garde cette fonction jusqu'en 1920. Cette occupation a grandement modifié les bâtiments conventuels. La chapelle restant la partie la mieux conservée, elle sert actuellement pour des événements culturels. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 2006.
L'abbaye Notre-Dame de Félixpré ou Félipré est une abbaye cistercienne située dans le pays de Fromelennes près de Givet, dans les Ardennes française, soumise a la juridiction spirituelle des évêques de Liège.
Un barrage à aiguilles a été construit en 1875, au moment de la canalisation de la Meuse, pour en réguler le niveau.
À la suite de l'inondation de 1995 qui, après la rupture de la digue sur 2,5 km de long, a vu les quartiers de la ville envahis, décision a été prise de reconstruire le barrage. Le 26 octobre 2006 est posée la première pierre du nouveau barrage à vannes-clapets. L'ouvrage a été terminé en 2008.
L'Office du tourisme à Givet.
Le roman « Chez les Flamands », écrit et publié par Georges Simenon en 1932, se déroule intégralement à Givet. La Meuse y joue un rôle central. Le statut de « ville-frontière » de cette commune est au cœur du récit, marqué par les difficultés d'une famille d'origine étrangère dans une ville de province.
Victor Hugo dans une lettre à un ami le 1er août 1842 décrivait Givet comme suit :
« C’est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière, située sur les deux rives de la Meuse, qui la divise en grand et petit Givet, au pied d’une haute et belle muraille de rochers dont les lignes géométriques du fort de Charlemont gâtent un peu le sommet. L’auberge qu’on appelle l’hôtel du Mont-dOrNote 5, y est fort bonne, quoiqu’elle soit unique et qu’elle puisse par conséquent loger les passants n’importe comment, et leur faire manger n’importe quoi.
- Le clocher du petit Givet est une simple aiguille d’ardoise ; quant au clocher du grand Givet, il est d’une architecture plus compliquée et plus savante. Voici évidemment comment l’inventeur l’a composé. Le brave architecte a pris un bonnet carré de prêtre ou d'avocat. Sur ce bonnet carré, il a échafaudé un saladier renversé; sur le fond de ce saladier devenu plate-forme, il a posé un sucrier, sur le sucrier, une bouteille, sur la bouteille, un soleil emmanché dans le goulot par le rayon inférieur vertical ; et, enfin, sur le soleil, un coq embroché dans le rayon vertical supérieur. En supposant qu'il ait mis un jour à trouver chacune de ces idées, il se sera reposé le septième jour.
- Cet artiste devait être flamand.
- Depuis deux siècles environ, les architectes flamands se sont imaginé que rien n’était plus beau que des pièces de vaisselles et des ustensiles de cuisine élevés à des proportions gigantesques et titaniques. Aussi quand on leur a donné des clochers à bâtir, ils ont vaillamment saisi l’occasion et se sont mis à coiffer leurs villes d’une foule de cruches colossales.
La vue de Givet n’en est pas moins charmante, surtout quand on s’arrête, vers le soir, comme je l’ai fait, au milieu du pont, et qu’on regarde au midi. La nuit, qui est le plus grand des caches-sottises, commençait à voiler le contour absurde du clocher. Des fumées suintaient de tous les toits. À ma gauche, j’entendais frémir avec une douceur infinie de grands ormes au-dessus desquels la clarté vespérale faisait vivement saillir une grosse tour du xie siècle qui domine à mi-côte le petit Givet. À ma droite, une autre vieille tour, à faîtage conique, mi-partie de pierres et de briques, se reflétait tout entière dans la Meuse, miroir éclatant et métallique qui traversait tout ce sombre paysage. Plus loin, au pied de la redoutable roche de Charlemont, je distinguais, comme une ligne blanchâtre, ce long édifice que j’avais vu la veille en entrant et qui est tout simplement une caserne inhabitéeNote 6. Au-dessus du clocher, surgissant à pic une immense paroi de rochers qui se prolongeait à perte de vue jusqu’aux montagnes de l’horizon et enfermait le regard comme dans un cirque. Tout au fond, dans un ciel d’un vert clair, le croissant de lune descendait lentement vers la terre, si fin, si pur et si délié, qu’on eût dit que Dieu nous laissait entrevoir la moitié de son anneau d’or. […] »
De son côté, Octave Mirbeau évoque ainsi la forteresse de Givet, dans La 628-E8 (1907) :
« Quelle folle terreur ont donc su nous inspirer les Belges, que Givet soit une telle forteresse ? La ville disparaît presque sous l'accumulation des défenses militaires… Forts tapis au haut des pics, terrasses armées, enceintes bastionnées, casemates blindées, fossés remplis d'eau, pont-levis, mâchicoulis, échauguettes (lire "guérite en pierre" car les échauguettes sont dans les châteaux-forts médiévaux), demi-lunes, chemins de ronde, tout ce qu'inventa, pour la sécurité des frontières, la science ancienne et moderne de la fortification, Givet en est pourvu… Par les poternes et les chemins couverts, on s'attend à voir, tout d'un coup, débusquer des hommes d'armes, bardés de fer… Ah ! les Belges doivent être fiers d'être Belges, en regardant Givet… Ils savent ainsi tout ce que leur puissance militaire a de redoutable… J'imagine aisément que Givet soit, pour eux, la meilleure école où se fortifie leur arrogance nationale. Le dimanche, les pères doivent conduire leurs enfants à Givet, et je les entends qui leur disent :
- — Voyez, comme nous faisons trembler le monde !
- De son côté, un officier français, devant qui je m'étonnais de ce luxe guerrier, m'a expliqué ceci :
- — Il ne faut plus, au cours des luttes futures, qu'on puisse encore s'écrier : “Ah ! voici les Belges. Nous sommes foutus !”
- Et que de casernes !… Quelles immenses esplanades pour l'évolution des troupes!... Que de soldats !
J'ai vu défiler des bataillons et des bataillons d'infanterie. En tenue de campagne et clairon sonnant, sans doute ils revenaient d'une reconnaissance, peut-être d'un combat. Et j'ai admiré leur allure martiale, leur souple entraînement… Nous sommes bien gardés, allez !… Tout me fait croire aujourd'hui que, devant un tel déploiement de forces, un tel hérissement de défenses, l'armée belge nous laissera tranquilles, désormais… »
Aire de la langue wallonne en Wallonie et en France.
Givet a constitué avant 1914 l'un des trois territoires « wallons » (de langue wallonne) hors de la Wallonie « belge », avec Doncols et Sonlez (la Wallonie Grand-Ducale qui s'est presque éteinte), et la Wallonie prussienne (ou Wallonie malmédienne). Même si les habitants de la Botte de Givet ne parlent plus beaucoup le wallon, des traces en demeurent : à Dinant on dit « Vive Djivet pol'peket » et à Givet on dit de soi-même « Bramin d'pîres min pon d'kaûres » (beaucoup de pierres mais pas d'argent), allusion aux rocs et versants abrupts de la vallée où se nichent toujours les garnisons militaires. Jules Michelet a écrit dans son Histoire de France qu'il était de ce pays par sa mère (de Revin exactement), et qu'il a mis dans la description de la Wallonie qu'il insère dans cette histoire un « intérêt de famille. » Dans la préface à cette Histoire écrite après coup, en 1871, il écrit à propos de Dinant et de Liège : « Ces pauvres Frances perdues dans les Ardennes entre des peuples hostiles et des langues opposées, m'émouvaient fort ».
Le journal L'Ardennais doit toujours publier sur la locale de Vireux le petit entrefilet « Kè disse à Vireux ».
On est ici dans le pays d'André Dhôtel, de Rimbaud et également, d'Arthur Masson, de Jean-Claude Pirotte, des Quatre fils Aymon, de Michelet déjà cité, de Méhul (que Michelet considère comme wallon, en raison de son obstination à définir la Wallonie par la musique).
Le secteur est connue des naturalistes au moins depuis le xixe siècle pour sa richesse géologique, mais aussi floristique. Pour protéger ce patrimoine qui se dégradait, l'association « La Valenne » a sollicité le classement en réserve naturelle nationale des milieux naturels les plus remarquables du site dit la pointe de Givet en 1990. La procédure de classement a abouti neuf ans plus tard en 1999, et les gestionnaires (ONF et CENCA) désignés en 2000.
Givet a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011.