... à travers le Petit Ardennais...
14 Novembre 2019
Fête militaire au profit des blessés du Tonkin. — Dans une réunion tenue avant-hier (29 avril), MM. les officiers de la réserve et de l’armée territoriale, ont décidé de fixer le bal qu’ils se proposent de donner au profit des Blessés du Tonkin, au samedi 6 juin. Ce bal aura lieu au théâtre de Charleville. La fête est placée, sous le haut patronage de M. le général de brigade Mathelin.
Les obsèques du général Noizet. — Hier matin, à dix heures et demie, une foule considérable conduisait à sa dernière demeure M. Noizet, général de division en retraite.
Dès 9 heures et demie, les deux bataillons du 91e qui devaient rendre au défunt les honneurs militaires recevaient, sur le cours d'Orléans, le Drapeau du régiment portant un crêpe au sommet de la hampe. Ensuite ils se rendaient, sous les ordres de leur colonel, M. Cœuret de Saint Georges, au domicile mortuaire.
Le cortège était tellement considérable qu’il pouvait à peine sa développer pour gagner la place de l’Eglise où stationnait une foule de curieux.
En tête, après les sapeurs, les tambours, les clairons et la musique, qui jouait tout long du parcours différentes marches funèbres, marchaient le colonel et plusieurs officiers à cheval, suivis d’un bataillon d’hommes de troupes, l'arme sur l’épaule, puis le Drapeau en deuil. Ensuite venait le cercueil, recouvert de l’uniforme et des décorations du défunt, puis le cortège sur les côtés duquel marchaient deux files de soldats, l’arme basse, formant la haie, et dont la marche était fermée par le second bataillon.
Les coins du poële étaient tenus par MM. Colle, contrôleur général de la Compagnie de l’Est; Grillion, inspecteur principal de la même Compagnie; Hénon, ingénieur en chef de l'Est; le général Mathelin; Marchot, capitaine d’artillerie, et Vuilmet, capitaine du génie.
Derrière le cercueil nous avons remarqué une énorme couronne on fleurs naturelles portée par deux employés de la compagnie de l'Est; tout le corps des officiers de la garnison ; M. Loyer, commandant de gendarmerie; M. Chauderon, capitaine ; MM. les officiers et sous-officiers des sapeurs pompiers de Charleville et de Mézières, et un grand nombre d’empIoyés du chemin de fer de l'Est, dont M. Noizet avait été longtemps l’administrateur. Ensuite le deuil conduit par M. Noizet, neveu du défunt, et M. Descharmes, avocat. Derrière la famille venaient des représentants de la préfecture en uniforme et les amis du défunt.
Sur la tombe, M. le général Mathelin a, en fort bons termes, donné la vie militaire du général Noizet en exemple à tous les officiers. Il a rappelé que le défunt avait entendu le bruit du canon de Jemmapes, Fleurus et Waterloo.
Il a dit combien les relations étaient courtoises avec le général et sa famille, « on sortait de sa maison toujours meilleur, » a-t-il ajouté.
Enfin, en son nom et au nom de l’armée toute entière, il a adressé un dernier adieu au brave soldat décédé presque centenaire. Après cette touchante allocution la foule s'est retirée profondément émue.
Accident. — Hier matin, jeudi (30 avril), à onze heures, trois ouvriers travaillant à la construction du groupe scolaire, essayèrent de soulever une grosse pierre de taille qui se trouvait sur un échafaudage, mais cet échafaudage basculant les trois ouvriers furent lancés sur le pavé d’une hauteur de 8 mètres.
Les docteurs Toussaint, de Charleville, et Amstein ont donné les premiers soins aux blessés, qu'on reconduit ensuite chacun à son domicile respectif. Gillet a eu le poignet droit fracturé et gauche fortement contusionné. Dehut, âgé de dix-huit ans, a eu une contusion à la tête, et le troisième, nommé Lesedet, plus heureux, en a été quitte sans blessures.
Concours à la carabine Flobert, qui a eu lieu à l’occasion des fêtes de Pâques, Place Ducale, à Charleville : La série de cinq balles ; cinquante centimes.— Le maximum des points est de 25. — Le même tireur ne peut posséder qu’un seul prix. 1er prix, M. Ed. Gady, marchand tailleur Charleville, 12 cartons de 25 points : Une carabine Flobert rayée extracteur 6 m^m. — 2e, M XX ..., à Sapogne-Fouchères, 8 cartons de 25. — 3e, M . Ernest Deloche, négociant à Charleville 7 cartons de 25 : Six jolis couverts de table. — 4e, M. X ..., à Etion, 2 cartons de 25: Un révolver anglais rayé 7 mm, — 5', M. de Jouffroy, lieu tenant dos douanes, à Lonny Renwez, 1 carton de 25 et 5 cartons de 24 : Six jolis couteaux de table argentés. — 6e, M , Maurice Clairdent, engagé conditionnel au 1er d’artillerie à Douai, 1 carton de 25 et 2 cartons de 24 : Six couverts café en ruolz - 7e, M. Eugène Sarazin, CharIeville-, 1 canon de 25 et 1 carton de 24. — 8e, M. Ch Juppin. marchand lampiste à Charleville, 1 carton de 25 et 5 cartons de 23. 112 cartons dans le point de 24.
Le concours aura lieu, dimanche prochain à Sedan. Place d’Alsace-Lorraine, les dimanches 3, lundi 4. mardi 5 et mercredi 6. Les prix seront distribués le mercredi, à 5 heures du soir. Le Directeur, Arthur Lécluse.
Le « Sanglier . » — Nous avons assisté, jeudi soir, au concert que la fanfare de trompes, le Sanglier, donnait au square de la Gare. Malgré l’attrait du programme, et probablement à cause de l’incertitude du temps, trop peu d'auditeurs s'étaient rendus à l’invitation do notre jeune fanfare. Tous les morceaux ont été exécutés avec une justesse et un ensemble parfaits et l'on ne saurait trop féliciter les membres du Sanglier des réels progrès qu'ils ont réalisés si rapidement. Espérons qu'ils renouvelleront souvent des intéressants concerts.
Couronne funéraire. — Dans notre compte-rendu des obsèques d« M. le général de division Noizet, nous avons dit qu’une énorme couronne en fleurs naturelles était portée derrière le cercueil par deux employés de la Compagnie de l'Est. Nous apprenons à l'instant que cette couronne avait été offerte par M. Magin, jardinier de M. Noizet, et était portée par lui et par M. Gouget, père. Nous nous empressons de réparer notre erreur.
Concerts. — Aujourd’hui (2 mai) et demain (3 mai), au Café de la Promenade, grand concert vocal et instrumental, donné par une troupe d’artistes de Pans, sous la direction de Mlle Aimée, avec le concours de M. Ansaldi , baryton des principaux concerts de Bordeaux. Une quête sera faite au profit du Sou des écoles laïques.
Bataillon scolaire. — On nous prie d’insérer la lettre suivante qui a, été adressée particulièrement aux parents des enfants du Bataillon scolaire :
« Le Comité des bataillons scolaires des Ardennes dans une de ses réunions précédentes a pris la décision de faire recevoir cette année par autorité supérieure le bataillon scolaire de Charleville. Ce bataillon se composera de deux compagnies de Charleville et Warcq réunies, d’une compagnie formée avec Mohon et Villers-Semeuse et enfin de la compagnie de Vivier-au-Court.
» Pour atteindre ce but et mériter le drapeau accordé par le ministère, et que nous voudrions voir figurer à la revue du quatorze, juillet, nous engageons vivement les chefs de famille à envoyer assidûment les enfants du bataillon aux exercices partiels et aux réunions des quatre compagnies qui ont lieu régulièrement les jeudis et dimanches.
» Dans l’espoir que notre appel sera entendu.
» Recevez, Monsieur, nos salutations empressées
» Pour le comité : Le directeur du bataillon,
» DUPONT . »
En présence du but poursuivi par le Comité du bataillon scolaire, nous ne saurions trop engager les jeunes élèves qui en font partie à assister régulièrement aux exercices préparatoires, et les parents à y tenir la main. A titre de renseignement nous donnons un extrait de la circulaire ministérielle concernant la concession de drapeaux en date du 16 avril 1883 :
« Monsieur le Préfet, l'art. 4 du décret du fi juillet 1882 relatif à l’instruction militaire et à la création des bataillons scolaires dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, porte que « tout bataillon scolaire recevra du ministre de l’instruction publique un drapeau spécial qui sera déposé chaque année dans celle des écoles dont les enfants auront obtenu au cours de l’année les meilleures notes d’inspection militaire.
« J'estime, Monsieur le Préfet, que l’envoi du drapeau de la France, fait au nom du chef de l’Etat à un bataillon Scolaire, doit être, pour les élèves qui le composent, le plus précieux des encouragements et une marque d’honneur dont ils ne sauraient trop chercher à se rendre dignes. Je n’en vois pas pour moi de plus hautes. »
Nous espérons que ces dernières paroles seront plus que suffisantes pour réveiller l’ardeur de nos élèves et que nous les verrons au complet travailler à mériter l’insigne honneur de posséder un drapeau officiel.
Théâtre. — Dimanche : Mignon, opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, musique d’Ambroise Thomas ; Brouillés depuis Wagram, comédie en un acte. — Bureaux à 7 h 1/2. Rideaux à 8 h. — Lundi 4, par la troupe de M. Talbot , sociétaire de la Comédie-Française : Le Bourgeois gentilhomme, de Molière ; Le Philosophe sans le savoir, de Sedaine .
Chambre syndicale des ouvriers brossiers. — Réunion générale extraordinaire, jeudi prochain, 7 mai, à huit heures du soir, au Chalet.
Ordre du jour. — Les incidents de Bogny-Château-Regnault.
Les Chambres syndicales de la région sont instamment priées de s’y faire représenter.
Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes. — Réunion générale extraordinaire, le 14 mai, jour de l’Ascension, à deux heures après midi, au Châlet. Les Chambres syndicales de la région sont instamment priées de s’y faire représenter.
Objet trouvé. — Mme Maillard, femme du brigadier à pied de la gendarmerie de Charleville, a trouvé, hier, place Ducale, un porte-monnaie. Le réclamer à Mme Maillard, à la gendarmerie, route de la Gravière.
LA SOIRÉE THÉATRALE. — Chorale des « Enfants de Chevé ». — Concert très réussi donné samedi soir par cette Société dont les progrès sont grandissants de jour en jour et sont d'autant plus méritoires que Les Enfants de Chevé sont des ouvriers qui consacrent à l'étude de la musique le repos du soir qu’ils ont si vaillamment gagné par leur journée de travail.
Pas une seule place laissée vacante, et les spectateurs n’ont eu qu’à se louer de l’organisation de la soirée. Aussi n'ont-ils pas marchandé leurs applaudissements, d’abord aux Enfants de Chevé qui ont vaillamment et avec un ensemble et une justesse irréprochable, enlevé les trois chœurs : Sur les Remparts, Le Martyr aux arènes, La Noce au village ; puis à la Société philharmonique qui a remarquablement interprété la marche de Gouvy et l’Ouverture de Jean de Paris.
M. Tourroude, musicien au régiment et bien connu dans les deux villes, avec son Air varié, pour hautbois, et Wibier, avec sa Fantaisie sur Lucie, pour violoncelle, ont obtenu le plus vif succès, ainsi que M. Challemel, arec ses scènes d’imitation parfaitement rendues et ses chansonnettes très drôlement dites qui ont mis toute la salle en belle humeur.
Nous ne parlerons pas longuement de Mlle Longueville et de M. Delestang-Kastner, qui ont eu leur grande part de bravos. Quand il s'agit d’une oeuvre charitable, ou quand on fait appel à leur complaisance, ces deux artistes, aimés du public, sont toujours disposés à prêter leur concours d’une manière aussi gracieuse que désintéressée ; aussi est-ce avec le plus vif plaisir, que par nos applaudissements, nous leur prouvons toute notre reconnaissance, toute notre sympathie et tout le plaisir que nous avons de les entendre.
N’oublions pas enfin M. Tridémy, le trop modeste accompagnateur, dont la complaisance, elle aussi, mise au service, d'un réel talent ne fait jamais défaut.
« Mignon. » — Salle comble hier, dimanche, à la représentation de Mignon; le public a voulu sans doute prouver à M. Delestang-Kastner qu'il tenait compte de ses intelligents efforts, et pour notre part nous avons été heureux de constater que toutes les places avaient été prises. Espérons que les spectateurs n’oublieront plus le chemin du théâtre, qu’hier ils prenaient avec tant d’ensemble. On ne s’attend pas à ce que nous fassions l'analyse de cette pièce si connue qui s’appelle Mignon; il nous suffira de constater les bravos que l’on n’a pas ménagés à Mlle Longueville, très touchante dans son rôle de Mignon; à Mlle Nilhda, qui a très crânement enlevé Philine; à M. Coutelier, très en voix et très pimpant dans son rôle de Wilhem Meister, et enfin à M. Dolidon, qui est un Lothario très émouvant. N'oublions pas le rôle épisodique de Laerte et disons que les chœurs ainsi que l’orchestre ont vaillamment marché. — Demain, la Petite Mariée, montée avec un soin tout exceptionnel et qui mérite, par cela même, d’attirer un grand nombre de spectateurs.
Concert à la Taverne Alsacienne (Place Ducale). — Ce soir [5 mai], Grande soirée artistique donnée par de nouveaux artistes : Mlle Sarah Carmen, (chanteuse de genre) de la Scala de Paris — derniers succès des grands concerts. M. Delacroix, ténorino de l'Alcazar d’hiver. Romances et chansons en vogue. Mlle Stella, (chanteuse comique) Avec le concours de M. de Tender, pianiste accompagnateur.
Une quête sera faite au profit des blessés du Tonkin .
AVIS. — On demande à louer de suite, à Charleville, un hangar pouvant servir à faire un manège pour donner des leçons d’équitation. S’adresser à M. Edouard RACINE, architecte.
A LOUER. — Pour la St-Jean prochaine (1200 ou 1500 fr.), un grand appartement composé d'antichambre, salon, salle à manger, trois ou cinq chambres à coucher, cuisine, caves, greniers, chambres de bonnes. — Vue magnifique sur le Nord.
S’adresser à Monsieur Edouard JACOB, banquier à Charleville.
L’Association des employés nous prie de faire savoir que leur assemblée générale aura lieu mardi prochain, 12 mai, à 8 h. du soir, dans la salle du foyer du théâtre de Charleville.
Enterrement civil. — Avant-hier, lundi, ont eu lieu les obsèques civiles de Julliette Picard ; les nombreux amis de la famille avaient tenus à accompagner à sa dernière demeure la jeune enfant. Une touchante allocution a été prononcés sur la fosse par un membre de la Libre-Pensée. — Une quête faite à la sortie du cimetière a produit la somme de 5 fr. 05.
Concours de tir. — On nous communique l’avis suivant :
« La Société de tir a l'honneur d'informer les personnes qui n'ont pas encore retiré leur prix et diplôme qu’elles peuvent s'adresser tous les jours de une heure à deux heures, chez M. Ludinart, trésorier de la Société, place Ducale, 22. »
Etat-civil du 26 avril au 4 mai 1885. — Naissances : Garçons, 7 ; filles, 3, une sans vie.
Promesses de mariage. — Jean Baptiste Brocard, employé de chemin de fer, et Marguerite Lavigne, sans profession.
Mariages. — Albert-Joseph Boulquain, 24 ans et Mathilde-Marguerite Richard, 22 ans._ — Henri Nautré, 23 ans, et Marie-Mélanie Pillière, 26 ans. — Pierre Reinacher, 23 ans, et MadeIeine Simmer, 22 ans. — Julien-Emile Braidy, 23 ans, et Marie Sidonie Maquart, 21 ans.
Décès. — Charles Georges Martin, 23 ans. — Jean-Baptiste Vautrin, 72 ans. — Jean Lucien Lépinois, 4 mois. — Marie-Rosa Forest, 52 ans. — Gabrielle-Julie Marchal, 1 mois. — Marie-Antoinette Manicourt, 71 ans. — Eugène-Charles Jernaux, 81 ans. — Juliette-Augustine Picard, 3 mois. — Claude-Prosper Pilard, 42 ans.
Théâtre. — Aujourd’hui 6 mai : 1° Les Deux Timides, vaudeville en un acte de M. Marc Michel; 2° La Petite Mariée, opéra comique en trois actes, de MM. Leterrier et Vanloo, musique de Charles Lecoq. Bureau à 7 h. 1/2. Rideau à 8h.
BLESSÉS DU TONKIN. — Produit d'une quête faite chez M. Piron, Café des Arcades, par M. Vétillard, artiste : 2 fr. 05.
Arrestation. — Les gendarmes de Flize ont amené, hier, à Charleville, un individu inculpé de vol. C’est un fort gaillard, mais idiot, duquel on ne peut rien tirer, à moins qu’il ne joue la comédie et simule la folie. En tous cas il paraît avoir subi de nombreuses condamnations.
Erreur de noms. — Hier, dans une de nos annonces judiciaires, nous avons dit que M. Edouard Peleu avait été admis à l’assistance judiciaire. Il faut lire : Edouard PELEN.
Mis en prison. — Hier, la police a mis à la maison d’arrêt une fîlle Royer, domestique, qui ne pouvait quitter ses maîtres sans leur emporter des objets probablement comme souvenir.
Arrêté dans une forêt. — Hier soir, la garde-champêtre Lacaille a arrêté un sujet américain qu'il a été trouvé couché dans la forêt de Belair. Cet homme est sans ressources et sans titre de voyage.
Il paraît qu’il ne connaît même pas son âge ni son lieu de naissance, mais parle parfaitement l’anglais.
Il a été conduit à la maison d’arrêt.
BLESSÉS DU TONKIN. — Produit d’une collecte faite entre le personnel d’une maison de brosserie : 21 fr. 10
— Produit d’une quête faite à la Taverne alsacienne, chez M . Latour, à l’occasion d’une soirée musicale, 7 fr.
L’association des employés de commerce. — On nous prie de rappeler que l’assemblée générale annuelle de l’association des employés de Charleville-Mézières aura lieu mardi, 12 ma prochain, à huit heures du soir dans la salle du Foyer du Théâtre de Charleville.
ORDRE DU JOUR : 1. — Adoption du procès-verbal de l'assemblée générale du 22 mai 1884. 2. — Rapport du président sur la situation de l’Association. 3. — Compte-rendu de l’exercice 11884. 4 — Fixation du fonds de retraites supplémentaires. 5. — Ratification des admissions prononcées par le Conseil, depuis la dernière assemblée générale. 6. — Constitution d’une retraite supplémentaire : Vote sur la proposition du Conseil accordant une retraite supplémentaire de 100 francs à M. Abraham, Eugène, sociétaire fondateur, titulaire d’une pension de retraite. 7. — Renouvellement du tiers sortant du Conseil. Les membres sortants et rééligibles cette année, sont : MM. Edouard Prévost; Jules Bocquillon ; Victor Lejay ; Bourguignon-Richard ; Joseph Gouverneur.
Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes. — Réunion générale extraordinaire, le 14 mai 1885, Jour de l’Ascension, à deux heures après midi, au Châlet. Les Chambres syndicales de la région sont instamment priées de s’y faire représenter.
Théâtre. — Dimanche 10 : Les Cloches de Corneille, opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux ; Une mauvaise nuit est bientôt passée, comédie-proverbe en un acte. — Bureaux à 7 h. 1/2 . — Rideau à 8 h.
Avis. — La direction, afin de rehausser l’éclat de cette représentation, a confié les rôles de Germaine et de Serpolette, à Mmes Nildha, première chanteuse, et Longueville, première dugazon.
Protestation ouvrière. — Nous recevons d’un ouvrier syndiqué la lettre suivante, que nous publions volontiers :
« Monsieur le rédacteur,
» Depuis quelques jours, la feuille clérico-réactionnaire de la rue Forest se plaît à jeter les hauts cris au sujet des événements tout ordinaires qui se produisent actuellement à Bogny-Braux. A l’entendre, des faits d’une certaine gravite seraient à la veille d’éclater dans cette paisible vallée de la Meuse : « Les ouvriers se seraient promenés dans les rues de la commune porteurs d'une LOQUE et chantant à tue-tête la MARSEILLAISE.»
» Voilà les jolis termes, les belles expressions qu'emploie le journal ultra- réac en question pour dénaturer, dans un but facile â comprendre, la cause ouvrière, dont la parfaite légalité, dans les circonstances présentes, ne fait un doute pour personne.
» En effet, que demandent les travailleurs de la maison Mare? simplement à rester syndiqués. Où est le mal ? La loi les y autorise. Leurs intérêts directs sont en jeu ; ils défendent. Du reste, le gouvernement de la République, en autorisant les syndicats professionnels, a voulu permettre à la classe ouvrière de s’organiser et de s'entendre, et c’est pourquoi les ouvriers intelligents, instruits, laborieux lui en savent gré, et surtout sauront en profiter loyalement, honnêtement.
» Aujourd’hui, par des procédés peu délicats, on s'oppose, on partie, à leur établissement, et la Presse réactionnaire, hostile à cette belle institution, cherche à mettre le désarroi dans nos rangs.
» Je proteste avec énergie contre de semblables procédés dont l’opinion publique saura faire une prompte justice, en rendant à chacun la part de responsabilité qu'il aura assumée.
» Recevez, monsieur le rédacteur en chef, l’expression de mes meilleurs sentiments»
Théâtre. — Dimanche 10 : Les Clochettes de Corneville, opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux; Une mauvaise nuit est bientôt passée, comédie-proverbe en un acte — bureaux à 7 h. 1/2. — Rideau à 8 h.
AVIS. — La direction, afin de rehausser l’éclat de cette représentation, a confié les rôles de Germaine et de Serpolette, à Mmes Nildha, première chanteuse, et Longueville, première dugazon.
La Société de prévoyance de Charleville-Mézières nous communique l’avis suivant ;
« A l’occasion de la fête de la Société de prévoyance de Charleville-Mézières, une séance publique aura lieu à Charleville au théâtre, 3 heures, dimanche prochain, 17 mai courant, sous la présidence de M. le préfet, et avec le concours de la Fanfare de la Verrerie : la Moulinaise, et d« la Société chorale : les Enfants de Chevê.
Le cortège se réunira á deux heures trois quarts à l'Hôtel-de-Ville pour se rendre à cette séance, au cours de laquelle aura lieu la remise officielle à M. DUMONT , vice-président de la Société, d’une médaille d'or qui lui a été décernée par M. le ministre de l'intérieur.»
Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes. — Réunion générale extraordinaire, jeudi 14 mai, jour de l'Ascension, à deux heures, au Châlet.
Les nouveaux adhérents recevront leur livret séance tenante.
Les Chambres syndicales de la région sont instamment priées de s’y faire représenter,
Les obsèques du commandant Welter ont eu lieu hier, à dix heures et demie du matin. Le Conseil municipal et les différentes Commissions dont faisait partie le défunt étaient représentées.
Au cimetière, M. Cornet, inspecteur d’Académie, a prononcé une allocution dont voici les dernières phrases :
« Aussi M. le ministre de l’instruction publique n’a-t-il pas voulu laisser sans récompense un concours de tous les instants prêté à l'Université au détriment d’un repos si laborieusement conquis. Il y a peu de temps, les palmes d'officier d'Académie venaient s’ajouter sur la poitrine de M. Welter à la croix de la Légion d’honneur ; et nul ne me démentira si j’affirme, en présence de cette tombe où vont s'engloutir des mérites si divers, que cette nouvelle décoration a été plusieurs fois méritée.
» Qui aurait pensé, le jour où M. Welter recevait de l’Etat cette marque de gratitude, qu’il touchait au terme d'une existence aussi utile à la société que précieuse à sa famille? Hélas! il devait bientôt sentir Ie commencement du déclin, compter avec des forces décroissantes jusqu'à ce qu’un mal implacable achevât de l'épuiser. Depuis peu de mois, il était entré dans le Comité de patrons de l’enseignement spécial du lycée de Charleville constitué sur de nouvelles bases, et ses collègues l' avaient désigné pour prendre part à l'inspection des classes; mais les premières atteintes de la souffrance ne lui ont pas laissé le temps de s’acquitter de sa tâche.
» Essaierai-je d' apporter des consolations à une femme privée tout à coup du meilleur des maris, à des fils qui trouvaient dans leur père un vivant exemple d’inaltérable loyauté et de patriotisme exempt de découragement ? Ce serait une tentative vaine : il est de ces chagrins que la nature humaine se refuse à subir, et qui ne comportent pas tout d abord d adoucissement. Mais lorsque le temps aura usé l’aiguillon de la première douleur et que l'attendrissement du souvenir fera revivre celui qui n’est plus, la famille, de M. Welter éprouvera une âpre satisfaction à évoquer l'image d'un homme si attaché aux siens, si ferme dans le devoir, si prêt à se dépenser, modèle de toutes les vertus domestiques et d’infatigable dévouement à la Patrie française.»
Accident. — Hier matin, un bien triste accident est arrivé dans les ateliers de MM. Husson, frères. Un ouvrier ajusteur, nommé Lémont, était occupé à réparer un métier à clous. Ayant donné un coup de marteau à faux, il perdit l’équilibre et tomba si malheureusement sur un métier voisin qu'il reçut sur le derrière de la tête plusieurs coups de volant qui lui ont presque broyé une partie du crâne et mis ses jours en danger. Lémont, qui est dans la maison Husson depuis huit ans environ, est âgé de trente-cinq ans et père de six enfants.
Lémont a été immédiatement transporté à l’hôpital, et le médecin qui lui a donné les premiers pansements espère le rappeler peut- être à la vie.
Aussitôt l’accident arrivé et pour que chacun put se remettre d'une émotion bien légitime en pareille circonstance, M. Husson a décidé de fermer les ateliers pour le reste de la journée.
Concert. — Ce soir mardi [12], concert vocal et instrumental, chez Kern, brasserie alsacienne, rue du Petit-Bois. Une quête sera faite au profit des blessés du Tonkin.
Distraction utile et agréable. — Machines à découper, scies, bois, outillage, fournitures et dessins spéciaux pour découpeurs et amateurs — Envoi de l'album des croquis réduits, contre 0.80 — Jules COLIN, 21, rue d’Aubilly, en face l’Orphelinat, à Charleville. A partir du 24 juin prochain, le magasin sera transféré au n° 59, sous les Allées.
État-civil du 4 au 11 mai. — Naissances. — Garçons, 3 ; filles, 6 (une présentée sans vie).
Publications de mariages. — Victor-Louis Hénon, clerc de notaire, et Catherine-Amélie Baulmont, sans profession. — François-Auguste Capiau, forgeron, et Adèle-Louise Pontoise, sans profession. — Jean-Baptiste- Philippe-George, quincaillier, et Anne-Blanche Langée, sans profession. — Victor-Philippe Gatignon, valet de chambre, et Rosalie-Thérèse Leclercq, cuisinière. — Désiré-Joseph Pirson, valet de chambre, et Marie-Victoire Thiry, cuisinière.
Mariages. — Emile Brédy, 23 ans, et Marie-Sidonie Maquart, 21 ans. — Edouard Moreau, 26 ans, et Victorine-Eulalie Daugenet, 19 ans. — Jean-Joseph Simon, 33 ans, et Rosalie Noël, 36 ans. — Eugène-Charles Chastin, 32 ans, et Marie-Mélanie Delosse, 30 ans. — Léon Concharrière, 23 ans, et Catherine Magne, 21 ans.
Décès. — Raymond-Ernest-Georges Rasquin, 8 mois. — Marie-Josèphe Pierrard, 75 ans.—Anne-Marguerite Tartelet, 5 ans. — Anne-Marie Chatelin, 59 ans, épouse de Nicolas Antoine.— Jean-Baptiste Welter, 63 ans, chef d’escadron d’artillerie. — Auguste Moncousin, 6 mois. — Jean-Baptiste Violet, 70 ans. — Lucie Chardron, 2 mois. — Félix Vingtdeux, 78 ans. — Nicolas Biston, 85 ans. — Joseph Vincent, 63 ans.
L’ « Espérance. » — Jeudi [14], à quatre heures précises de l'après-midi, la Société gymnique offrira une séance de gymnastique à ses membres honoraires.
Théâtre. — Mercredi 13. — L’Ombre, opéra comique en quatre actes ; M. Choufleuri restera chez lui le......., opérette en un acte — Rideaux à 8 heures.
BLESSÉS DU TONKIN. — Mardi soir, pendant un concert donné à la Brasserie Kern, par la troupe Tender, et dans lequel les deux principaux artistes, Mlle Sarah Carmen et M. Delacroix, ont eu un véritable succès, une quête faite au profit des blessés du Tonkin, a produit la somme de 7 fr.
Samedi et dimanche, la même troupe offrira encore chez M. Kern, deux concerts dont nos soldats profiteront également.
Concert, aujourd’hui jeudi, au kiosque de la gare, de 3 h. à 4 h., par la musique du 91e de ligne :
1. Allegro militaire — 2. Le Canard à trois becs, ouverture, (Jonas). — 3. Lucrèce Borgia, pour clarinette, (Donizetti). — 4. Les Cloches de Corneville, fantaisie, (Planquette). — 5. Grande valse, (Selenick).
Séance de billard. — Samedi prochain [16], à 8 heures du soir, M Simian, professeur de billard donnera une grande séance au Café Français, place Ducale.
Quitte pour un bain.— Un citoyen qui l’a échappé belle, c’est le sieur X ..., qui, légèrement pompette, s’en revenait, titubant dans la nuit du 12 au 13 courant, vers onze heures, le long du quai de la Madeleine, est tombé dans la Meuse, et se serait infailliblement noyé sans le secours des douaniers de service, qui se dévouèrent en le tirant de cette position dangereuse.
Cette leçon lui sera-t-elle salutaire?
LA SOIRÉE THEATRALE . — Excellente représentation de l' Ombre. Ce charmant opéra de Flottow est trop connu, pour qu’il soit besoin d’en faire ici l’analyse. Il nous suffira de répéter qu’il a été interprété avec infiniment de goût et à la grande satisfaction des spectateurs, par MM. Delestang-Kastner et Coutelier; MMmes Longueville et Nildha.
Le spectacle se terminait par M. Choufleury restera chez lui... Mme Jeanne Degreef a fait un heureux début dans cette joyeuse opérette de MM. de Morny et Offenbach ; sa voix est bien, timbrée et gracieuse, et les applaudissements qui lui ont été adressés étaient aussi mérités que sincères.
FÊTE DE GYMNASTIQUE. — La fête annuelle de gymnastique offerte jeudi [14] par l'Espérance à ses membres honoraires, a pleinement réussi. La salle était décorée avec infiniment de goût et les murs disparaissaient sous les panoplies et les faisceaux de drapeaux tricolores.
Les exercices. — Une foule nombreuse de spectateurs occupaient l’espace réservé au public.
Nous avons remarqué sur les tribunes M. le général Mathelin, M. le colonel Cœuret de St Georges, des officiers de la garnison, un inspecteur général de renseignement primaire, M. I’inspecteur d'Académie, MM. Racine père, président d’honneur, Joye-Liblanc, etc, etc , et beaucoup de dames en toilettes du meilleur goût.
Les exercices, pendant lesquels la Société philharmonique jouait différents morceaux, ont été exécutés avec une parfaite précision, sous la direction de l’intelligent et dévoué moniteur, M. Roland. Nous mentionnerons particulièrement les exercices d’ensemble, le maniement d'armes par les élèves de l'école normale et la fantaisie avec armes où l'on se serait cru à un ballet des mieux réglés à l’Opéra, au Châtelet ou à l'Eden. Les jeux nationaux suisses ont prouvé une fois de plus quelle force pouvait acquérir un homme qui travaille sérieusement la gymnastique.
Enfin le départ en serpent et le groupe final formé par tous ces gymnastes suspendus dans l’espace aux agrès et accrochés aux échelles ont présenté un aspect féérique.
Discours du commandant Dupleit. — Après le défilé, M. le commandant Dupleit a prononcé le discours suivant :
« Mesdames et Messieurs,
» Au nom de la Société gymnique l'Espérance, de Charleville, je vous remercie d'avoir bien voulu honorer de votre présence notre séance annuelle de gymnastique.
» Cette heureuse circonstance me permet d'exprimer la reconnaissance que nous devons aux autorités civiles et militaires de Mézières-Charleville, pour le vif intérêt et le concours dévoué qu’ils portent à notre Société.
» A Mmes et MM. les membres honoraires qui la soutiennent et l'encouragent par tous les moyens en leur pouvoir. En assistant souvent aux travaux de nos jeunes gens, vous leur prouvez que vous les aimez, que vous les estimez ; et si vous intéressez vos amis à notre société, si vous leur dites ce que vous avez vu, vous amènerez l'inscription de nombreux adhérents nouveaux, et vous protégerez, vous soutiendrez une noble cause. En agissant ainsi vous ferez acte de patriotisme.
» A MM. les membres du Comité, du dévouement qu'ils apportent dans l'accomplissement de leurs fonctions.
» A M. Rolland, moniteur général, qui depuis plus de huit ans, dirige avec autant de zèle que d'intelligence, les différents cours. C'est à lui que nous devons les succès remportés dans les fêtes et les concours auxquels notre société a pris part.
» A vous, normaliens, nos sincères félicitations ; vous avez travaillé avec méthode et ensemble ; merci de votre bienveillant concours. Futurs éducateurs de la jeunesse, vous nous préparerez une génération forte, robuste, disciplinée, qui gardera au fond du cœur le culte de la patrie, le souvenir des jours passés et l'espérance dans l’avenir.
» A notre chère Société philharmonique nos remerciements sincères, car le charme de ses accords a rendu notre séance moins monotone, et a aidé nos gymnastes à braver la fatigue corporelle pour émerveiller les spectateurs.
» Et enfin à vous, chers gymnastes, nos félicitations pour le travail, la tenue, la discipline dont vous avez fait preuve pendant cette bonne séance, qui portera ses fruits, en ce sens qu'elle amènera un plus grand nombre de jeunes gens à notre société, et qu’elle consolidera les liens d’union et de camaraderie, qui doivent exister entre gymnastes.
» Travaillez donc avec persévérance, devenez forts, agiles et courageux ; acceptez volontairement cette discipline sans laquelle il n’y a pas de société possible ; et lorsque vous entrerez dans l’armée, vous ferez de bons soldats et de bons patriotes. Oh ! je ne vous promets pas que tout en faisant votre devoir, tout en donnant sans réserve le dévouement dont vous êtes capables, ce dévouement ne passera pas inaperçu ; si, il faut vous y attendre et ne pas vous faire d’illusions à cet égard. Votre patriotisme sera tout d’abnégation ; mais si vous devez faire abstraction de toute satisfaction personnelle, vous aurez toujours celle de pouvoir goûter sans arrière-pensée, lorsque vous serez seuls, face à face avec votre conscience, la douceur du devoir accompli, la certitude d’avoir aimé et servi votre pays plus que vous-mêmes et c’est là, mais là seulement qu’on reconnait le vrai patriotisme.
» Habituez-vous donc à cette noble pensée que vous devez vivre, non pas pour vous, non pas même pour votre famille particulière, mais pour cette famille agrandie et superbe, qui s’appelle la patrie !
» Mesdames, avant de terminer, je veux vous renouveler mes félicitations pour votre aimable présence. Vous avez bien jugé en pensant que nos aspirations étaient les vôtres. Vous êtes femmes de France ! Vos fils feront un jour partie de la vaillante armée qui est tout notre espoir ; vous voulez qu’ils soient forts, pour que plus lard, quand l'autre mère, la mère-patrie, vous les redemandera, ils puissent vous défendre toutes deux contre l’envahisseur.
» Mes chers amis, je m’arrête car je ne veux pas retarder plus longtemps la distribution des récompenses que vous avez si bien méritées. Laissez-moi seulement vous dire une parole d’encouragement : Vous que la fortune a servis, ne soyez pas trop fiers ; rappelez-vous qu'en ne progressant pas, on recule, et travaillez pour vous maintenir au premier rang.
» Vous qui moins heureux, ne partagez pas les succès de vos camarades, ne vous découragez pas ; vous ne nous êtes pas moins chers, car vous nous rappelez cette douce espérance, qui dépasse cette enceinte pour aller retrouver nos frères séparés; espérance qui donne la force, la patience et l’ardeur : C’est que les vaincus de la veille, peuvent être les vainqueurs du lendemain. »
Récompenses. — Après cette patriotique allocution, qui a été couverte d'applaudissements, a eu lieu la distribution des récompenses. Voici la liste des lauréats.
Prix d’ensemble. — Tenue, discipline, travail. — 1er prix : Robin Louis, soldat au 159e d’infanterie, une médaille en argent — 2e, Robin Charles, une jumelle de campagne.
Prix gymnastique. — 1er prix : Guillaume Gustave, une médaille en argent, — 2e, Rivet, Georges, une médaille en bronze. — Elèves. — 1er prix : Buisson Désiré, une médaille en bronze — 2e, Bouillot, Paul, id. — 3e, Pérot, PauI, id.
Prix de tir (prix d'ensemble). — 1er prix: Corvisier Victor, une paire de fleurets, un masque et un gant. — 2e, Lenoir Raymond, une épinglette, offerte par M. Husson, capitaine de tir au 91e. — (Prix de concours). Dorvaux Maurice, une gourde de voyage.
Brevets de boxe. — Robin Charles, et Dandou Camille.
Nous apprenons que dimanche prochain, la même fête sera offerte aux membres honoraires, qui n’ont pu avoir de place jeudi.
Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes. — Jeudi, 14 courant, à deux heures, les syndiqués se sont réunis en Assemblée générale extraordinaire, au Châlet.
Diverses décisions ont été prises, toutes se rapportant aux principes de la solidarité. Les ouvriers ont prouvé par un calme parfait, par une entente entière, qu'ils ne recherchaient qu’un but : être unis peur la défense de leurs intérêts en général.
La réunion était nombreuse ; deux cents syndiqués étaient présents, y compris les associés des différentes Chambres syndicales de la région.
Armée territoriale. — Hier matin [15] a été passée par le général la revue des territoriaux qui ont ensuite été désarmés et doivent être renvoyés ce soir dans leurs foyers. Le général a paru satisfait de la bonne tenue des troupes.
Disons, à ce propos, que MM. les officiers du 45e s’étaient cotisés, pour offrir des montres en argent aux trois meilleurs tireurs.
Ont remporté ces prix : MM. Vignon, sergent-fourrier ; Thomas, soldat, et Vicannier, caporal.
Obsèques de Lément. — Hier vendredi [15], à 4 heures, ont eu lieu les obsèques de Lément si fatalement victime de son imprudence. Plus de cinq cents personnes l’ont accompagné à sa dernière demeure, parmi lesquelles on a, plus particulièrement remarqué MM. Husson père et fils qui ont, ainsi, voulu donner un témoignage public de la sympathie qu'ils avaient toujours eu pour le malheureux Lément, ouvrier dans leur maison depuis plus de huit ans. La cérémonie funèbre s’est faite au milieu du plus grave recueillement : de belles couronnes noires, souvenir de ses camarades, avaient été placées sur le cercueil.
Théâtre. — Dimanche 17 mai : La Dame Blanche, opéra-comique en 3 actes; Le Serment d’Horace, comédie en un acte. — Bureaux à 7 heures 1\2 . — Rideau à 8 heures.
Concert par la Fanfare de la Verrerie, aujourd’hui samedi [16], à 8 du soir, au square de la gare.
1. Allegro militaire, (Lebrun). — 2 . La Moulinaise, ouverture, (Lebrun). — 3. Air varié pour trombone, (Quentin).— 4. Divertissement champêtre, fantaisie, (.M. Krein). — 5. Boléro, (Sauvagnac).
En cas de mauvais temps, la Concert sera remis au samedi suivant.
Demande en séparation de biens. — D’un exploit du ministère de LENOIR, huissier, en date du treize mai mil huit cent quatre-vingt-cinq, enregistré ; Il appert :
Que Madame Catherine Donati, brossière, épouse du sieur Jacob Rung, brossier, demeurant à Charleville, a formé contre le sieur Jacob Rung, son mari, une demande en séparation de biens et que maître Victor JACQUEMARD, avoué prés le Tribunal civil de Charleville, demeurant à Charleville, rue Victoire-Cousin, numéro 10, est constitué et occupera pour elle sur ladite demande.
Pour extrait : V. JACQUEMARD
AVIS. — On demande un bon chauffeur chez M. MOREAUX aîné, à Charleville.
Fête de gymnastique. — Nous rappelons que c’est ce soir [17] que la Société gymnique l'Espérance offrira une deuxième fête à ses membres actifs. Elle aura, nous en sommes certain, et ce sera justice, tout l’attrait et tout le grand succès de la première.
CHARLEVILLE. — Théâtre. — Dimanche 17 mai : La Dame Blanche, opéra comique en 3 actes ; Le Serment d'Horace, comédie en un acte. — Bureaux à 7 heures 1/2. — Rideau à 8 heures.
Voleur arrêté. — Depuis quelques temps, des propriétaires se plaignaient de la disparition des outils tels que pioches, bêches, etc., placés dans leurs jardins. La police vient de mettre la main sur le voleur. C’est un nommé D. . Aristide, qui a été arrêté par les agents Sainmont et Henryon.
D... avoue de nombreux vols commis dont les objets ont été vendus à vil prix. Cet homme a été conduit ce matin à la maison de justice.
Les prix de Tir. — M. Tellenne, rue Forest, 12, nous écrit à ce propos la lettre suivante que nous insérons à titre de document :
« — Vous dites, dans votre estimable journal que les trois prix offerts au Bataillon territorial, par messieurs Ies officiers, ont été gagnés par MM. Vignon, sergent-fourrier, Thomas, soldat, et Vicanier, caporal. Pour Ies deux derniers, très bien, mais pour le premier il y a une erreur que je tiendrais à voir rectifier ; le prix des sous officiers n'a pas été gagné par le sergent-fourrier Vignon mais bien par le sergent Tellenne qui avait plus de points que lui. Ayant réclamé pour obtenir ce prix, il m’a été répondu que je n’en avais pas besoin, mais que Vignon en avait plus besoin que moi.
» Si c'est un secours, et non un prix, je n’ai rien à dire, et même je m’engage, en cas de besoin, à faire réparer la montre à mes frais chez l'horloger qu’aura choisi le pseudo-vainqueur.— VeuilIez agréer, etc. »
BLESSÉS DU TONKIN. — Une quête faite au mariage de M. Ernest Delaite et de Mlle Binet : 12 fr. 50.
Séance de billard par M. Simion, aujourd’hui [19], mardi, au Café du Commerce, place Ducale. — Une quête sera faite pour les blessés du Tonkin.
Fatale erreur. — Nous apprenons le décès de M . Davesne, capitaine de gendarmerie en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, et habitant à Paris, 12, rue Dussoubs. M. Davesne s’est empoisonné en voulant absorber un médicament : il a par erreur, avalé une forte dose de nitrate d’argent. La mort a été foudroyante. M. Davesne avait été lieutenant de gendarmerie à Mézières, où il avait laissé, ainsi qu’à Charleville, nombre d’amis et d’excellents souvenirs.
Fête militaire au profit des blessés du Tonkin. — MM. les officiers de réserve et de l'armée territoriale sont priés de vouloir bien assister vendredi prochain à une réunion qui aura à 8 heures du soir au foyer du théâtre de Charleville.
Similitude de noms. — Nouit avons dit hier [19] qu'un nommé Aristide D .. ., avait été arrêté pour vol d’outils. Nous nous empressons de déclarer, pour éviter toute erreur, que le voleur n'a rien de commun, comme on pourrait le croire d après les initiales, avec M. Aristide Deglaire, tonnelier route de Flandre, honnête ouvrier dont la réputation est au-dessus de toute atteinte.
État-civil du 11 au 18 mai 1885. — Naissances. — Garçons, 11. — Filles, 3.
Publications de mariage. — Néant.
Mariages. — Ernest-Félix Delaitre, 33 ans, et Marie-Marceline Binet, 23 ans. — Auguste-Hippolite Mathot, 27 ans, et Julie-Aline Pelletier, 22 ans. — Jules-Georges Mathot, 24 ans, et Marie-Eugénie-Hortense Pelletier, 23 ans. — Louis Paulus, 26 ans, et Eléonore-Julie Stavelot, 27 ans.
Décès. — Joseph Discours, 4 mois, — Emile Lémant, 41 ans. — Angélique Piraux, 31 ans. — Marie-Adélaide Henry, 67 ans. — Edouard Varloteau, 5 mois. — Madeleine-Emma Civet, 17 mois. — Pauline Charles, 18 mois. — Julie Depré, 2 mois — Marie-Amélie Mennesson, 74 ans, épouse de Jean Gilbert.
Théâtre. — M. Delestang-Kastner nous prie d’annoncer au public que sa troupe est maintenant établie à Charleville. Les représentations auront lieu le dimanche, comme par le passé, et le jeudi de chaque semaine, au lieu du mercredi.
A la demande générale, jeudi 12 : Mignon, opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux; Brouillés depuis Wagram, comédie en un acte. — Prochainement, Manon, le dernier et charmant opéra-comique de Massenet.
AVIS. — M. SIMON, marchand de chevaux, sera à Charleville, Hôtel du Lion d'argent, le jeudi 21 mai prochain, avec 30 chevaux de luxe.
Nomination. — Nous apprenons avec plaisir que M. Destable, avocat stagiaire à Nantes, qui faisait dernièrement et avec beaucoup de succès, nous écrit-on, ses débuts au barreau de cette ville, vient d’être nommé chef du cabinet du préfet, en remplacement de M. de Marcère, nommé sous-préfet de Vite.
M. Destable est le neveu de M . Edouard Jacob, banquier à Charleville.
AVIS AUX INDUSTRIELS. — M. CLOES, Gustave, chaudronnier en fer et cuivre. Cours d’Orléans, n° 19, à Charleville, se charge de la réparation des Générateurs et Locomobiles, — de toute espèce d’Appareils en Fer et en Cuivre pour Brasseries, Distilleries, Sucreries et Filatures, — du Montage des Tuyaux en Cuivre et en Fer pour l'Eau et la vapeur, — dans des Conditions avantageuses.
AVIS. — On demande des apprentis boulangers, ouvriers tailleurs et garçons pâtissiers chez M.BOUCHOUX-GODART (bureau de placement), rue Chanzy, n° 2, à l’angle de la rue Bourbon, à Charleville.
Distinction. — Nous apprenons que M. Jules Sorel, soldat au 2e régiment d’infanterie, en garnison à Granville, a obtenu de M. le Président de la République, une mention honorable pour acte de courage et de dévouement.
Cette distinction a été mise à l’ordre du jour de son régiment, et nous savons de source certaine que M. Sorel sera nommé soldat de première classe, dès qu’il aura le temps de service nécessaire.
Conférence et concert. — Les membres des chambres syndicales des ouvriers métallurgistes et brossiers de Charleville nous prient d’annoncer que M. Clément, délégué des chambres syndicales de Paris, donnera, demain samedi [23], à 8 heures du soir, une conférence dans la salle de la Manufacture, rue de Flandre. Il traitera la question des Syndicats professionnels. — Prix d' entrée : 25 centimes, au bénéfice des ouvriers de Château-Regnault-Bogny. — Le lendemain dimanche soir, à 8 heures, concert dans la même salle, au bénéfice des mêmes ouvriers. Le programme du jour donnera les détails.
Quitte pour la peur. — Hier [21], dans la matinée, une mère affolée apportait chez M. Carré, pharmacien, rue du Moulin, sa petite fille, âgée d’environ cinq ans, qui paraissait sur le point d’étouffer. Elle venait, en jouant, d’avaler un énorme haricot qui s’était arrêté dans la gorge.
Les soins prodigués de suite à la pauvre enfant ont eu un heureux résultat et la malheureuse mère en aura été quitte pour la peur.
AVIS. — On demande, pour seconde bonne, une personne âgée de 20 à 25 ans, sachant un peu coudre.
S ’adresser rue Thiers, n+ 21, à Charleville.
Police correctionnelle. — Une erreur de nom, facile à comprendre, s'est glissée dans compte-rendu de la dernière audience correctionnelle. Nous avons dit qu'une montre avait été volée au préjudice de M. Gunin par un nommé Lefort. C'est Péfort qu'il faut lire.
Chambre des notaires. — On nous communique la composition de la Chambre de discipline des notaires de l'arrondissement de Charleville (exercice mai 1885-86) :
MM. Couvant, notaire à Château-Regnault, PRESIDENT — Tournois, notaire à Lonny, SYNDIC — Decq, notaire à Thin-le-Moûtier, RAPPORTEUR — Forest, notaire à Charleville, SECRETAIRE — Benoist, notaire à Vendresse, TRESORIER — Laurent, notaire à Mézières, MEMBRE — Heffinger, notaire à Nouzon, MEMBRE.
Théâtre. — Dimanche 24 mai 1885 : Première représentation du grand succès de l'Opéra-Comique de Paris: Manon, opéra-comique en 5 actes et 6 tableaux de MM. H. Meilhac et Ph. Gille, musique de M.J. Massenet. — Vu son importance, il sera joué seul.
Bureaux à 7 h, 1/2. — Rideau à 8 heures.
Conférences ouvrières. — On nous prie d'insérer l'avis suivant [24] :
Le citoyen J.-B. Clément qui a déjà donné des conférences à Nouzon, Braux, Bogny, Deville et Charleville, se propose de continuer dans les localités suivantes : Mohon, le 24 , à 1 h.1/2 ; lundi 25 à Monthermé, à 1 h.1/2 salle Bertrand-Desmar; Revin, le 25, à 8 h. du soir ; Fumay, le 26, à 8 h. du soir ; Thilay, le 27, à 8 h. du soir ; le 28, les Hautes-Rivières, à 8 h. du soir ; le 29, à Sedan, à 7 h. du soir ; à Rethel, le 30, à 8 h. du soir ; à Nouzon, le 31, à 4 h. du soir.
Musique du 91e. — Dimanche 24, au kiosque de la gare, de trois à quatre heures :
Pas redoublé sur un air populaire. — Carmen, mosaïque (Bizet). — Le pardon de Ploërmel, fantaisie (Meyerbeer) — La Violette bleue, mazurka ( Guug'l ) . — Une journée à Vienne, fantaisie ouverture ( Suppé ) .
AVIS . — M. HYON, Auguste, cafetier-restaurateur, 20, avenue de Mézières, à Charleville, informe le public qu'il vient de fonder un Bureau de placement pour les domestiques et servantes, ou pour toute autre profession.
Conférence ouvrière. —Le citoyen Clément, ouvrier parisien, a entrepris la tâche difficile d'engager les ouvriers à profiter de la loi sur les syndicats professionnels. Nous avons donné dans un de nos précédents numéros la date te le lieu où auront lieu chacune de ses conférences.
Samedi [23] soir, c'était à Charleville. Dès huit heures et demie, 250 personnes se trouvaient dans la salle de la Manufacture, beaucoup d'ouvriers, quelques membres du cercle catholique et toute la presse locale.
L'orateur a fait l'historique de la grève de Bogny, et, dans des termes très modérés, a indiqué aux ouvriers les droits que leur concède la loi sur les syndicats professionnels.
Au cours de la conférence, quelques citoyens réactionnaires, voulant attirer sottement l'attention sur eux, ont été hués par l'immense majorité de l'assemblée.
La loi sur les syndicats était nécessaire ; elle ne nuit aux intérêts de personne. Pourquoi donc ceux qui se prétendent républicains et qui acceptent les honneurs du gouvernement républicain sont-ils les premiers à s'opposer à l'application de la loi ?
Morte étouffée. — Nous avons eu le regret d'apprendre hier soir [25] que la jeune Maria-Octavie Pètre, qui avait si malheureusement avalé un gros haricot qu'elle était parvenue à rejeter, est morte hier soir. Cette pauvre enfant avait quatre ans.
« La Caropolitaine » — Concours de Paris, 195 k — Lâcher à 6 h., temps couvert. — 1. M. Lépine, 8 h. 17 m. 4 s. ; 2. Ballot, 8 h. 26 m. 42 s. ; 3. Charlot, 8 h. 34 m. 51 s. ; 4. Oudart, 8 h. 35 m. 25 s. ; 5. Paroche, 8 h. 55 m. 09 s. ; 6. Purrot, 9 h. 10 m. 21 s. ; 7. Godfroy, 9 h. 30 m. 06 s. — Vitesse : 85 kilomètres à l'heure.
CHEMINS DE FER DE L’EST. — Promenade dans la vallée de la Meuse. — En vue de faciliter les promenades dans la Vallée de la Meuse, les dimanches et jours de fête, la Compagnie des chemins de fer de l’Est délivre, comme les années précédentes, du 1er mai au 15 octobre, à ses gares d’Epernay, de Reims, de Rethel, de Sedan et de Charleville pour Givet, des billets spéciaux d’aller et retour à prix très réduits, donnant aux voyageurs le droit de descendre à l’une des stations comprises entre Charleville et Givet et de reprendre le chemin de fer à une autre station.
La délivrance de ces billets a lieu le samedi ou la veille des jours de fête à partir de midi et se continue jusqu’au lendemain à midi. Ils sont valables, pour le retour, jusqu’au lundi ou jusqu’au lendemain des jours de fête, dans les trains partant dans la matinée jusqu’à midi. Enfin, ils sont reçus dans tous les trams comprenant des voitures de la classe pour laquelle ils sont délivrés.
Prix des billets d’aller et retour : d’Epernay, 1re classe 12 fr., 2e classe, 9 fr., 3e classe 7 fr.; de Reims, 10 fr ., 8 fr., 6 fr. ; de Rethel, 8 fr., 6 fr., 4 fr.; de Sedan et Charleville, 7 fr., 5 fr, 3fr.
LA SOIRÉE THÉATRALE. — Manon Lescaut, qui a été jouée, dimanche, sur notre scène, devant une salle littéralement bondée de spectateurs, est une œuvre de tous points remarquable, mais dans laquelle la musique l’emporte de beaucoup sur le livret.
La partition, savamment écrite, est doublée d’une orchestration merveilleuse, admirablement appropriée aux situations et aux sentiments divers qu’elle est chargée de peindre. Il suffit d’entendre un acte pour comprendre l’immense succès qu’elle vient d’avoir à Paris.
Le poème est tiré, comme on le sait, du célèbre roman de l’abbé Prévôt, mais les auteurs en ont singulièrement transformé le fond et les caractères, tout en laissant en jeu les mêmes passions.
Le roman nous montre le chevalier des Grieux s’éprenant follement d’une jeune orpheline abandonnée qui partage son amour, mais bientôt le trompe pour échapper à la misère. Des Grieux souffre horriblement de la trahison de sa maîtresse, mais il accepte la situation, vit des ressources même que Manon tire de sa honte, triche au jeu et s’enfonce chaque jour plus avant dans le bourbier.
Sa punition consiste à être obligé de mépriser celle qu’il adore; car un amour ardent, immense, persiste de part et d’autre au milieu de cette vie de désordres et c’est la grandeur de cet amour qui réhabilite, jusqu’à un certain point, les deux héros. Manon, déportée en Amérique, par ordre de la police, est suivie par son amant et meurt de fatigue et d’épuisement dans ses bras et lui disant encore qu’elle l’aime.
Dans la pièce, si Manon conserve son caractère de courtisane, des Grieux, lui, n’est plus qu’une noble victime du malheur. Il ne spécule pas sur les infidélités de sa maîtresse, et s’il est accusé de tricher au jeu, c'est pure calomnie, car il a gagné loyalement.
Son personnage est exclusivement sympathique mais il y perd singulièrement en originalité et le spectateur qui s'attend à le voir tout autre ne laisse pas que d’être vivement déçu. Il fallait comme l’a fait l’abbé Prévôt trouver moyen d’intéresser à cet homme malgré ses défauts, même ses vices. Les auteurs ont mieux aimé tourner la difficulté que chercher à la vaincre ; en cela ils ont eu tort.
Quoiqu’il en soit, la pièce, comme nous le disions en commençant, est des plus remarquables ; elle a été accueillie par des bravos unanimes et nous ne doutons pas qu’à la seconde représentation qui en sera donnée jeudi elle ne fasse encore salle comble.