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Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

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Haybes

 

Les Haybois : 

1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 989 2 097 2 107 1 981 2 021 2 099 2 145
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 216 1 600 2 267 2 243 2 029 1 921 2 186
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
2 317 2 150 2 081 2 096 2 071 2 092 2 078

 

Au XIXe siècle, l'histoire de la commune est essentiellement marquée par l'essor économique et la modernisation des axes de communication. En 1840, le gué séparant Haybes à Fumay est remplacé par un pont, lequel est détruit aux deux Guerres Mondiales. En 1852, débutent les travaux d'aménagement de la route menant de Haybes à Hargnies, l'actuelle route départementale n° 7. En 1878, débute la construction des écoles, l'ouverture d'une poste en 1879. Un nouvel hôtel de ville est inauguré en 1883.

La Grand rue de Haybes avant la 1ère guerre mondiale La Grand rue de Haybes avant la 1ère guerre mondiale

 Première guerre mondiale

En août 1914 Haybes est entièrement détruite par l'armée allemande et une partie de la population massacrée. L'avance allemande s'est, en effet, accompagnée d'exactions nombreuses contre les populations civiles, notamment à Dinant, en Belgique. Haybes marque la fin de ces violences. Haybes, comme l'ensemble des Ardennes, est occupée durant quatre ans.

Entre-deux-guerres

Le Président de la République française, Raymond Poincaré, se rend à Haybes, encore dévasté, un an après la fin de la Première Guerre mondiale, en décembre 1919. La mairie ayant été détruite, il est reçu dans un baraquement faisant office de mairie provisoire. La reconstruction du bourg débute dès 1919. Le nouvel hôtel de ville, situé à l'emplacement de l'ancienne église, est construit en 1923, la nouvelle église en 1927. La coopérative de reconstruction, constituée pour se faire, est dissoute en 1933.

Cette reconstruction a favorisé, comme à Fumay, une reprise d'activité rapide des ardoisières. La Nouvelle Espérance se dote, sous l'impulsion de son directeur, M. Devauchelle, d'équipements destinés à favoriser la vie des ouvriers et de leur propre société de secours. Mais la crise économique vient briser ces démarches paternalistes, entraînant la disparition de nombreux emplois.

Seconde Guerre mondiale et suite

En 1952, des effondrements souterrains conduisent à la fermeture de la dernière exploitation ardoisière de la commune : Belle Rose, site qu'occupe ensuite une importante scierie.

Économie

La principale activité économique sur Haybes a été pendant plusieurs siècles et jusque la moitié du xxe siècle l'extraction d'ardoises. Cette activité reste plus longtemps artisanale qu'à Fumay. Fumay appartenait au XIIe siècle à une abbaye, très entrepreneuse en ce domaine, et Haybes à des seigneurs laïques. Les premières véritables fosses ne sont ouvertes qu'à la fin du XVIe siècle : Folemprise, Fosse de l'Isle puis La Providence, Belle Joyeuse et Liéméry.

Lieux et monuments
La ville

Du fait de sa destruction quasi-totale en 1914 et de sa reconstruction sitôt après la guerre la ville de Haybes présente une unité architecturale témoin des années 1920, œuvre de plusieurs architectes locaux dont Joseph Bigot, architecte à Fumay.

 

 L'église

Amené à reconstruire le village anéanti durant la Première Guerre mondiale, les édiles ont reconstruit un nouvel hôtel de ville à l'emplacement de l'ancienne église, et une église a été rebâtie à l'extrémité de la rue principale, baptisée plus récemment rue André Cunin, à l'intersection entre cette rue et la rue du Rivage menant à la Meuse. De l'ancienne église subsistent quelques statues dont les statues des deux saints patrons de la paroisse, saint Pierre et saint Paul, installées de part et d'autre du chœur du nouvel édifice. Celui-ci a été construit dans un style d'inspiration médiévale et selon un plan classique de croix latine.

Différentes natures de pierre ont été utilisées, la pierre de Fépin gris-bleuté pour le gros-œuvre, la pierre blanche de Romery pour souligner les baies et les porches, la pierre tout aussi pâle mais moins tendre de Lérouville pour les corniches et les appuis de fenêtres, et la pierre bleue de Givet pour les soubassements et les marches.

La façade est à trois niveaux, avec un porche inscrit dans un fronton triangulaire et surmonté d'une rose. Le clocher est coiffé d'ardoises, avec une élévation posée sur deux casquettes octogonales. L'entrée est dominée par la tribune de l'orgue. La nef centrale s'ouvre avec des arcs en plein cintre sur les bas-côtés, et trois niveaux d'élévation comme dans une église romane. Les vitraux sont d'André Lemoine, peintre-verrier de Nancy (mort en 1962). Ce bâtiment a été inauguré en 1927.

Le monument aux morts

 

Le monument aux morts a été inauguré en octobre 1926 : un arc de triomphe réalisé en pierre blanche, et portant la liste des victimes de la commune, encadre, par ses extrémités semi-circulaires, une scène centrale sous forme allégorique. Des personnages, réalisés en fonte bronzée, se meuvent sur un fragment du globe représentant la France. La scène symbolise, sous les traits d'un adolescent, la victoire de la culture, de l'humanisme et des droits humains sur la barbarie (et non pas, comme dans un grand nombre de monuments aux morts édifiés dans l'entre-deux-guerres, une victoire militaire symbolisée par exemple par un poilu, un casque ou un obus). Cet adolescent porte, dans son bras gauche un ensemble de livres représentant le Droit et la Science et brandit, de la main droite, le flambeau de la liberté. Protégé par un lion, il marche sous l'aile de la Victoire qui le guide dans sa route.

L'ensemble repose sur un socle de pierre bleue, le calcaire de Givet, sur lequel sont fixées trois plaques, également en bronze. La première représente la Grande Rue du bourg en flammes après les exactions commises par l'ennemi. La seconde, plus allégorique, montre la Patrie s'inclinant devant une tombe. La dernière plaque, quant à elle, montre une section de mitrailleurs placés en rive gauche du fleuve et regardant en direction de Haybes. L'œuvre est signée de l'architecte et sculpteur Louis Rauner.

 

 Le domaine de Moraypré

Le domaine de Moraypré, propriété d'un institut médical éducatif, est un ancien domaine comprenant une ancienne entreprise de tannerie et une maison de maître construite en 1870. Propriété du roi des Belges, le site accueillit, dans les années 1900, de nombreux artistes et fit fonction, durant la Seconde Guerre mondiale, d'hôpital militaire allemand.

Dans l'ancien parc de la propriété, on peut encore observer un étang ainsi qu'un moulin restauré servant d'hébergement de groupes pour le CLIP (centre de loisirs et d'initiation permanent) installé également à proximité.

Le parc de Moraypré abrite également, mais enterré pour des questions de conservation et de sécurité, un ancien haut-fourneau daté du xvie siècle et classé aux Monuments Historiques.

Points de vue

Deux points de vue situés sur le territoire communal, en dehors du bourg, permettent d'examiner l'environnement de Haybes.

En partant du bourg, par la rue de la cense puis la rue de Madame de Cormont, et en poursuivant, cette route de Mohron emprunte la vallée du ruisseau de même nom et mène au plateau de Hargnies, via La Croix Gilet à 490 mètres d'altitude et la D 989. Ce chemin dessert la Roche de Madame de Cormont, et le point de vue de la Platale, qui dispose d'une vue intéressante sur la boucle de Fumay.

En venant cette fois de Hargnies vers Haybes, via l'autre chemin, la D 7, un détour par la Roche de Hérée permet d'arriver au point de vue dit de la Roche à Fépin. Ce deuxième point de vue offre cette fois sur l'entaille faite par le fleuve dans le massif, sur l'île et l'écluse de Fépin tout en bas et sur les toitures de Haybes, un peu plus loin.

 Sites et légendes
La Roche de Madame de Cormont

Madame de Cormont est une personnalité de Haybes ayant vécu à cheval sur les 17e et 18e siècles. Les de Cormont, gros propriétaires fonciers, demeuraient dans un château, aujourd'hui disparu, situé sur les hauteurs du bourg. Un matin, le sire de Cormont, contrairement à ses habitudes, proposa à sa femme une chevauchée dans les bois. Mais, à peine passait-il sous la porte cochère du château qu'il éperonna le cheval qui les emmenait, faisant bondir l'animal. Madame de Cormont, qui n'eut pas le temps de s'abaisser, frappa violemment les poutres métalliques de la poterne et tomba. Son mari, quant à lui, disparut. Madame de Cormont revint à la vie grâce aux soins prodigués par les habitants. Aussi, lorsqu'elle décéda, en 1729, elle légua son or aux pauvres de la commune et ses terres aux moines Jéroministes de Fumay. Ces derniers lui érigèrent, en forêt, une chapelle sur le sentier appelé aujourd'hui sentier de Cormont. L'édifice fut brûlé à la Révolution. La légende raconte que, « pendant l'incendie se grava sur un rocher, faisant face à chapelle, la figure de madame de Cormont qui protestait ainsi, contre cet odieux vandalisme »

La pierre Saint-Martin

La légende raconte qu'on demanda à saint Martin, passant par Haybes, de se rendre à Charleville pour aller chercher des bouteilles et des noix. Au retour, un violent orage le frappa sur les hauteurs du village, éparpillant et détruisant les marchandises. Voyant là un avertissement de la puissance céleste, saint Martin tomba à genoux sur une pierre et pleura sept années durant. Aujourd'hui, on peut encore voir, sur cette pierre, l'empreinte faite par les genoux et les coudes du saint, et aussi la petite cavité creusée par ses larmes qui, nuit et jour pendant ces sept années, ne cessèrent de couler.

 Personnalités liées à la commune

 Buste funéraire de Louis Adolphe Hamaide, cimetière de Haybes.

  • Marie-Louise Dromart, (1880- 1937), née Grès, auteur de poésie, y est née.
  • Louis Adolphe Hamaide (1833-1905), médecin, y est né. Il est un des premiers médecins français à avoir étudié les symptômes de la maladie des ardoisiers, que le docteur Debieuvre appellera, dans sa thèse soutenue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la schistose (forme de silicose).
  • Gabriel Toussaint (1870-1957), industriel, fondateur de la fonderie La Fagne.
  • Philippe Etchebest (1966-), animateur de Top Chef y a passé une grande partie de son enfance.
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