... à travers le Petit Ardennais...
27 Novembre 2019
Défense de chanter. — On nous écrit : « Dimanche dernier, dans la soirée, plusieurs jeunes gens se trouvaient réunis dans le débit de boissons de M . Jacquier-Cartel, et chantaient quelques chansons patriotique. Il n’y avait, on en conviendra, aucun mal à cela. Personne ne s’en plaignait, le chant ne dégénérait nullement en tapage et, somme toute, aucune loi ne défend de chanter. Tel ne fut pas, cependant, l’avis du curé de l’endroit qui, après s’être blotti sous les fenêtres de l’auberge, afin de se rendre un compte exact de ce qui se passait à l'intérieur, retourna pendant quelques instant» dans son jardin et, au premier coup de la cloche de retraite, vint frapper violemment à la porte du débit. L ’un des jeunes gens, croyant à une farce, ouvrit la porte et s’écria en voyant le visiteur : « Tiens ! C'est M. le curé ». Et pour faire une niche à celui qui venait les trouver, la compagnie fit semblant d’avoir peur et se sauva en riant. Cela ne faisait pas le compte de l’irascible ecclésiastique qui, ouvrant la porte avec violence, faillit renverser la maîtresse de la maison qui s’apprêtait à la fermer à clef. Une fois dans la salle, M. le curé qui, entre parenthèses, avait à la bouche une pipe de gros calibre, adressa à Mme Jacquier une virulente semonce aussi ridicule que déplacée. Mme Jacquier s’étant bornée à répondre que, le maire de la commune se trouvant dans une pièce a côté, c’était à lui que l’abbé devait adresser ses observations, celui-ci riposta grossièrement : « Le maire! en voilà encore un propre! » puis, pénétrant dans la pièce qui lui était désignée et où se trouvaient, en effet, le maire et M. Jacquier, il dit à ce dernier cet étrange discours : « C’est ignoble ce que vous faites là ! Vous laissez chanter chez vous des chansons malhonnêtes. Votre logis est pire qu’une maison de tolérance. Vous vous en repentirez et vous me » paierez cela! » Retournant alors dans l’autre pièce où Mme Jacquier s’occupait à éteindre les lampes, il lui mit le poing sous le nez et l'apostropha une seconde fois un ces termes : « Vous serez punie, Madame, comme vous le méritez. Vous aurez à répondre devant Dieu, des orgies qui se font chez vous ! » La pauvre femme, se hâta de quitter la place toute tremblante en présence de cet accès de fureur. Eh bien! qu’en dites-vous? Voilà-t-pas un ministre de paix et de charité, bien tolérant et bien aimable. Ah ! si, au lieu de la Marseillaise, l’on eut braillé : Sauvez Rome et la France, nul doute qu'il n’eut payé un petit verre à tout le monde. Mais la Marseillaise, songez donc ! l’hymne national d'un gouvernement qui se permet de payer M. le curé des appointements respectables avec une régularité parfaite ! Quel crime abominable ! Et maintenant une simple réflexion. M. le curé, au lieu de se mêler de ce qui se passe dans les maisons d’autrui ne ferait-il pas beaucoup mieux de tourner ses yeux du côté d’Auvillers-les-Forges, paroisse qu’il occupait avant de venir ici. Il paraît qu’une personne pieuse de ce pays lui rend de fréquentes visites sans doute pour conférer avec lui du fameux procès qu’il a perdu. »
Accident mortel. — Le 13 juillet, M. Chardains Nicolas, cultivateur, conduisait une voiture de fumier, lorsqu’il a été atteint violemment par son véhicule. II expirait deux heures après.