... à travers le Petit Ardennais...
14 Novembre 2019
Excellentes mesures. — Plusieurs procès-verbaux ont été dressés cette semaine contre des agriculteurs qui allumaient sur la lisière des bois des feux pour brûler les herbes sèches ou les résidus de leurs champs. On ne saurait trop approuver ces mesures qu'exige la loi afin d'éviter les sinistres en forêts, sinistres qui se sont déjà malheureusement multipliés d'une façon déplorable depuis les chaleurs.
Etat-civil du mois d’avril 1885. — Naissances. — Garçons, 3; filles, 6.
Mariages. — Du 4, Pescheux, Michel, domestique, 27 ans, et Ballot, Marie Augustine, servante, 32 ans . - Clausse, Jules-Emile, mouleur, 25 ans, et Augustine-Sidonie Cordier, sans profession, 23 ans . — Du 7, Looz, Jean-Baptiste-Paulin, ajusteur, 24 ans, et Gervaise, Marie-Marguerite-Alphonsine, sans profession, 22 ans. — Du 8, Biard, Jules-Auguste, mouleur, 19 ans, et Munier, Marie Zélie, sans profession, 17 ans; — Du 18, Blanchemanche, Jules, couvreur, 27 ans, et Dubois, Marie, sans profession, 27 ans.
Décès. — Du 4, Husson, Gaston-Adolphe, 7 semaines, fils des époux Husson-Collet. — Du 7, Grégoire, Aurélie, sans profession, 22 ans, célibataire. — Du 10, Pehet, Jean-Nicolas, propriétaire, 77 ans, époux de Hénon, Rosalie . — Noizet, Auguste François, machiniste, 62 ans, veuf de Bertrand, Louise-Caroline. — Du 24, Julier, Louise-Eugénie, 3 mois, fille des époux Julier-Spicy.
Suicide. — Le nommé Carlier, Pierre-Hyacinthe, 42 ans, lamineur, a été trouvé pendu à une poutre de son grenier. On ignore la cause de ce suicide.
Le drame des Voiries. — Nous aurions voulu, sur la prière de plusieurs personnes, garder le silence sur cette triste affaire, mais puisque les autres journaux de la localité n'ont pas cru devoir imiter notre réserve, nous sommes aujourd’hui en quelque sorte, relevés de cette promesse et forcés de donner les détails qui nous étaient parvenus.
Nous laisserons la parole à la jeune Pérot, Julia, âgée de dix ans, demeurant aux Voiries, chez ses parents, et victime du crime odieux dont il s’agit :
« Le 10 mai courant, vers six heures du soir, j'ai quitté Monthermé où j'étais venue à la communion de mon frère et retournais aux Voiries, avec la petite Grafteau, Rose, quand, vers sept heures, nous sommes arrivées au lieu dit les Petites-Fontaines, chemin de grande communication n° 12, entre la maison Barteaux et ce hameau. Un individu nommé Trodoux (Jean-Joseph , sujet belge, célibataire. Agé de trente-quatre ans), était couché sur la lisière du bois. Il nous a accostées en nous disant : « Ce n'est pas votre chemin ; il faut venir avec moi dans le bois. » Nous lui avons répondu : « C'est bien notre chemin. » Sur ce, il s'est levé, a couru après nous, et, après nous avoir poursuivies environ cent mètres, je me suis trouvée derrière ma camarade Rose. Il m'a fait tomber, puis j'ai fait demi-tour vers la maison Barteaux espérant y avoir du secours. Ce misérable a continué à poursuivre Rose mais ne pouvant l'atteindre, il a rebroussé chemin et a couru après moi; m'ayant atteinte, il m’a pris sous les bras et m'a portée sous une cépaie de hêtre; il m'a dit : « Si tu cries je t'étouffe, j’ai des couteaux, je te couperai la gorge. » Il m'a couchée près de lui.............. »
Nous sommes obligés de taire le reste de ce récit qui renferme des détails révoltants. Disons seulement que M. Pérot, prévenu en toute hâte par la jeune Grafteau que sa fille avait été volée près du bois, est arrivé à temps pour empêcher la réalisation du plus ignoble des attentats.
Après avoir embrassé sa fille, il a saisi l'immonde individu par les jambes et, aidé de M. Rondeau qui l'avait accompagné, l’a conduit à la gendarmerie.
Trodoux est né à Jamoigne (Belgique). Il a subi plusieurs condamnations et a été expulsé en 1881 de France. L’inculpé reconnaît que la petite fille était près de lui au moment où son père est arrivé l’appréhender, mais il allègue qu'il a rencontré à deux cents mètres environ avant d'arriver à la cépaie dont il s’agit, un individu inconnu qui s’est couché près de lui et qui s’est sauvé seulement au moment de l'arrivée de ces derniers, mais des témoins affirment qu’il est toujours resté seul.
Conférence ouvrière, dimanche 24 mai, à cinq heures du soir, salle Bertrand-Démars, par le citoyen J. B. Clément, délégué du Congrès ouvrier de Paris.
Conférences ouvrières. — On nous prie d'insérer l'avis suivant [24] :
Le citoyen J.-B. Clément qui a déjà donné des conférences à Nouzon, Braux, Bogny, Deville et Charleville, se propose de continuer dans les localités suivantes : Mohon, le 24 , à 1 h.1/2 ; lundi 25 à Monthermé, à 1 h.1/2 salle Bertrand-Desmar; Revin, le 25, à 8 h. du soir ; Fumay, le 26, à 8 h. du soir ; Thilay, le 27, à 8 h.du soir ; le 28, les Hautes-Rivières, à 8 h. du soir ; le 29, à Sedan, à 7 h. du soir ; à Rethel, le 30, à 8 h. du soir ; à Nouzon, le 31, à 4 h. du soir.
Grand Concert - Bal donné par la Fanfare de Monthermé, le samedi 30 mai 1885 à 8 h. 1/2 très précises du soir, dans la grande salle de la nouvelle école, avec le concours de Mlle Caroline Brun, des Concerts Colonne ; MM. Chalamel , chanteur comique ; Englebert , 1er ténor de la Société royale La Concorde, de Liège; Belleville, pianiste.
Première partie . — 1. La Médaille d'Or, ouverture par la Fanfare, (P. Migette). — 2. Grand air des Dragons de Villars, par Mlle Brun, (Maillard). — 3. Mignon, par M. Englebert, (A. Thomas) — 4. Arlequin et Colombine, pour piano, (A. Thomé). — 5. Nos amateurs, par M. CHALAMEL, (E. Lhuillier). — 6. A. Le Réveil, tyrolienne, (Wekerlin) ; B . Psychée, (A. Thomas), par Mlle Brun — Fantaisie sur Haydée, par la Fanfare, (Auber).
Deuxième partie. — 1. Fantaisie pour baryton, Fanfare (Léon Chic). — 2. L ’affaire Duboudupont, par M. Challamel, (L . de Neuville). — 3. Grand air d ’Aïda, par M. Englebert (Verdi). — 4. Boléro pour piano (Belleville). — 5. Air de la Coupe de Galathée, par Mlle Brun (Massé). — 6. Le Légumophoniste, par M. Chalamel, (Delobel); — 7. Fantaisie sur la Reine de Chypre, Fanfare , (Halévy).
Grand bal à minuit.
Succès scolaire. — Le 25 juillet dernier, M. Noël, fils de notre sympathique brigadier de douanes, âgé de 57 ans à peine, a subi avec succès, à Paris, les épreuves du baccalauréat ès-sciences. M. Noël est un ancien élève de M. Vanschoor, directeur de l’école supérieure de Laval-Dieu. Il est actuellement boursier au collège de Sedan.
FORMATION DE SOCIETE. — Suivant acte reçu par maître SOUGET , notaire â Monthermé (Ardennes), soussigné, en présence de témoins, le onze Juillet mil nuit cent quatre-vingt-cinq, portant la mention suivante :
« Enregistré à Monthermé, le dix-huit juillet mil
» huit Cent quatre-vingt-cinq, folio 75, recto case 4. — » Reçu : Deux cent soixante francs, décimes : soixante-cinq francs. — (Signé: Liesenfelt; »
Monsieur Jean-Louis- Victor Ballot -Franquet,
Monsieur Floribert Doudoux-Ballot,
Et monsieur Eméril Onésime Ballot-Cercelet,
Tous trois fabricants de boulons, demeurant à Thilay, canton de Monthermé;
Ont formé entre eux une Société en nom collectif pour la fabrication et la vente des boulons, ferrures en tous genres et pièces diverses de forge.
La durée de la Société est fixée à dix années entières et consécutives, à compter du sept juin mil huit cent quatre-vingt-cing avec droit pour chaque associé de faire cesser la Société à l’expiration de la cinquième année.
La raison et la signature sociales sont : Ballot frères et compagnie .
Le siège de la Société est établi à Thilay, dans les bureaux de la Société.
Le fonds social est fixé à deux çent cinquante-sept mille trois cent quatre-vingt-huit francs cinquante-sept centimes.
Les associés ont tous trois indistinctement et concurremment la gestion de la Société et la signature sociale.
En cas de décès de l'un ou même de deux des associés pendant la durée de la Société, la Société continuera de subsister. Les veuves, héritiers et représentants de ou des associés décédés auront le droit de se retirer ou de continuer à en faire partie, mais dans tous les cas, le ou les associés survivants auront seuls droit à la signature sociale.
En cas décès des trois associés, la Société sera dissoute.
La Société sera également dissoute dans le cas où le capital social serait entamé de plus d’un tiers.
La liquidation de la Société sera faite à l’amiable : 1°en cas d’existence des trois associés par lesdits associés ; 2° en cas de décès d'un ou de deux associés par le ou les associés survivants et le représentant des veuve, héritiers, et représentant de l’associé ou des associés décédés ; 3° et en cas de décès des trois associés par trois liquidateurs nommés par les veuves, héritiers et représentants de chaque associé décédé, ou, à défaut de s'entendre, par le tribunal compétent.
Aucun des 'associés, ni leurs veuves, héritiers et représentants ayant opté pour la continuation, ne pourront céder leurs droit dans la Société à qui que ce soit.
L ’acte de Société qui avait été contracté entre les parties susnommées et madame Elisabeth Loison, veuve de monsieur Jean-Louis-Onésime Ballot, aujourd’hui décédée, suivant acte reçu par maître COUVANT , notaire â Château-Regnault, le trente décembre mil huit cent soixante-dix-sept, cesse de produire son effet à compter du jour de la constitution de la présente Société.
» Extrait par maître SOUGET , notaire soussigné, de la minute dudit acte de Société, dont une expédition a été déposée à chacun des greffes de la justice de paix du canton de Monthermé et du tribunal de commerce de Charleville, le vingt-sept juillet mil huit cent quatre-vingt-cinq.
» Paul SOUGET