... à travers le Petit Ardennais...
4 Octobre 2020
Sous ce titre général, nous donnons les renseignements les plus recents qui nous arrivent de Paris sur la mort de Victor Hugo, ainsi
que divers détails à propos de cette mort. Commençons par la description de :
LA CHAMBRE MORTUAIRE
Victor Hugo est toujours dans la chambre du premier étage, où il a rendu le dernier soupir.
Il a le visage calme et aucune contraction nerveuse ne s’est produite sur sa figure.
La petite chambre est pleine de fleurs.
Au pied du lit, M. Léopold Hugo a placé une petite couronne de bronze, qui appartenait au père de Victor Hugo, le général de division Léopold-Sigisbert Hugo.
Mmes Ménard-Dorian et Lockroy sont restées près du corps toute la matinée et une partie de la nuit.
Le portrait de Victor Hugo sur son lit de mort a été fait avant-hier dans l'après-midi : en buste par M. Dalou, en peinture par M. Bonnat, en dessin par M. Léon Glaize.
Hier matin, Victor Hugo a été photographié par Nadar et Etienne Carjat.
LE TESTAMENT DE VICTOR HUGO
Extrêmement volumineux, ce testament a été soumis, pour la partie juridique, aux avocats Crémieux et Hébert. Il renferme une partie qui est une sorte de programme littéraire et philosophique, la plupart des exécuteurs testamentaires désignés dans ce document sont morts aujourd’hui. L’un d’eux était Jules Favre.
Une clause du testament réserve la publication des œuvres de Victor Hugo ; cette clause porte que les œuvres théâtrales seront confiées à M. Paul Meurice et les autres à M. Vacquerie.
C’est M. Paul Meurice qui sera chargé de collationner les manuscrits renfermés dans un pavillon (dit la Tour du Nordi de Hauteville-
House, à Gernesey.
La fortune de Victor Hugo s’élève à cinq millions six cent mille francs, savoir :
Quatre millions en Consolidés anglais et titres de la Rente française, déposés a la maison Rothschild ;
Quatre-vingt mille francs de rente, représentés par des actions de la Banque nationale de Belgique.
Sur l’argent de la succession, une somme de un million sera consacrée à la fondation d’une œuvre charitable, l’Asile Victor Hugo, destiné à recueillir les enfants abandonnés.
Les actions du Rappel sont, en grande partie, la propriété des enfants de Charles Hugo, dont la tutelle appartenait au poète ; cette tutelle passant, aujourd’hui, entre les mains de M. Lockroy, ce dernier va avoir la jouissance de la plus grande partie des actions du Rappel.
Une somme annuelle de douze mille francs sera consacrée à l’entretien de l’orphelinat de Guernesey.
Des legs sont faits à M. Léopold Hugo, neveu du défunt ; à la Société des auteurs dramatiques, à la Société des gens de Lettres.
Le poète laisse cent mille francs aux pauvres de Paris et vingt-cinq mille francs à la Compagnie des omnibus, pour gratifications annuelles aux cochers et aux conducteurs de la ligne Passy-Bourse.
L’habitation de Guernesey est attribuée à la petits Jeanne Hugo.