... à travers le Petit Ardennais...
14 Novembre 2019
Vengeance cléricale. — On nous écrit : II y a quelques jours avaient lieu à Vendresse les obsèques purement civiles de M. Guérin. Le Petit Ardennais a rendu compte de cette cérémonie à laquelle assistaient plus de six cents personnes.
Or, les bons cléricaux de la localité, naturellement furieux de cette manifestation de la Libre Pensée, ont cherché à s’en venger à l’aide d’un de ces moyens dont ils semblent avoir le triste monopole.
Voici en quoi consista leur petite perfidie. Ils écrivirent à plusieurs fabricants de Sedan pour qui Guérin père et les deux frères Guérin travaillent comme tisseurs en les invitant à leur retirer leur gagne pain.
L ’un de ces fabricants fit bonne justice de cette lâche dénonciation et n’en continua pas moins à donner du travail à Guérin père et à l’un de ses fils, mais il n'en fut pas de même d’un autre bien connu pour ses tendances réactionnaires et ultramontaines. Celui-là s'empressa de refuser tout travail à l’un des fils Guérin.
Voilà donc les moyens qu’emploient les cléricaux.
Or, nous serions curieux de savoir ce qu’ils diraient si les républicains usant de représailles, s’avisaient d’imiter leur exemple.
LA FÊTE NATIONALE. — Le départ de la retraite s’est fait lundi, à neuf heures du soir, sur la Place Turenne. La musique des pompiers. l'Harmonie, la Fanfare de trompes de St Hubert et la Société de gymnastique parcourant la ville et une foule considérable les acclame et leur fait cortège. On remarque quelques illuminations et l'on entend des groupes qui chantent La Marseillaise et le Chant du Départ
Journée du 14. — la Revue. — A huit heures du matin, les troupes de la garnison, les pompiers, la douane et les gendarmes sont passés en revue par les généraux Deloye et De Liniéres, dans le vaste champ de manœuvre de la prairie. Le panorama qui encadre nos troupes est magnifique, l'effet est grandiose. Les spectateurs sort nombreux, les visages radieux, et une émotion véritable empoigne tout le monde lorsque les musiques font retentir notre hymne national. La tenue des troupes est superbe et le défilé s’accomplit dans un-ordre parfait.
Le bataillon scolaire. — A neuf heures, sur la Place d’Armes, notre bataillon scolaire au complet est passé en revue par M. le sous-préfet et par la municipalité, accompagnés des instituteurs et autres fonctionnaires. Chacun admire notre jeune milice. Bientôt arrive le bataillon scolaire de Balan. Chaque compagnie commandée par un sergent du 128e de ligne exécute les exercices de maniement d’armes avec beaucoup d’ensemble et de précision, ensuite M . le sous-préfet après avoir félicité le chef instructeur du bataillon, adjudant au 128e, fait une allocution que nous ne pouvons entendre et remet le drapeau accordé par le gouvernement à notre bataillon scolaire au maire de la ville, lequel lit un discours qui ne parvient pas non plus jusqu’ nous, après quoi il remet le drapeau à l'un des sergents du bataillon accompagné de sa garde d’honneur, deux de ses collègues. Les bravos éclatent et l'on entend de nombreux cris de : Vive la République!
Les musiques des pompiers et de l’Harmonie font entendre La Marseillaise, le Chant du Départ et d’autres morceaux, puis le défilé s’accomplit avec ordre.
Nos félicitations aux braves et dévoués instructeurs de notre jeune phalange. Il ont obtenu en quelques mois un résultat parfait. La discipline, la tenue et les exercices sont là qui attestent l’excellence de la méthode et la capacité des instructeurs militaires.
Des salves d’artillerie un peu maigres sont tirées pendant la revue du Bataillon scolaire, qui se termine par une promenade sur la place Turenne.
Matinée musicale. — La matinée du théâtre obtient un véritable succès, la salle est bondée. Bravo aux Enfants de Momus qui ont chanté avec beaucoup d'ensemble deux chœurs superbes. La Fraternelle a fait de son mieux , quelques-uns de ses membres ne sont pas tout à fait aguerris aux feux de la rampe, mais le public fait la part de la bonne volonté et de l'émotion inséparable...
Le programme se corse de deux grands morceaux chantés par un amateur, artiste de grand talent bien connu et bien goûté du public qui lui fait fête à chaque audition.
Jeux publics. — Les prix du mât de cocagne sont prestement enlevés par un champion qui rendrait des points au plus agile de la gent simiesque. Les courses au sac et les douches polonaises attirent un concours d’amateurs spéciaux, quelques-uns se font applaudir par leur adresse à gagner les prix.
Concerts. — Le Jardin d’horticulture qui prend figure et dont les plantations font le plus bel effet, attire un nombreux public. L'harmonie y exécute un excellent programme et quelques solistes se font surtout remarquer.
Objection : Puisque I’occasion s’en présente, nous constatons l’insuffisance des sièges du jardin, pourquoi ne laisse t-on pas en pareille circonstance, des loueurs de chaises remplir la lacune ? Pourquoi aussi en un pareil jour laisser subsister l’affreuse barrière de bois si incommode qui obstrue et déshonore l’entrée de notre beau jardin public.
Le concert des pompiers donné sur la place d’armes à 5 heures est aussi très goûté. Les exécutants sont entourés par une foule considérable.
Pour être juste, nous devons féliciter nos deux musiques, qui depuis le matin, travaillent sans trêve ni relâche, notamment celle des pompiers qui a commencé par la revue militaire du matin.
Après les concerts il existe un intervalle dans les divertissements. A ce moment une certaine fatigue mêlée de déception se lit sur toutes les physionomies. La gaîté n'est pas tout à fait expansive, c’est qu’il manque à notre fête un élément avec lequel il faut compter et qui a bien son mérite dans les festivités populaires.
Les places d’Armes, du Collège, d’Alsace-Lorraine, du Rivage, de Turenne, n’ont aucune baraque foraine, pas le plus petit saltimbanque, pas le moindre manège de chevaux de bois, nous n’entendons nulle part ces musiques endiablées, ces grosses caisses retentissantes, ces boniments et ce lazzis ébouriffants, ça manque et ça fait un vide. Pourquoi l'absence de cette partie si utile dans le concert des fêtes publiques ? Chacun se le demande et le déplore.
L’effet qui en résulte est pénible et désoriente la foule qui cherche vainement une attraction, un spectacle de la rue. Que nos édiles fassent en sorte d’attirer désormais ce genre de distraction. Il est indispensable, nous no l’avons que trop vu mardi.
Fête de nuit. — Le bal, commencé à huit heures du soir, a fini à une heure.
Pendant tout ce temps les danses sont très animées, les couples s’en donnent à cœur joie ; les toilettes féminines sont délicieuses et nous sommes autorisés à supposer que les tendres paroles, les doux aveux, les promenades expansives viennent apporter une ]oie sans mélange, un bonheur délicieux dans les cœurs jeunes et aimants.
Tant mieux, la République n’a rien à y perdre !...
Illuminations. — En première ligne, la gare se fait admirer; l’effet est magnifique. La Caisse d’épargne est éclairée avec goût ; le musée, le Cercle, la Halle, le palais de justice, le théâtre, la gendarmerie, la caserne d’Asfeld attirent et flattent l’œil. Les illuminations du collège et de l' hôtel des postes sont trop modestes et soulèvent des critiques. Nous nous souvenons aussi que jadis toutes les fenêtres du grand quartier étaient éclairées; on s’est contenté cette fois de portiques et d’ifs à l’entrée. L ’entrée de la caserne d'infanterie est ornée de feuillages, de guirlandes et d’attributs. Beaucoup d’habitants ont aussi illuminés leurs façades avec goût. N ’oublions pas le Cercle de la Marck qui tous les ans se distingue et qui cette année a une décoration d’un effet très heureux. A une heure du matin, tout redevient calme. Nous n'avons à noter aucun incident regrettabie et croyons que le rôle de la police a été des plus faciles. Nous on sommes très heureux, car cela ne fait pas l'affaire de nos réactionnaires qui voudraient bien qu’un peu de tapage, qu’un peu de désordre leur donne prétexte à récriminations. L’esprit républicain a plus de sagesse et l’a ] fait voir hier . Pour terminer, exprimons un souhait qui est dans toutes les bouches : l'armée a toutes les sympathies de la population sedanaise ; les autorités militaires en ont eu en auront des preuves nombreuses. Pourquoi les musiques de nos régiments n'ont elles pas pris part à la retraite aux flambeaux et ne se sont-elles pas fait entendre dans les concerts du 14 ? La population serait heureuse à l’avenir de ne plus avoir à constater cette abstention.
CONSEIL MUNICIPAL DE SEDAN. — Séance du 13 juillet 1885.
Caserne du Ménil. — M . le maire dit, au début de la séance, qu’il a adressé à M. le ministre de la guerre copie de la délibération du conseil en juin dernier, au sujet de la garnison promise, mais que, jusqu’à présent, il n’a reçu aucune réponse. Le conseil l’invite à continuer ses démarches.
Eaux de l’hospice civil. — Le ministre de la guerre ayant prononcé la résiliation, à partir du 1er septembre 1885, du bail d’affermage passé avec la ville pour la concession d ’eau à l’hospice civil et venant de la source militaire, le conseil décide qu’il y a lieu de faire des démarches auprès de l’autorité pour obtenir de M. le ministre qu’il revienne sur cette décision. En cas de refus, le conseil examinera un projet tendant à établir une conduite d ’eau de la place Turenne à l’hospice (dépense approximative ; 1 à 8,000 fr.). La moitié de cette somme serait supportée par l’hospice.
Legs. — Le conseil donne un avis favorable au legs de 1,000 fr . fait au bureau de bienfaisance par M. Wilquin , propriétaire.
Les rues. — Il est ensuite procédé à des décisions concernant las alignements et prolongements de différentes voies de la ville. La ville achètera à M. Colson 6 m. 31 de terrain pour l ’alignement de la rue des Caquettes. Le conseil autorise l ’administration à traiter moyennant 0,60 cent, du mètre, pour l’achat de terrain à faire à MM. Stoffels et Pénasse, pour le prolongement de la rue des Fossés. Les projets d’alignements de la rue de Bazeilles et de la place Verte, sont approuvés.
Bourses. — Une demande de bourse est renvoyée à la commission d’instruction publique. Le jeune Isidore Clarinval a écrit pour rendre compte de ses examens à la Faculté des sciences de Lille . Il a été classé la 3° avec la note très bien. M. le maire donne lecture de cette lettre.
Statue de Turenne. — Le projet de supprimer la grille de cette statue est renvoyé à la session d’août.
Ligne de Raucourt à Vouziers. — Le Conseil rejette à l ’unanimité la nouveau tracé proposé qui part de Vrigne-Meuse et vote une subvention de 15,000 fr. sur celui précédemment tracé de Raucourt à Vouziers.
La séance est levée.
Simple question à M. Philippoteaux. — On nous écrit : Dans la dernière séance du Conseil municipal, il a été rendu compte des notes obtenues par le jeune Clarinval, élève de mathématique au lycée de Lille. A ce propos, nous demandons à M. Philippoteaux de quoi droit il a fait obtenir une bourse à ce jeune homme qui n’est pas Français ? Le père est Belge et le fils n’ayant pas vingt-un ans, n’a pas le droit d’option. Nous attendons la réponse à notre demande.
Inauguration du Cercle militaire. — Samedi prochain 18 courant, aura lieu l’inauguration du Cercle militaire de MM. les officiers de l’armée de réserve et territoriale. A cette occasion de nombreuses invitations ont été faites à MM. les officiers de l’armée active. Cette inauguration promet d’être très brillante. La musique du 128e ligne doit y prêter son concours.
Chien disparu. — Il a été perdu, sur la place Turenne, dans la soirée du 14 juillet, une toute petite chienne noire tâchée de feu sous le ventre et à la poitrine. Prière de la ramener au bureau de police; il y aura récompense.
Accident. — Hier (16 juillet), le sieur Tristant, travaillant à la démolition d’un mur chez M. Godelle, hôtel de France, perdit l’équilibre et fut précipité d'une hauteur de huit mètres. Dans sa chute, il eut le crâne ouvert. L’état du blessé est grave. Tristant est marié et sur le point d'être père.
Caisse d’épargne. — Opérations des 9 et 12 juillet 1885. — CAISSE CENTRALE : 147 versements dont 15 nouveaux . 34 62 25 ; 43 remboursements dont 7 soldés , 16.605 46. — SUCCURSALE DE CARIGNAN : 60 versements dont 9 nouveaux, 13.694 »» ; 8 remboursement» dont 1 soldé, 1.970 71. — SUCCURSALE DE DOUZY : 16 versements dont 3 nouveaux, 3.790 ; l10 remboursements dont 3 soldés, 3.130 35. — SUCCURSALE DE MOUZON : 13 versements dont 2 nouveaux, 2.964 ; 4 remboursements dont 2 soldés, 2.964 . — SUCCURSALE DE RAUCOURT : 38 versements dont 4 nouveaux, 6.681 75 ; 6 remboursements dont 1 Soldé, 2.489 — SUCCURSALE DE VRIGNE-AUX-BOIS : 23 versements dont 2 nouveaux, 4.415 ; 9 remboursements dont 1 soldé, 3.103 68.
M. Philippoteaux à la remise du drapeau. — On nous écrit : Grande cérémonie ce matin sur notre place d’Armes ; le bataillon scolaire recevait de M. le sous-préfet le drapeau national que beaucoup d’entre eux illustreront un jour.
Le défilé a été fort beau et la promenade faite à la suite dans les principales rues de la ville a vivement ému la population ; j ’ai remarqué bien des larmes dans les yeux des mamans de ces petits troupiers. Et les papas donc ! Fallait voir comme ils étaient fiers et heureux de voir manœuvrer leurs fils ; chacun d’eux voyait déjà un futur héros dans le sien ; - grand et noble sentiment qu’il faut continuer à développer.
Cette belle solennité était rehaussée par la présence du maire député de Sedan, du Conseil municipal, des professeurs du collège, venant à la suite du principal, et de tous les dévoués et modestes instituteurs de nos écoles primaires, etc, etc.
Professeurs et instituteurs méritent des éloges pour l’instruction sérieuse et virile qu’ils donnent aux vengeurs de l’avenir ; à vous donc. Messieurs, les plus chaleureuses félicitations, à tous les titres vous les méritez, et croyez à la reconnaissance de tous les pères de famille.
Quant au maire de Sedan, il était superbe, radieux, épanoui; il a prononcé devant nos petits soldats un discours qu’on ne pouvait entendre!; mais à voir les traits animés de son visage et ses gestes théâtraux, on pressentait qu’il devait sangloter de jolies choses. On s’égaierait en comparant ce discours avec celui qu’il prononçait deux ou trois années avant la guerre dans une distribution des prix du collège ; on rirait; fort de l’audace politique de ce pseudo-républicain.
Il faut croire que l’épithète de vieux maire chatouille désagréablement les oreilles de M. Philippoteaux, car aujourd’hui il paraît rajeuni de quarante ans.
Ses cheveux d’un beau châtain grand teint étaient frisés au petit fer ; aussi est-il resté découvert malgré le soleil pendant presque tout le temps de la cérémonie, correct dans ses poses et sa tenue, malgré la coupe surannée de son habit et son chapeau de forme préhistorique.
Il portait ses décorations et les insignes de la députation; enfin il était beau et magistral comme le comédien Delobelle, de Daudet, accompagnant la dépouille mortelle de sa fille à sa dernière demeure.
Oui, le député de Sedan était beau, et ceux qui l ’appellent le vieux maire ont tort, car il s’y entend pour corriger des années les cruelles morsures ; il pose, et même très bien, et par le temps qui court, à défaut d’autres capacités, celle-là a bien son mérite.
Le roi de Sedan connaît bien ses sujets; ; il sait que pour beaucoup d’entre eux c’est par les yeux, comme nos petits écoliers des salles d’asile, qu’il faut les prendre ; c’est du moins ce que ses courtisans lui affirment, et il a une confiance absolue en son infatigable compère Tristan l’Hermite qu'on remarquait aussi à la cérémonie, ainsi qu’Olivier-le- Daim, dit Pieds-Fraîches, et son doux et timide Jacques Coyctier qui a si fort médicamenté ses ardeurs républicaines d'antan qu’il est aussi conservateur aujourd’hui que son autre collègue de la municipalité. Il faut bien que l'opinion du Louis XI municipal, qui fait, marcher Sedan, se déteigne sur ses favoris et ses familiers.
Ah ! si tous les électeurs ardennais, de toutes les opinions, connaissaient M. Philippoteaux comme le connaissent tons les électeurs sedanais, de toutes les opinions, il serait, aux prochaines élections, renvoyé aux tranquillités de la vie privée ! Le département sera étonné de l'infime petit nombre de voix qu’il obtiendra dans sa bonne ville de Sedan.
Prochainement nous parlerons des électeurs sedanais votant pour M. Philippoteaux.
Ecole de tissage. — On nous écrit : Hier avait lieu à la mairie une réunion de fabricants commissionnaires en draperie pour discuter sur les mesures à prendre au sujet de l’école de tissage.
Pour subvenir aux frais de cette école, une somme annuelle de 5,000 fr. est nécessaire. Comment trouver cette somme ?
Cette question n’a pas été tranchée. Il est bien difficile, en effet, d’arriver à une solution en une seule séance, lorsqu’on vient sans y être préparé et sans avoir un ordre du jour suffisamment détaillé.
C’est cette dernière raison qui fait que bon nombre de fabricants se sont abstenus de se rendre à la réunion.
Deux réunions au moins sont nécessaires. Dans la première on pose les bases, on fait des propositions ; dans la seconde réunion, on discute et l’on vote sur l’adoption de telle ou telle proposition.
On a il est vrai, décidé de rétablir l’ancien prix de 0 fr. 50 par pièce pour le mesurage des draps. Dans l’intérêt même de l’école de tissage, nous engageons M. le Maire à ne pas avoir recours à ce moyen qui n’est ni juste ni opportun.
L'Ecole de tissage, bien que les résultats obtenus jusqu’à ce jour ne soient pas appréciables, intéresse toute la ville ou tout au moins toute la fabrique. Or, il serait arbitraire de prétendre que certains fabricants doivent seuls en payer les frais, alors qu'aucun des grands fabricants de la place n’envoie ses pièces au mesureur public .
Cette mesure proposée par une vingtaine de personnes ne représentant pas la majorité des fabricants, trouverait de nombreux adversaires.
Ce serait provoquer ce qui s’est passé antérieurement, la création d'un second métreur public. Afin d’éviter un malentendu avant de mettre en vigueur cette proposition, nous engageons M. le maire à faire présenter une liste chez tous les fabricants payant le métreur, leur demandant s’ils sont partisans ou non de l’augmentation proposée. C’est selon nous, le seul moyen d’éviter des déceptions.
L’Ecole de tissage est nécessaire, nous le croyons, mais il faut chercher d’autres moyens pour subvenir à ses frais.
Fabricants, négociants, commissionnaires, marchands de laine, filateurs, la ville même y est intéressée. Il est donc juste que chacun y apporte sa quote-part.
Conservatoire. — Parmi les lauréats aux concours du Conservatoire de Marseille, nous remarquons le nom de Mlle Valentine Degest, 1er prix au concours de solfège supérieur à l'unanimité.
Mlle Degest est la fille de notre ancien commissaire de police et l’élève de M Van de Peer, ancien chef de l'Harmonie sedanaise.
Etat-civil du 9 au 15 juillet 1885. — Naissances : Garçons, 4 ; filles, 7.
Mariages : Charles Octave-Alfred Ivoilet, 26 ans, agent de police, et Marie-Antoinette Ebel, 17 ans, sans profession. — Gabriel Duroy, 34 ans, domestique, et Clémentine De Punnemæeker, cuisinière, 35 ans. — Paul Helin, 26 ans, menuisier, et Marie-Augustine Lambinet, 27 ans, lingère. — Paul Barlot, 31 ans, cordier, et Marie-Eugénie Husson, 24 ans, repasseuse.— Hippolyte Lamotte, 24 ans, magasinier, et Elisa Paulet, 24 ans, rentrayeuse.
Décès. — Victor Guyot, 36 ans, garçon boulanger. — Nicolas-François Thévenin, 68 ans, étameur. — Augustine Zélia Guillaume, 48 ans, nopeuse — Emilie Muret. 32 ans, couturière. — Berthe Hulot, 11 jours. — Alfred-Auguste Blanchard, 32 ans, employé. — Jules-Adrien Guillaume, 1 mois. — Joseph André, 79 ans.
Appel aux Comités. — On nous écrit : Les journaux de toutes nuances nous disent à chaque instant que les élections de la Chambre des députés pourraient bien avoir lieu le 16 août; en prévision de cet événement, on se demande comment il se fait que, dans chaque chef-lieu d’arrondissement, aucun Comité électoral, si ce n’est celui de Charleville, n’est en voie de formation et si l'initiative de cet appel ne doit pas émaner des conseillers généraux, conseillers d’arrondissement et conseillers municipaux; il importe cependant de connaître la pensée des candidats aspirant à la Députation. D'une Chambre sincèrement républicaine dépend cependant l’avenir de la République et qui pourrait, pour la dernière fois, fermer la bouche à ses adversaires.
Cet appel patriotique sera-t-il entendu de la part de ceux à qui incombe ce devoir sacré, de ceux qui ont si bien su briguer les suffrages des lecteurs quand il s’agissait de leur propre élection ; mettront-ils, aujourd'hui, moins de zèle à l’œuvre quand il s’agit de sauvegarder la chose publique ?
Voilà, monsieur le rédacteur, les simples réflexions d’un modeste électeur et de plusieurs de ses amis, peinés d’une si coupable indifférence de ceux qui devraient figurer au premier poste. Veuillez agréer, etc.
Arrestation . — La gendarmerie a arrêté, en vertu d’un mandat d’arrêt du Parquet de Saintes, le nommé Compas, Louis, né à Rubécourt, inculpé de fabrication et émission de fausse monnaie, commises en 1877.
Objets perdus. — Mme L ..., demeurant rue d’En Bas, a perdu un billet de 752 francs, 20 ou 25 francs contenu dans une enveloppe à l’adresse de Mme Coslett. — Mme X..., a perdu une paire de lunette de dame renfermée dans un étui portant le cachet de M. Charles Jacquart. — Prière de rapporter ces objets, il y aura récompense.
Objets trouvés. — Le sieur Colombay, du faubaurg de la Cassine, a déposé au bureau de police un paquet de fourchettes, cuillers et un tire-bouchon. — M . L .., a déposé au bureau de police, un vieux porte-monnaie contenant une somme minime.
Douceur évangélique. — On nous écrit : Hier samedi, avait lieu l’enterrement de M. M ... Au moment de la levée du corps, l’attention des assistants fut détournée par le bruit d’un soufflet vigoureusement appliqué. L'abbé Fay, dit Courte vue, oubliant la retenue que lui commandaient et l’assistance, et le caractère de cette cérémonie funèbre, venait, sans motif aucun, d’appliquer d’une main de maître, un soufflet retentissant sur la joue du malheureux enfant de chœur porte-croix qui s’en est allé en pleurant. Cet acte de brutalité inqualifiable n’a pas été, vous le pensez bien, interprété par l’assistance, en faveur du doux ministre de paix et de consolation.
Chiens de bouchers.— Les bouchers qui occupent le marché couvert ne pourraient-ils pas être obligés de tenir leurs chiens à l’attache et les particuliers ne pas y conduire les leurs? Samedi dernier, des chiens se battant sont venus se jeter dans les jambes de deux dames et ont failli être cause d'un grave accident. Une de ces dames a été tellement effrayée qu’elle a failli perdre connaissance.
Toujours la douceur évangélique. — On nous écrit : Sous la rubrique : « Douceur évangélique, » je lis dans votre numéro de samedi l’acte de brutalité commis par l’abbé Fay sur ce malheureux enfant de chœur. Témoin occulaire du fait, je suis, comme vous pouvez le penser, des premiers à le blâmer. Mais les parents assez naïfs ou assez peu scrupuleux pour exposer volontairement leurs enfants aux brutalités de ces enjuponnés n’encourent ils pas une grande part de responsabilité ? De plus les enterrements ont lieu chaque jour à toute heure. Comment se fait il que les enfants puissent ainsi être dérangés de leurs études et quitter les classes? M. l’inspecteur des écoles a-t-il autorisé la chose ?
Ruse de voleur . — La nommé Armaise, Paul, actuellement détenu à la maison d’arrêt sous l’inculpation de vol d’argent au préjudice d’un habitant de Sedan, ayant déclaré avoir jeté le produit de son vol dans les carrières d’Olly, écart de la commune d'Illy, a été conduit sur les lieux. Mais, ainsi qu’il fallait s’y attendre, les recherches faites pour retrouver la somme volée sont restées infructueuses. Le but d’Armaise en faisant cette révélation était de faire une promenade à la campagne.
Tentative de vol. — Une tentative de vol a été commise au préjudice du lutteur Achille, actuellement sur la place Nassau.
Suicide. — Lundi 20, à huit heures et demie du soir, le nommé Roger, Paul, après avoir dit à plusieurs personnes qu’il allait se noyer, a enjambé le garde-fou du pont Saint-Vincent-de-Paul, et s’est précipité dans la Meuse. Le lendemain à midi son corps n’était pas encore retrouvé. Roger s’adonnait à la boisson.
Caisse d'épargne de Sedan. — OPERATIONS DES 16 ET 19 JUILLET 1885. — Caisse centrale. — 128 versements dont 19 nouveaux, 25,485 fr- 03. — 47 remboursements dont 11 soldés, 12,700 f. 01
TORCY-SEDAN. — Blessures accidentelles. — Lundi 20 courant, le nommé Lagny, Arthur, âgé de dix-huit ans, ouvrier à l’usine de M . Friquet, se rencontrait dans l’atelier avec un de ses camarades. Le passage se trouvant assez restreint, Lagny se rangea en écartant la main droite, celle ci ayant rencontré des cisailles en mouvement il a eu les trois premiers doigts coupés à la deuxième phalange. La victime est orphelin de père et l’aîné de cinq enfants.
Passage de troupes. — Les 25 et 26 juillet logeront à Sedan (séjour), 15 officiers, 317 sous-officiers et soldats, 17 chevaux, composant le 1er bataillon du 43e de ligne allant de Lille à Verdun. Le 29 juillet, logeront également à Sedan 1 officier et et 52 hommes de troupes du 3e régiment du génie se rendant de Mézières à Montmédy et Longwy.
CHEMINS DE FER DE L’EST. — Promenade dans la vallée de la Meuse. — En vue de faciliter les promenades dans la Vallée de la Meuse, les dimanches et jours de fête, la Compagnie des chemins de fer de l’Est délivre, comme les années précédentes, du 1er mai au 15 octobre, à ses gares d’Epernay, de Reims, de Rethel, de Sedan et de Charleville pour Givet, des billets spéciaux d’aller et retour à prix très réduits, donnant aux voyageurs le droit de descendre à l’une des stations comprises entre Charleville et Givet et de reprendre le chemin de fer à une autre station.
La délivrance de ces billets a lieu le samedi ou la veille des jours de fête à partir de midi et se continue jusqu’au lendemain à midi. Ils sont valables, pour le retour, jusqu’au lundi ou jusqu’au lendemain des jours de fête, dans les trains partant dans la matinée jusqu’à midi. Enfin, ils sont reçus dans tous les trams comprenant des voitures de la classe pour laquelle ils sont délivrés.
Prix des billets d’aller et retour : d’Epernay, 1re classe 12 fr., 2e classe, 9 fr., 3e classe 7 fr.; de Reims, 10 fr ., 8 fr., 6 fr. ; de Rethel, 8 fr., 6 fr., 4 fr.; de Sedan et Charleville, 7 fr., 5 fr, 3fr.
Cadavre retrouvé. — Dans notre numéro de mercredi, nous avons fait connaître que M. Roger, Paul, s’était noyé dans la Meuse en s’y jetant volontairement. C’est seulement jeudi, à sept heures du soir, que son cadavre a été retrouvé à environ 100 mètres de l’endroit où il s’est jeté à l’eau.
Y aura-t-il deux poids et deux mesures ? — On nous écrit :
Il y a quelques mois à peine, procès-verbal était dressé pour un soufflet donné en un lieu public et l’affaire venait en simple police. Or le soufflet appliqué à un enfant de chœur par l’abbé Fay, en présence d’environ 200 personnes et en pleine rue, constitue le même délit. Il ne peut y avoir deux poids ni deux mesures et nous sommes persuadés que M. le commissaire de police fera pour l’un ce qu’il a fait pour l’autre. Lorsque le doux frère Bertrand, de l’école libre des frères avait frappé la jeune Lallemand.
M. le commissaire déclarait son incompétence le fait s ’étant passé à l’intérieur de l'école, la plainte devant être faite par les parents. Le cas actuel est tout différent. Eh quoi! lorsqu’on maltraite des animaux sur la voie publique, la loi Grammont est appliquée et on pourrait impunément maltraiter des enfants !
Tel n’est pas notre avis et nous espérons qu’il sera partagé par M. le commissaire de police.
A propos du bataillon scolaire et de M. Philippoteaux. — On nous écrit :
« Enfin le drapeau du bataillon scolaire est retrouvé. Vous ignoriez peut-être que celui remis lors du 14 juillet n’était que provisoire et que le vrai, celui envoyé par le ministre, était égaré. Il parait qu’il était allé se promener á Lyon.
» A propos de la remise de ce drapeau, quiconque eut vu M. Philippoteaux, prononçant son allocution, n’eut pas douté un seul instant qu’il fut l’instigateur de la création du bataillon, ou tout au moins un zélé partisan. Il n’en est absolument rien. Là comme ailleurs, le député de Sedan a changé d’opinion.
» L'opposition, les tracasseries de tous genres de la part de la municipalité ne firent pas défaut.
» C’est que, à Sedan, la création du Bataillon scolaire est due à la Loge maçonnique, c’est à dire à des hommes loyalement et sincèrement républicains, et, par conséquent, en opposition d’idées avec M. Philippoteaux et son Conseil municipal.
» Grâce à la générosité de bon nombre de citoyens qui s’étalent inscrits sur ses listes de souscription , le Comité composé des membres de la Loge auxquels s’adjoignirent les quelques rares conseillers municipaux républicains, avaient en quelques semaines armé et équipé de petits soldats. Le président de la Société de gymnastique de Torcy avait gracieusement offert sa salle pour les exercices, et M . Dalle, sous-officier breveté, avait bien voulu se charger de l’instruction du bataillon.
» En présence d'un tel résultat, la municipalité voyant qu’on pouvait fort bien se passer d’elle se hâta, alors, de voter une somme de 3,000 fr. qui permit d’augmenter l’effectif du bataillon. Les élèves du collège et des écoles communales laïques, auxquels vinrent s’adjoindre les 80 petits soldats déjà armés et équipés formèrent le nombre réglementaire de 200. Le bataillon fut reconnu par l’autorité militaire.
» Tel est l’origine du bataillon scolaire de Sedan que j’ai cru devoir rappeler, afin de rendre à César ce qui est à César, et non pas à Auguste.
» Maintenant simple questions ?
» Pourquoi le président du comité d’initiative du bataillon n'a t-il pas été invité lorsque le bataillon a été reconnu ?
» Pourquoi a-t il reçu une invitation lors de la remise du drapeau ?
» Pourquoi le drapeau a-t-il été remis au bataillon scolaire en grande pompe et avec tout le cérémonial ? (ce que j'approuve ).
» Pourquoi n’en a-t il pas été de même en 1874, lorsque le ministre de la guerre a envoyé également un drapeau à la compagnie des sapeurs-pompiers en reconnaissance de leur belle conduite pendant la triste journée du 1er septembre 1870 ? Le secrétaire de la mairie, qui était alors M. De?aud, appela dans son bureau deux pompiers et leur dit : « Voilà votre drapeau là-bas dans le ??pin, enlevez-le. » Ainsi fut faite la remise de ce drapeau d’honneur à ces hommes qui, toute la journée, avaient exposé leur vie sur les remparts, les uns faisant le coup de feu, les autres chargeant les canons, les autres éteignant les incendies allumés par les obus prussiens.
» Craignant que la réponse à ces questions ne se fassent trop attendre, je préfère y répondre de suite .
» M . Philippoteaux est avant tout opportuniste. Il ne se fait pas illusion sur sa popularité. Il sait que ses partisans diminuent de jour en jour.
» Or les élections sont proches, et toutes les occasions de se mettre en vue et d’afficher des opinions qu’il n’a pas, sont saisies avec empressement par lui : comices agricoles, fêtes, inauguration de ceci ou de cela, tout est bon pour se produire et larmoyer quelques paroles où sa personnalité n’est jamais oubliée.
» Peine perdue, monsieur Philippoteaux! Aujourd’hui, vous êtes suffisamment connu. Les électeurs veulent avant tout, des représentants honnêtes et sincères, des candidats ayant une opinion, et ne veulent plus être le jouet des malins, toujours prêts à se tourner du côté du plus fort, n’acceptant le Drapeau national que pour s'y tailler un habit tantôt bleu, tantôt blanc, tantôt rouge, suivant les circonstances.
» Assez de comédie et à bas les masques ».
Objets perdus. — Mme X ,.., avenue du Collège, a perdu en ville un lorgnon d’une valeur de 25 fr. — Mme X .., rue St-Charles, a perdu sur la place du Marché un porte-monnaie en cuir rouge contenant une pièce de deux francs et un billet du Crédit Lyonnais qui doit se toucher au mois de mai. — M. X ..., messager à Saint-Menges, a perdu six échois de trame avec une étiquette : M . Bordorel et l’ouvrier Nolet, Pascal.
État-civil du 16 au 23 Juillet 1885. — Naissances. — Garçons, 4 ; filles, 4.
Mariages. — Valentin-Emile Lambinet, placier, et Zelma-Joséphine Duhautois, domestique, 23 ans.
Décès. — Ernestine Guillemin, 5 mois. — Marie-Joséphe Cheverier, veuve Gennet, sans profession, 74 ans. — Alexandre-Joseph Wallée, laineur, 78 ans. — Xavier Thiéry, journalier, 55 ans. — Jules Troller, fabricant de draps, 42 ans. — Jacques-Auguste Martinet, débitant, 60 ans — Louise-Philippine Antoine, veuve Lemaire, 74 ans. — Louise Tasnier, épouse Rigaud, 83 ans. — Léon Grégoire, 2 ans. — Marie Chenot, veuve Carré, couturière, 82 ans, — Alice Douffet, 7 mois. — Marie-Louise Cagigal, épouse Gilbert, 64 ans.
SPECTACLES. — Musique du 128e de ligne. — Dimanche 28 juillet, place Turenne, de cinq à six heures : Le Grenadier espagnol, (GOURIS). — Guillaume Tell, (ROSSINI) — La Muette de Portici, (ARBAN). — Zampa, (HEROLD ). — La chaîne d’or (DOUARD)
Tentative de suicide. — Jeudi dernier, dès le matin, Mme veuve L . .., âgée de près ds 90 ans, quittait Mon-Idée près Sedan, où elle habite, sans dire où elle allait.
Au bout de quelque temps, son neveu M . C ..., ne la voyant pas revenir, battit les environs mais en vain. Mme L... quoique marchant péniblement, s’était rendue au pont de Bazeilles. Est-ce volontairement ou accidentellement, toujours est-il que vers midi, des passants survenus à temps, l’ont retirée de la Meuse, donnant encore signe de vie .
Après avoir reçu les soins que méritaient sa position, cette femme fut ramenée à son domicile. Hier, sa position ne paraissait pas aggravée.
Réductions . — M. ALEXANDRE , tailleur à façon, prévient sa clientèle qu’il travaille à prix réduits, dans les conditions suivantes : Redingotes, 20 fr. ; vestons, 10 fr.; pardessus, 25 fr. ; pèlerines, 8 fr. ; pantalons, 4 fr., et gilets, 4 fr. — Il répond des marchandises qui lui sont données. S’adresser au Champ-de-Mars, Fort des Ecossais, à Sedan.
TORCY-SEDAN. — « Les Enfants de Turenne. » — Un groupe de membres honoraires nous demande l'insertion suivante :
Assemblée générale de la Société gymnique les Enfants de Turenne, du 28 courant. — ORDRE DU JOUR : 1° Approbation des comptes de l'année ; — 2° Renouvellement du vice-président ; — 3° Renouvellement du Comité.
Après examen des livres, le Comité a approuvé les comptes soumis par le secrétaire-trésorier M. A. Collinet.
M. A . Dalle a été renommé vice-président à l’unanimité.
MM. Servotte, Wiart, Sinet et Rénaux, membres honoraires faisant partie de l’ancien Comité, ont été aussi renommés à l’unanimité.
MM. Eisclien, Collinet, Droxler, Patat, membres actifs, font aussi partie du Comité.
Nous ne pouvons terminer ce compte rendu sans offrir nos remerciements à MM. E . Dalle, chef, A . Dalle, vice-président, et à MM, les membres du Comité pour le zèle et le maintien de la bonne discipline dans cette jeune Société qui n’ayant qu’un an d’existence, figure déjà au premier rang des Sociétés gymniques ardennaises.
lnspection militaire . — M. le général de division d’Espouilles, est actuellement à Sedan, pour y inspecter le 14e régiment de chasseurs à cheval.
Mort accidentelle. — Vendredi 24, vers neuf heures du soir, un sieur Meurice, âgé de 31 ans, cordonnier ambulant, originaire de la Meuse, se présentait pour loger chez Mme veuve C...., à Sedan. Meurice qui était pris de boisson, fut conduit dans une chambre au 3e étage. Vers 11 h.1/2 on entendit la chute d’un corps dans la cour ; des personnes de la maison accourues au bruit, trouvèrent Meurice le crâne ouvert, donnant encore signe de vie. Un instant après il expirait. On suppose que la victime en voulant rendre la boisson prise, se sera penchée à la fenêtre, et perdant l’équilibre, est tombée dans la cour.
Etat-major général de l’ armée. — Par décret du 24 juillet 1885, rendu par le Président de la République sur la proposition du ministre de la guerre, a été promu au grade de général de division dans la 1ère section du cadre de l’état-major général de l ’armée), M. Deloye (Charles-Henri-Maurice), général commandant la 5e brigade d’infanterie (3e division, 2e corps d’armée).
M. le général de brigade Larchey est nommé au commandement de la 8e brigade d’infanterie (3e division) 2e corps d’armée, à Sedan, en remplacement de M. le général Dalloye, promu général de division.
Génie . — Par décret, du 22 juillet courant, a été promu dans le corps du génie au grade d’adjoint de 2e classe, M. Arnould, Conatans-Joseph, adjoint de 3e classe à Sedan, en remplacement de M. Diet, promu. — Maintenu à son poste actuel.
Chasse au maraudeur . — Dimanche, 26 courant, un nommé E. M ..., était surpris entrain de marauder des oignons et des pommes de terre, sans plus de gêne que s’il les achetait au marché, mais le gardien de la propriété ayant surpris le larron, se mit à sa poursuite, aidé de deux militaires. Il ne put toutefois l’ atteindre, car il était parvenu à gagner les bois de la garenne où il se croyait bien en sureté.
Malheureusement pour le voleur, le garde-champêtre Fournier, du Fond-de Givonne, qui se trouvait en tournée dans les parages, vit le fuyard entrer dans le bois. En un instant, le courageux garde avait franchi plus de quinze cents mètres et parvenait à l’arrêter.
Un grand discours. — On nous écrit :
« La distribution des prix aux élèves du collège de Sedan doit présenter cette année un attrait inaccoutumé. M . Philippoteaux, vice-président de la Chambre des députés, ex-président du Centre gauche, maire de Sedan, membre du Conseil académique de Douai, officier de la légion d’honneur, chevalier de St-Grégoire, président de l'Association, des anciens élèves du collège. président de la commission du musée, président de la commission de l'hospice et du bureau de bienfaisance, président du comité de l’école de tissage, président du conseil d'administration d’un journal Centra gauche, administrateur de la compagnie d'assurances Le Frelon, président de etc., etc... est appelé à . .. présider la cérémonie, pompeusement entouré des notabilités de l’armée, de la magistrature et du clergé.
» Toute la population attend avec une légitime impatience cette belle solennité où le fondateur de la République et du Bataillon scolaire s'apprête à déverser les flots de sa suave éloquence. L'attente universelle ne sera point déçue, car l'un de nos amis, pardonnez-lui l'indiscrétion de sa conduite, nous remet à l'instant un papier, trouvé dans un compartiment de 1ère classe que l'illustre homme d'Etat venait de quitter et dont l'écriture trahit assez la provenance. Ce document indique les préoccupations actuelles de l'auteur et les sujets variésqui se présentent, à la fois, à sa bouillante imagination pour donner à la fête scolaire sedanaise tout l’éclat qu'elle comporte.
» Voici ce que, nous y lisons (caractères tremblés) :
Du Moi (fine analyse psychologique)
De l’émotion chez l’orateur (esquisse littéraire).
De la fidélité aux principes et aux convictions (critique morale).
La parole a été donnée à l’homme pour se taire ou pour déguiser sa pensée (à l'usage des rhétoriciens ).
De l’eau bénite de cour dans le style épistolaire (conseils à un futur politicien )
Qui trop embrasse mal étreint (sages avis à la jeunesse)
L’exemple des grands. Son influence sur l’éducation. (Discours en 3 points).
Le frère et la sœur. (Délicieuses scènes d’intérieur).
Du bonheur de retrouver dans une autre vie tous ceux et toutes celles que l’on a aimés. (Sermon).
La chasteté, quatrième vertu théologale. (Poème).
La Famille et le Radicalisme. (Aperçus moraux et philosophiques).
Le cœur ne vieillit pas (Romance).
La Conversion de Léo Taxil ou la victoire de la Foi. (Etude religieuse).
La « dépouille de nos braves » comme moyen oratoire. (Paroles et musique).
De la Prudence et de l'amabilité dans la vie publique. (Aphorismes pratiques).
Des bains.......... chez les anciens. (Essais hygiéniques).
La loi de sûreté générale et le plébiscite ou douze années d'Empire. (Souvenirs historiques et personnels).
De l'économie domestique. (Recettes excellentes)
De l’esprit de famille et de son emploi dans la vie publique et privée. (Dissertation).
La première pierre du collège de filles. (Symphonie électorale).
Comment on devient ingénieur. (Procédé nouveau et rapide).
La comptabilité municipale en trois leçons. (Pédagogie).
Sur l’amertume des grandeurs. (Complainte).
Le repos du sage. (Poésie).
» L ’énumération n’est sans doute pas terminée ; mais quel que soit le sujet que choisisse le président de la cérémonie universitaire, on peut être sûr qu’il le possède à fond et le traitera de main de maître.
» Quant au précieux autographe, nous nous proposons de l'adresser prochainement au musée de Sedan, où il tiendra une place honorable dans la remarquable collection qui s’y accroît tous les jours, grâce à la libéralité du noble émule de Turenne, dont le nom doit, paraît-il, être gravé prochainement, comme celui du grand capitaine, sur l’une des portes municipales du nouveau collège. Plaudite cives ! Plaudite discentes !
Affaire Wantz-Rahir . — Hier a dû venir devant le tribunal civil l’affaire Rahir-Wantz . On se souvient de ce procès qui fit tant de bruit, il y a un an.
Le jeune Rahir était employé comme clerc chez M. Wantz , huissier. Pendant la maladie mortelle de ce dernier, divers détournements s’élevant à plusieurs milliers de francs furent commis. Mme Wantz , femme pieuse et confite en dévotions, n’imagina rien de mieux que d’en accuser Rahir .
Ce jeune homme arrêté, fut incarcéré pendant plusieurs mois et finalement fut relaxé faute de preuves.
L ’affaire en restait là lorsque le jeune Rahir, qui ne pouvait plus trouver à se placer, sur qui pesaient quand même des soupçons, parvint aidé par quelques personnes qui le connaissant comme honnête garçon, s’étaient intéressées à son infortune, à obtenir la preuve que l’auteur de ces vols était Mme Wantz , celle même qui n’avait pas craint de porter l ’accusation contre lui.
Mme Wantz passa de ce fait en police correctionnelle et fut condamnée à huit mois de prison.
Sa peine est terminée, et aujourd’hui M. Rahir victime de sa dénonciation, se porte partie civile.
Blessure accidentelle . — Le 28, vers sept heures du soir, le jeune Grosieux Georges, âgé de huit ans, jouait avec d’autres camarades sur le rempart près du bureau d’octroi du Fond-de-Givonne, quand par malheur, il est tombé d’une hauteur de 8 mètres.
Dans sa chute il a eu la cuisse cassée et les chairs de la mâchoire inférieure déchirées sur une longueur telle qu’elle a nécessité une suture.
On suppose que la victime en jouant, se sera approchée de la crète, et que par suite d’une glissade il est tombé où il a été trouvé par des passants accourus à ses appels, ses petits camarades s’étant sauvés de peur.
Les soins nécessaires lui ont été donnés par MM. les docteurs Liénard et Cham.
Toujours deux poids et deux mesures . — On nous écrit :
« Dans un article publié récemment par le Petit Ardennais, et intitulé : Y aura-t-il deux poids et deux mesures ? , vous demandiez à M . le commissaire de police de Sedan, jadis si zélé contre un maître laïc de l’école communale, s’il sévirait contre M . l’abbé Fay , accusé d’avoir souffleté publiquement un enfant de choeur.
» M . Lamy n’a pas daigné répondre à cette question. Et pourtant son zèle ne laisse pas de faire, par intervalle, de bien innocentes victimes.
» Figurez vous, monsieur le Rédacteur, qu’il y a quelque trois semaines le jeune Léon Lairé , fils d'un ancien instituteur, élève de l’école Léonard , fut surpris, par le sergent de ville Mougin , faisant couler l ’eau d’une borne-fontaine de la Place du Collège. Quel crime abominable !!!
Aujourd'hui, 29 juillet, son père, M. Lairé , ex-instituteur, employé chez M . Depambourg, vient de recevoir une assignation à comparaître pour ce fait, vendredi prochain, devant M . le juge de paix.
» Monsieur, moi aussi, je demande donc, à M . le commissaire de police : « Pourquoi tant d’indulgence pour les uns et tant de sévérité pour les autres ??? »
L ’affaire Rahir-Wantz qui devait venir mardi dernier, au Tribunal civil, a été remise à huitaine.
Collège . — Mesure à réformer. — Hier a eu lieu la messe de sortie, dite messe d’action de grâce. Tous les professeurs et tous les élèves y sont convoqués. Combien de temps doivent encore durer ces coutumes surannées ? Quand donc ceux à qui sont confiées l’éducation et l’instruction de la jeunesse conformeront-ils leurs actes avec leur pensée et feront prévaloir la saine raison.
Le collège de Sedan, comme toutes les écoles de l'Etat, ne sont pas des séminaires.
Nous appelons l ’attention du ministre de l ’instruction publique sur ces abus qu’il est temps de voir cesser.