... à travers le Petit Ardennais...
27 Mars 2020
Tribunal de commerce. — Nous disions avant-hier (29 avril) que le tribunal de commerce ne pouvait fonctionner sans que les membres nouveaux fussent installés. Erreur. Le tribunal, composé de juges non réélus ou démissionnaires, a fait l'effort de pondre une délibération fixant les audiences à huit heures et demie du matin au lieu de une heure de l’après-midi.
Etablissement de bains. — L'établissement de bains de Sedan est véritablement insuffisant pour une population de plus de dix huit mille habitants. Il contient environ une douzaine de baignoires. En admettant, ce qui est exagéré, qu'une baignoire puisse servir à dix personnes dans la journée ; cela fait pour les douze baignoires 120 personnes. La proportion de 120 personnes à 18.000 habitants donne ce fameux résultat qu'il faut attendre 150 jours, (c’est à-dire cinq mois avant de pouvoir trouver une baignoire).
Bal. — On se rappelle que le Lundi de Pâques M. Louis Godfrin a rendu un bal aux organisateurs de la St-Blaise laïque. La quête faite au profit du Sou des Ecoles laïques a produit 14 fr 55. Cette somme vient d'être versée dans la caisse du Comité.
Tapage nocturne. — Procès-verbal a été dressé contre un homme et une femme qui se disputaient, à onze heures du soir, au faubourg du Ménil.
Ivresse. — La police a verbalisé contre deux individus qui, en complet état d'ivresse, faisaient du tapage au Fond-de-Givonne.
Un noyé. — Hier (30 avril), à midi, on a retiré de la rivière, au pont de la Meuse, le cadavre de M. Simonet, Arsène, âgé de vingt ans, et habitant Torcy.
Le noyé de jeudi. — Arsène Simonet avait quitté Sedan le 1er avril pour aller à Monthermé; depuis cette époque, sa famille, inquiète de son absence, s’informa auprès de la police ; les recherches restèrent sans résultat. Le corps de Simonet a été examiné avec soin par M. le docteur Vilfroy. Il ne porte aucune trace de violence et toute idée de crime doit être écartée. M . Vilfroy estime que le corps séjournait dans l’eau depuis six jours au moins. Simonet était employé à l’usine de M. Friquet ; d’une bonne conduite, il jouissait de I’estime et de la considération de ses patrons. Ses obsèques ont eu lieu hier.
Etat-civil du 23 au 30 avril 1885. — Naissances. — Garçons, 2. — Filles, 2.
Mariage. — Néant.
Décès. — Du 23, Cornet, Léon, 5 mois. — Du 24, Roger, Marie-Joséphine-Lina, 2 ans. — Bouzeret, Prosper-Georges, 1 an. — Du 25, Lamasse, Augustine-Elisabeth, 13 mois. — Schmitt, Henri-Lucas, 2 ans. — Corbin, Eugène, 22 ans, soldat au 128e de ligne. — Du 27, Drappier, Adèle-Ernestine, 47 ans, sans profession, épouse Alfred Philippoteaux. — Du 29, Rischmann, Charles, 10 mois. — Gouguenheim, Isaac Joseph, 50 ans, représentant de commerce. — Du 30, Mohy, Jean-Baptiste, 33 ans, tondeur. — Simonet, Arsène-Charles, 20 ans, tourneur sur métaux.
Concerts. — La Musique des sapeurs-pompiers et l'Harmonie sedanaise prêteront leurs concours à la fête de dimanche prochain, sur la Place d’Alsace-Lorraine.
Conseil municipal. — Hier samedi, le Conseil municipal a ouvert sa session ordinaire de mai. L ’ordre du jour affiché à la porte de la mairie portait cette simple mention « Ouverture de la session de mai. »
Aveu naïf. — Un de nos amis de Sedan nous écrit :
On peut lire dans un journal réactionnaire de Charleville, numéro du 1er mai, première page première colonne, avant-dernier alinéa : « Le soldat français a déployé, au Tonkin, le même courage, la même gaîté héroïque qu’il a montrés sur tous les champs de bataille du monde et qui lui ont valu si souvent la victoire. LORSQUE LE COMMANDEMENT RÉPONDAIT PAR SA CAPACITÉ A SA VALEUR INCOMPARABLE ».
Que dire alors des généraux du Mexique et de l’Empire, en 1870 — Bazaine, Mac-Mahon, Trochu, de Failly, etc.
L’aveu est naïf, mais bien vrai... Pour une fois, ce n’est pas coutume, aussi faut-il le constater.
Cavalerie. — Par décision ministérielle du 29 avril 1885, M. Lageon, chef d’escadron au 4e de cuirassiers, est passé au 14e régiment de chasseurs pour y occuper le même emploi, par permutation, pour convenances personnelles, avec M. Marécaux.
Théâtre. — Aujourd’hui, dimanche, M. Talbot. — Même spectacle qu’à Charleville. — Lundi 4 : Troupe de M. Delestang-Kastner. — Même spectacle qu’à Charleville.
La journée de dimanche. — Le soleil a boudé et en présence de la pluie battante qui tombait dès le matin, les organisateurs de la fête de la place d’Alsace-Lorraine ont placardé une affiche annonçant le contre-ordre.
Vers midi, la pluie a cessé mais des nuages noirs couraient, menaçant.
Néanmoins la musique des sapeurs-pompiers a exécuté son programme, pendant que la musique du 128e de ligne donnait son concert habituel sur la place Turenne.
La foule a profité des éclaircies de la journée pour se rendre sur la place d’AIsace-Lorraine. Les manèges, les chevaux de bois ont tourné et vers six heures quelques intrépides disaient : « Nous danserons tout de même ce soir.» Hélas ! cet espoir a été déçu, car vers neuf heures une pluie fine recommençait à tomber. Cette fête est donc remise à dimanche prochain.
La soirée théâtrale donnée par M. Talbot, de la Comédie-Française y a gagné. La salle était remplie. Le Bourgeois gentilhomme, qui était le « great attraction » de cette représentation, a été merveilleusement interprété.
Nous avons retrouvé Talbot avec toutes ses qualités de comédien de premier ordre.
Les applaudissements ont souvent retenti, s’adressant aux artistes et aussi à ce chef-d'œuvre de l’esprit humain, qui, vieux de deux siècles, est toujours nouveau.
Avec quelle délicatesse, quel art exquis, Molière a su dépeindre les caractères ! Quelle étude achevée et précise ! Quelle finesse de raillerie à l'égard des ridicules.
CONSEIL MUNICIPAL DE SEDAN . Séance du 2 mai 1885. — Plusieurs personnes se demandent si la délibération prise par le Conseil municipal dans sa séance du samedi 18 avril est valable. En effet, les formalités édictées par l’article 48 de la loi municipale n’ont pas été observées ; l’ordre du jour n’a pas été affiché à la mairie.
La session de mai. — La session de mai a été ouverte samedi dernier. La séance s’est ouverte par la lecture des procès-verbaux et différentes affaires administratives.
Comptes administratifs. — Le maire demande au Conseil la nomination d’une Commission chargée de la vérification des comptes administratifs ; il dépose en même temps toutes les pièces que la Commission aura à étudier ; cette Commission se compose de MM. Morelle, Talot, Block.
Commission. — Après lecture, faite par la Société nautique demandant à la ville de leur venir en aide pour la construction d’une maison à l’usage de remises et de bains pour la Société, le Conseil décide le renvoi de ces questions à une Commission spéciale.
Alignements.— M. Adrien Parent donne lecture du rapport qu’il a fait au nom de la commission des alignements du Petit-Pont. Ce rapport est adopté sauf une rue qui n’aura que 6 mètres de large au lieu de 8 demandés par la commission.
Concours régional. — Le Conseil municipal s'est occupé du concours régional qui doit avoir lieu à Sedan l’année prochaine, il a nommé une commission chargée d'élaborer le programme de l’organisation ; cette commission se compose de MM. Talot, Parent, Wuillième, Léon Barré, Péleraux et Lefort.
Établissement de vespasiennes. — La est question d’établir un châlet de commodité au marché couvert. Cet emplacement ne nous paraît pas d'un choix très heureux. D'abord il pourrait y avoir quelqu’inconvénient à établir des water-closets à proximité d’une halle à la viande ; en second lieu ce n’est pas un point central. Une commission spéciale examinera ce projet.
Vente de terrains. — Une vente de terrains est faite à M. Mannou, entrepreneur. Le Conseil décide la mise en vente de parcelles de terrains à Torcy entre la rue Labauche et la rue Bon jean et donnant sur le boulevard Chanzy.
AVIS. — M. ALEXANDRE, tailleur à façon, prévient sa clientèle qu’il travaille à prix réduits, dans les conditions suivantes :
Redingotes, 20 fr. ; vestons, 10 fr., pardessus, 25 fr. ; pélérines, 8 fr. ; pantalons, 4 fr. et gilets, 4 fr.
Il répond des marchandises qui lui sont confiées.
S’adresser au Champ-de-Mars, Fort des Ecossais, à Sedan.
Infanterie. — Par décision ministérielle du 28 avril 1885 :
M. Larrouilé, capitaine au 128e régiment d’infanterie, passe au 88e régiment de même arme, pour y occuper l’emploi laissé vacant par M. Lequin, admis à la retraite.
« La Fraternelle. » — Cette Société lyrique voulant grandir son cercle d’études, fait appel aux jeunes gens de Sedan pour la formation d’une chorale avec musique usuelle, sous la direction de M. Victor Carré. Les personnes qui désireraient en faire partie sont priées de se faire inscrire chez M. Pierrard, président, rue du Ménil, 30, ou chez M. Victor Carré, Avenue du Collège, 14 — Les inscriptions seront reçues jusqu’au 15 mai, date des répétitions. — Désormais la Société portera comme nom : « La Fraternelle, » Société lyrique et chorale.
L’assassin d’Haraucourt. — Le parquet attend de jour en jour l’arrivée de Noël, l’assassin présumé de la veuve Simon.
II est plus que certain que Noël est l’auteur du crime, car dans la perquisition faite chez lui, on a trouvé différents objets qui établissent d’une façon péremptoire sa culpabilité.
Il est inexact que l'on ait mis la main sur une tabatière en argent qui aurait appartenu à la veuve Simon. On a trouvé seulement des pendants d’oreilles sans les boutons (car ceux-ci étaient aux oreilles de la victime quand elle a été assassinée), et une grande chaîne du cou en or.
Musée. — Mme Robert-Kaiser vient d’adresser au musée quatre peintures sur verre du XIIIe SIECLE, représentant des sujets religieux. Ces tableaux proviennent d’une très ancienne maison habitée par la famille Kaiser dans le duché de Luxembourg.
La fête de dimanche prochain. — Nous rappelons que c’est dimanche prochain qu’aura lieu la fête d'Alsace-Lorraine.
Espérons que le soleil égaiera par sa présence cette fête qui promet d’être très brillante.
Objets perdus. — M. X ..., de Sedan, a perdu le 1er mai, sur la route de Balan, une broche en vieil argent, deux sphinx soutenant un médaillon et trois sequins comme pendeloque. — Un carnet à ouvrage a été perdu le 5 mai, dans l’intérieur de la ville, par Mlle X ..., de Sedan. En cas de découverte, rapporter ces objets au bureau de police. Il y aura récompense.
Objets trouvés. — Le sieur Clin, Clovis, tisseur à Sedan, a trouvé dans l'intérieur de la ville, une montre en argent qui a été remise à son propriétaire. — Mme G ..., à Sedan, a trouvé sur la Place d’Armes, une sacoche renfermant un porte-monnaie contenant 3 pièces de 10 fr. et un peu de monnaie. Ces objets ont été restitués à Mme Grulet, confiseur, rue du Ménil.
M. Deville, débitant au Fond des Buses, tient à la disposition de qui l’a perdu un mouchoir de poche blanc marqué d’initiales suivies du chiffre 7, trouvé sur le Champ de Mars.
Concerts. — Brasserie de Strasbourg. — Ce soir et demain [8 et 9], grandes soirées artistiques données par une troupe parisienne avec le concours de Mlle Sarah-Carmen, chanteuse de genre de la Scala de Paris, et de M. Delacroix, ténorino de l’Alcazar d’hiver. — Intermèdes par Mlle Stella, chanteuse comique.
Le piano sera tenu par M. de Tender.
Une quête sera faite au profit des blessés du Tonkin.
Bataillon scolaire. — Enfin ! L’opposition acharnée faite à la constitution du Bataillon scolaire a misérablement avorté. Jeudi, notre vaillante phalange, commandée par un adjudant du 128e de ligne et quatre sergents du même régiment, a fait sa première sortie. Le Bataillon est parti de Sedan, clairon en tête, vers une heure et demie, et était de retour vers quatre heures.
Qui ne s’est arrêté avec plaisir pour regarder passer dans nos rues nos petits soldats qui marchent et manœuvrent avec tant d’entrain et de crânerie ! Quand on les voit si alertes, si bien tenus, on se sent fier de la jeunesse française et l’on se dit que ceux-là, sans aucun doute, ne seront point des vaincus.
Certains philosophes pensent que, sans la guerre, les nations perdant le sentiment de la conservation, se désagrégeraient et pourriraient. Au point de vue individuel, comme au point de vue national, la terrible leçon de 1870 nous a profité. Les exercices du corps sont remis en honneur ; et les jeunes gens d’aujourd’hui, comme les Grecs d'autrefois, s'exercent et manœuvrent en songeant à la Patrie qui peut leur demander un jour d’avoir, pour la défense, un corps souple, des bras vigoureux et des jarrets d’acier.
Théâtre. — La Petite Mariée a été jouée jeudi soir devant les banquettes à peu prés vides. Il est fort regrettable de constater l’indifférence du public à l’égard d’une troupe qui ne néglige rien pour lui donner satisfaction. Malgré le petit nombre des spectateurs les artistes se sont acquittés de leur tâche, consciencieusement.
Mme Longueville a été charmante dans son rôle de la petite mariée ; MM. Delestang-Kastner et Carrel ont été souvent applaudis.
Bref, charmante soirée, à laquelle on regrettera de n’avoir pas assisté.
Elections consulaires. — Le tribunal de commerce est un tribunal introuvable. C’est une nouvelle édition de la fameuse chambre introuvable.
Quel est le président du tribunal ? On n’en sait rien.
Quels sont les juges ? On n’en sait rien.
Tout ce qu’il y a de certain c’est que, comme nous l’avons annoncé, les audiences ont lieu à 8 heures et demie au lieu de 2 heures.
Les audiences ! mais il ne peut pas y avoir d'audiences puisque l’on n’a jamais su la composition du tribunal.
Juges réélus, juges démissionnaires, juges non réélus... C’est la plus jolie salade russe que l’on puisse imaginer.
On se demande avec anxiété jusqu’à quel point sont valables les jugements rendus par ce tribunal.
D’ailleurs on est habitué à Sedan à ce genre de spectacle. Le Conseil municipal délibère sans que la loi de 1884 soit observée ; le tribunal fonctionne à blanc...
Pourquoi donc l’autorité compétente laisse-telle subsister un tel état de choses préjudiciable aux intérêts de chacun.
Concert. — Dimanche, sur la Place Turenne, à 2 heures, par la musique du 128e de ligne.
1. Sans Peur (Signand). — 2. Sémiramis, ouverture, (Rossini). — 3. La Norma, fantaisie, (Bellini). — 4. Le Prophète, fantaisie, (Meyer-bee). — 5. Blue and Jellow, valsa, (comtesse de Laister).
Avis médical. — Le docteur P. FAURE, de la Faculté de Paris, donnera sa consultation, à Sedan, Hôtel du. Lion d’Argent, mercredi prochain, 13 mai. Traitement spéciaux des maladies récentes et chroniques.
L’assassin d'Haraucourt. — Noël est arrivé hier matin, samedi, par le train de dix heures, il a été écroué immédiatement à la prison d'arrêt.
L’instruction va être menée avec beaucoup d'activité, les interrogatoires ont commencé dans l'après-midi.
Noël est un homme de forte taille, il est âgé de 39 ans environ.
La fête d’Alsace-Lorraine. — Tout le monde se prépare à prendre part à la fête organisé pour aujourd'hui dimanche sur la place d'Alsace-Lorraine. On consulte le baromètre avec anxiété et l'on se demande si le soleil voudra bien se mettre de la partie.
Le programme, que nous avons déjà publié, est très attrayant, les distractions seront nombreuses. Le bal commencera à huit heures du soir.
Arrestation. — Le nommé Beaulieu, Joseph, sujet belge, contre lequel avait été rendu un arrêté d’expulsion en 1883, a été surpris vendredi à Torcy chez sa mère. Il sera traduit en police correctionnelle.
Théâtre . — Aujourd'hui dimanche [10], représentation de Clara Soleil, comédie en trois actes, en prose, par MM. Gondinet et Sivrac. On commencera par la Cravate blanche, comédie en un acte, de Théodore Barrière.
Demain lundi, la troupe de M. Delestang-Kastner donnera les Cloches de Corneville, opéra-comique en trois actes. Les rôles de Germaine et de Serpolette seront confiés à à Mmes Nildha, première chanteuse, et Longueville, première dugazon; on commencera par Une mauvaise nuit est bientôt passée.
L’assassin d'Haraucourt. — Noël François, âgé de 39 ans, né à Carignan, et qui est incarcéré depuis vendredi à la prison de Sedan, a été conduit hier à Haraucourt.
Il est parti, sous bonne escorte, par le train de dix heures du matin. Le parquet s ’est également rendu sur les lieux.
Noël parait très abattu ; il est souvent pris de tremblements convulsifs.
Rixe. — La police et la gendarmerie font en ce moment une sérieuse enquête sur une rixe qui s’est produite dimanche soir à Torcy entre civils et militaires.
La fête de dimanche. — Dès le commencement de l’après-midi, une foule nombreuse se portait vers la Place d’Alsace-Lorraine. Les manèges des chevaux de bois n’ont pas cessé de tourner et les marchands forains ne doivent pas se plaindre de la journée.
Le soir, le bal a été très animé. Une quête faite au profit des blessés du Tonkin a produit 64 fr. 60.
Etat-civil du 1er au 8 mai 1885. — Naissances. — Garçons, 6; filles, 6.
Mariages. —Néant.
Décès. — Du 1er, Marie-Félicie Renard, 49 ans, sans profession, épouse Suchetet.— Du 2, Jeanne Pierlot, 3 ans 1/2. — Berthe-Aline Leroy, 2 ans 1/2. Du 3, Louise Huvillier, 5 mois. — Du 5. François-Désiré Buotay, 52 ans, sans profession. — Du 6, Marie Masoret, 81 ans, sans profession, veuve Jacques-Joseph Minor. — Du 7, Victor-Paul-Louis Calmès, 3 mois. — Remy, Emile Carnet, 46 ans, boulanger.
BLESSÉS DU TONKIN. — Une quête faite [12 mai] au café Gibarru par la troupe lyrique de M. de Tender a produit a somme de 5 francs destinée aux blessés du Tonkin.
Caisse de retraites. — Demain jeudi [14], dans la salle de spectacle., aura lieu l’assemblée générale de la Société de la caisse de retraite des ouvriers de Sedan.
Tombola de la Ligue anticléricale. — Dimanche dernier, a eu lieu à Paris, le tirage de la tombola organisé par la Ligue anti-cléricale pour le Congrès de Borne. Un grand nombre, de nos concitoyens étaient rendus acquéreurs de billets; la fortune les a favorisés car quatre numéros sont sortis.
Le n° 14,851, a gagné une timbale.
Le n° 14,777, six cuillers à café.
Le n° 14,655, un porte-montre et une petite pelle à chaufferette.
Le n° 14,023, une botte de Rahat-Loukoum (confiture du sérail). Offerte par Missak-Houng, professeur de français à Constantinople.
Objets trouvés. — M. Cunin, Ferdinand, a déposé au bureau de police, une manivelle trouvée en ville. — Mlle Boucher, de Sedan, a déposé au bureau de police, une paire de mitaines en coton noir. — Une paire de lunettes, trouvée en ville, a été déposée au bureau de police par M. Jérôme, de Sedan. — Une croix en or, trouvée par M. X..., a été remise à son propriétaire demeurant à Sedan.
Tribunal de commerce. — Depuis mercredi matin [13], le bruit circule en ville que MM. Habert Desrousseau, président du tribunal de commerce, Maire et Deloche, juges, auraient reçu une lettre du ministère, les informant que s’ils ne reprenaient pas leur démission le tribunal de commerce serait supprimé.
On assure que ces messieurs, activement poussés par un grand nombre de leurs concitoyens à accepter le mandat qui leur est confié par les électeurs consulaires, sont décidés à reprendre leur démission.
Société de tir. — Le Comité de la Société de tir ayant pour président M. Noël, désireux de faciliter l’accès du tir aux nombreux sociétaires a fait un traité avec M. Foucher, entrepreneur d'omnibus, pour l’organisation d’un service entre Sedan et le Stand tous les dimanches et jours fériés à partir de dimanche prochain jusqu’au dernier dimanche d’août. Les départs auront lieu à deux heures et demie et quatre heures et demie de la place du Rivage. — Prix des places : 20 c.
GRAND TIR. — Directeur : Arthur LECLUSE. Voici le résultat du concours à la carabine Flobert, qui a eu lieu place d’Alsace-Lorraine, à Sedan, à l’occasion de la fête et de la foire :
1er prix : M. Renvoy, Edouard, soldat au 45e de ligne, à Mézières (territorial), 12 cartons de 85 points, une carabine Flobert rayée 6 m/m. — 2e prix : M . H , coiffeur à Sedan, 4 cartons de 25, un revolver Buldock 9 m/m rayé. — 3e prix : M. Raffy, négociant, à Sedan, 3 cartons de 25, un revolver américain nickelé 7 m/m — 4e prix; M. H. Camion, au Collège de Sedan, de Vrigne-aux-Bois, 3 cartons de 25, un revolver anglais. — 5e prix : Lecomte-Lancoraux, 1 carton de 25, un service de table. — 6e prix ; M. Libert, Georges, au Collège de Sedan, 1 carton de 24 et 3 de 23.
Les prix ont été délivrés le mercredi 6 mai, à 5 heures du soir.
Résultat du deuxième Concours, place d'Alsace-Lorraine, Sedan :
1er prix : M. H. F., à Sedan, 4 cartons de 23 et 3 cartons de 24, un joli réveil pirate nickelé. — 2e prix ; M. Renvoy, soldat au 45e territorial, à Mézières, 2 cartons de 25 et 5 cartons de 24, un revolver américain nickelé. — 3e prix : M Ch. Henriet, à Sedan, 1 carton de 25 et 4 cartons de 24, 1 carton de 23, un revolver anglais, 7 m/m
La série de cinq billes : cinquante centimes. — Le maximum des points est de 23. — Le même tireur ne peut posséder qu’un seul prix. Maintenant, les armes du tir sont toutes rayées, carabines et pistolets.
Une mort navrante. — La ville de Sedan est, depuis deux jours, sous le coup d’une cruelle émotion. Mme Berthaud, à peine âgée de trente ans, la femme de M. Berthaud, fabricant de draps, avenue Philippoteaux, a été trouvée noyée, mercredi [13], à Glaire. Tout le monde a été douloureusement impressionné par cette terrible nouvelle qui a commencé à circuler en ville jeudi matin ; Mme Berthaud jouissait, à juste titre, de l’estime et de la sympathie de tous ceux qui la connaissaient.
Il y a un an environ, elle avait la douleur de perdre son fils, âgé de sept ans ; cette perte cruelle l'avait vivement affligée ; elle avait glacé sur ses lèvres le sourire du bonheur qui ne l'avait jamais abandonné jusque-là; elle avait jeté la tristesse dans ses pensées. Ni les soins affectueux de son mari, ni la tendresse de sa petite fille ne parvenait à dérider son front et à vaincre son chagrin opiniâtre.
Mercredi, vers deux heures de l’après-midi, Mme Berthaud sortit de chez elle, après avoir recommandé à sa bonne d'aller chercher sa petite fille à l'école, vers 4 heures.
Au lieu d’aller à Torcy, voir sa belle mère, un mauvais destin la poussa vers Glaire.
A 3 heures 35 minutes, M. Lallemant, passant sur le pont de Glaire, aperçut, à 500 mètres en aval, un corps qui flottait sur l’eau ; il y courut immédiatement et, avec l’aide de M. Lejeune, il parvint à la retirer de l’eau. Tous les efforts qu’ils firent pour la rappeler à la vie furent inutiles ; ils transportèrent le cadavre au presbytère de Glaire où il fut reconnu pour être celui de Mme Berthaud.
Son ombrelle et quatre branches de coucous, récemment cueillis, furent retrouvés sur la berge à 50 mètres en amont de l’endroit où le corps avait été retiré de l’eau.
Ce fut seulement vers six heures du soir que M. Berthaud apprit la fatale nouvelle; il partit aussitôt en voiture accompagné par M. le docteur Lapierre.
Pâle, défait, en proie à la plus grande douleur il ne trouva pas un mot à dire : il serra nerveusement la main de M. Lapierre qui était près de lui.
Les constatations certifient que cette mort est le résultat ou d’un suicide ou d’un accident. Toute idée de crime doit être écartée. Il est difficile de se prononcer entre les deux autres hypothèses. La tristesse de Mme Berthaud depuis un an, tendrait à faire admettre la première; mais d’autre part, iI se pourrait qu'en cueillant des fleurs, le pied eut manqué à la malheureuse femme et qu'elle fut tombée dans l’eau, très profonde à cet endroit.
Le corps a été ramené à Sedan, vers dix heures.
Les obsèques ont eu lieu hier matin [15], au milieu d'une affluence considérable et profondément impressionnée.
Le bruit avait couru jeudi matin que M. Berthaud, fou de douleur, avait tenté de mettre fin à ses jours ; cette nouvelle était fausse. M. Berthaud a été pris de faiblesse ; il est tombé sur le lit de la petite fille et s’est fait une blessure au front.
Telle est la navrante histoire de ce drame qui, depuis deux jours, fait l’objet de toutes les conversations. S'il peut être un adoucissement à sa douleur, M. Berthaud le trouvera dans les nombreuses marques de sympathie qui lui ont été prodiguées en cette pénible circonstance.
Caisse de retraite. — Jeudi [14], a eu lieu au théâtre l'assemblée générale de la Société de la caisse de retraite des ouvriers de Sedan. Cette réunion était présidée par M. Adrien Parent; sur la scène nous avons remarqué M. le maire de Sedan, M. le sous-préfet, M. le docteur Péronne, président de la Société de secours mutuelle, M. le docteur Peltier, MM. Talot et Morelle, conseillers municipaux qui avaient fait le contrôle des livres de la Société ; MM. Barré, Langlois, Alexandre, Bournelle, conseillers municipaux.
La séance a été ouverts par M. Adrien Parent qui a exposé la situation de la Société. Le passage suivant du discours de M. Parent a été fort apprécié :
« Nous voudrions que notre Société prit une grande extension et nous serions heureux de voir venir se joindre à nous tous ceux qui aiment le travail et l'économie.
» Nous voudrions que chacun comprit combien il eut encourageant pour des administrateurs de voir le nombre de leurs abonnés se multiplier.
» C’est l'union qui fait la force et c'est avec l'accroissement des économies de chacun que nous arriverons à assurer l’avenir de notre caisse de retraite et à en augmenter les ressources. Cette année comme les années précédentes nous avons vu nos associés libres nous encourager par leurs dons. Nous leur adressons nos sincères remerciements. »
L’orateur remercie Mme veuve Aubry-Leroy, M. et Mme E. Quinart, M. Auguste Robert, etc.
Voici maintenant la situation financière au 31 décembre 1884 : Recettes : 650,269 fr. 25 ; dépenses, 30,312 fr.; net, 619,957 fr. 23. Pendant l’année 1884 la Société a enregistré 39 admissions, 11 radiations, 11 décès de sociétaires.
Les ouvriers de Sedan se distinguent toujours par leur tenue irréprochable.
Les délibérations les plus graves se font au milieu d'un silence parfait, chacun présente ses observations avec calme et les discussions sont les plus courtoises et les solutions interviennent sans difficulté.
C’est ce que tout le monde a remarqué jeudi avec une satisfaction bien légitime.
Le lait. — Le lait que nous vendent nos laitières a, été soumis, hier matin, à 5 heures, à l'examen. Aucune contravention n’a été faite.
Arrestation. — La nommé Arnaise a été arrêtée pour ivresse, rébellion et coups portés au garde-champêtre.
Musique du 128e. — Dimanche 17, place Turenne, de 2 à 3 heures :
Le Camarade, allégro (Gurtner). — La Couronne d’Or, ouverture (Buot). — La Mascotte, fantaisie (Audran). — Lucrèce Borgia, ouverture (Donizetti). — Souvenir de Signy l'Abbaye (Meister).
Caisse de retraite. — Dans notre compte-rendu d'hier [16] sur l’assemblée de la Société de la caisse de retraite des ouvriers de Sedan, nous avons omis de dire que cette année, le legs Videt-Bizot serait accordé à Mlle Raguin, membre de la caisse de retraite.
Commencement d’incendie. — Vendredi soir [15], vers 11 heures et demie, le feu s'est déclaré au domicile de M. Clarinval, rue Saint-Michel. La cause est attribuée à une personne imprudente qui aurait passé près d’un lit avec une bougie allumée. Les rideaux furent immédiatement en flammes. Aux cris : « aux secours » les voisins arrivèrent et en moins de dix minutes tout était éteint.
Théâtre. — Lundi 18 mai : La Dame Blanche, opéra comique en 3 actes ; Le Serment d'Horace, comédie en un acte. — Bureaux à 7 heures 1/2. — Rideau à 8 heures.
Hernie. — M. BACH, bandagiste-herniaire, à Varangéville (Meurthe-et-Moselle), de passage deux fois par an, avantageusement connu depuis plus de vingt-huit ans dans ce pays, pour contenir et guérir les hernies les plus anciennes et les plus volumineuses. (Nouveau système), clef pouvant donner la pression et l’inclinaison désirable. Sera, à Mézières, Hôtel du Palais Royal, le 19 mai ; à Sedan, Hôtel de l'Europe, le 20 mai.
Adjudication volontaire. — Le Samedi 6 juin 1885, à deux heures de relevée, à Sedan, en l'étude, pont de Meuse :
D’UN BOIS de 27 hectares 81 ares, situé à Angecourt, à dix minutes de la gare; gros et petit gibier ;
Et d’une MAISON à Sedan, rue des Caquettes, 11; comprenant trois corps de logis, deux cours avec puits et pompe. Superficie ; 545 mètres carrés. Revenu possible ; 2,000 fr. Mise à prix : 6,000 fr.
S’adresser à Me Félix COUSIN, notaire, pour renseignements, et pour visiter le bois, à M. Baudelot, garde à Haraucourt.
Séance artistique à la Loge. — Dimanche, vers 4 heures, M. Frédéric Trémel, guitariste de talent, a donné, à la Loge maçonnique, une séance qui a été des plus goûtées.
Malheureusement, le temps incertain de la journée avait empêché plusieurs personnes de se risquer à gravir les hauteurs de Mon-Idée.
Mme Trérmel a accompagné, sur l' harmonium, un fort joli morceau de guitare.
Une quête faite au profit des blessés du Tonkin a produit la somme à; 18 fr. 50.
Aujourd’hui mardi [19], à 8 heures et demie du soir, M. et Mme Trémel donneront une séance au Cercle de La Marck.
Les coiffeurs. — On sait que les coiffeurs et perruquiers de Sedan ont formé une Société de secours destinée à venir en aide à ceux d'entre eux qui seraient atteints par la maladie.
Le bureau de cette Société est ainsi composé :
M. Nemery, président; M. Antoine Martin, secrétaire, et M. Marchal, trésorier.
C'est seulement dans trois ans, quand la Société aura des fonds suffisants, qu'elle pourra fonctionner efficacement, c’est à-dire venir en aide à ceux qui, malades ou infirmes, ne seront, plus capables de travailler.
Conseil municipal. — Le Conseil municipal est convoqué pour mercredi, à 2 heures et demie, au lieu ordinaire de ses délibérations. L’ordre du jour porte : « Continuation de la session de mai »
État civil du 8 au 15 mai 1885. — Naissances : Garçons, 3; filles, 5.
Mariages : Emile Joseph Gardin, 27 ans, ouvrier tapissier, et Marthe-Marie Forst, 18 ans, modiste. — Paul-Emile Chaineaux, 30 ans, ouvrier sellier, et Marguerite Mercier, 30 ans, repasseuse.
Décès : Louis Kischmann, 4 mois. — Elisée-Henry Arnould, 47 ans, employé de fabrique. — Joseph Stevenin, 62 ans, ouvrier de fabrique. — Lucie-Joséphine Mangeot, 2 ans — Jacques Daux, 60 ans, vannier. — Nicolas Heynen, 64 ans, débitant. — Jean-Baptiste Gourdet, 39 ans, tisseur. — Caroline-Lucie Laperteaux, 11 mois.
Caisse d'épargne. — Opérations du 17 mai 1885. — Caisse centrale. — 139 versements dont 12 nouveaux, 24,291 fr. — 50 remboursements dont 4 soldés, 11,061 fr. 49 — SUCCURSALE DE VRIGNE- AUX-BOIS . — 3 remboursements dont 2 soldés, 2,935 fr. 16 c.
AVIS. — M. AMBERT, Charles, habitant Sedan, prévient le public qu'il ne paiera pas les dettes que pourrait contracter sa femme, née Julie LEROY, qui a quitté le domicile conjugale.
Collège. — Les congés de la Pentecôte pour les élèves du collège et des cours secondaires de jeunes filles commenceront le samedi 23 mai après la classe et les cours du soir et prendront fin le lundi 25, au soir, à l’heure réglementaire.
Puisque nous parlons du collège, enregistrons quelques succès :
Deux élèves, Paul Bourguignon et Jean Adnet viennent de subir avec succès les épreuves du baccalauréat ès-sciences devant la Faculté de Paris, le premier avec la note très-bien, le second avec la note bien.
M. Paul Tournay, fils de l’ancien receveur des douanes à La Chapelle, ancien élève du collège de Sedan, vient d’être reçu docteur en médecine, après un brillant examen. Un de ses condisciples, M. Rieffet, Henri, étudiant en médecine à Paris, vient d’être reçu interne des hôpitaux le 14° sur 800.
Statue. — Dans une réunion, provoquée par M. Marchand, président du comité, les commissaires de la St-Blaise ont voté sans discussion une proposition tendant à demander au maire l’autorisation d’ouvrir une souscription pour l'érection d’une statue à Louis Labauche, fondateur de l’industrie lainière à Sedan.
M. Dauloy-Lemoine, auteur de la proposition, a été chargé de faire la demande.
CONSEIL MUNICIPAL DE SEDAN. — Séance du 20 mai 1885.
Séance exclusivement d’affaires. Il s’agit d’abord des comptes du receveur municipal, de l’économe des hospices et du Bureau de bienfaisance, pour lesquels le Conseil émet un avis favorable.
Vient ensuite l’examen des comptes du maire. Aux termes de la loi, le maire doit se retirer pour permettre au Conseil de délibérer en toute liberté d’esprit. M. Philippoteaux se lève donc et quitte la salle des séances. Deux noms sont mis en avant pour occuper le fauteuil de la présidence : ceux de MM. Talot et Lecomte. M. Lecomte déclinant cet honneur, c’est à M. Talot qu’il est échu.
Pour 1884, les dépenses s’élèvent à 1,261,178 fr. 40. Les recettes à 1,170,958 fr.52. 11 reste donc un excédent de 209,875 fr. 12 qui sera reporté au budget de 1885.
Cet examen de comptes n’a pas duré 10 minutes ; naturellement il a été ratifié. Comment eut-il pu en être autrement?
M. le maire revient à la séance ; il reçoit avec une attitude modeste les congratulations de M. Talot, et d’une voix légèrement émue, remercie ensuite le Conseil d’avoir approuvé sa gestion. C’est la petite note sentimentale de la séance.
Legs Videt-Bizot. — M. Peltier donne lecture de son rapport tendant à accorder le legs Videt-Bizot à Mlle Roguin et à M. Alfred Picard. Ils seront convoqués tous deux pour vendredi ou samedi, afin de recevoir leurs livrets.
Commission des eaux. —- M. Léon Barré donne lecture de son rapport sur les eaux et demande au Conseil qu’on lui confirme le mandat qui lui a été donné. M. Barré reçoit satisfaction et son rapport est adopté.
Urinoirs. — Le Conseil s’occupe de la question des urinoirs qui est approuvée.
Différentes affaires. — Le Conseil statuera, aujourd’hui, sur le rapport de M. Langlois relatif à la demande formulée par les membres du Sport nautique.
M. le maire donne lecture d’une lettre des habitants de bla rue de l ' Horloge et de la place du Château demandant que le marché à la criée soit établi place du Château ; cette proposition est renvoyée à la Commission spéciale.
Vient enfin la demande de subvention formulée par M. Delestang-Kastner, directeur du théâtre. Tous les conseillers ont été unanimes à reconnaître les mérites de la troupe d’opéra que nous possédons et à regretter l’indifférence du public à son égard, mais ils n’ont pas cru devoir accorder le plus petit subside.
Concert spirituel. — On nous apprend qu’un concert des plus spirituels a eu lieu mardi soir à l'école des chers frères. Le produit de la recette était destiné, non pas aux blessés du Tonkin, comme on pourrait le croire, mais aux caisses de la pieuse école qui sont, parait-il, dans un état de pénurie inquiétante. Les beaux jours de prospérité sont passés ; les dons se font plus rares ; les courageux membres du conseil d'administration, peu soucieux de remplir, à eux seuls, les coffres-forts de leur chère école, ont donc imaginé d’organiser un concert.
Dans l’assistance on a remarqué M. le président du tribunal civil, M. le procureur de la République, M. le conservateur des hypothèques, etc.
Le programme était des plus attrayants. On a dû exécuter Mireille, une ravissante romance dont les finales mélodieux ont souvent frappé les oreilles des passants qui se promènent le soir dans la Grande-Rue, près du Café des Glaces. Les chers frères ont certainement goûté et apprécié les charmes de cette jolie musique qui a dû être pour eux une aimable diversion aux cantiques du mois de Marie.
Objets perdus. — Il a été perdu, par diverses personnes, 1 pièce de 2 fr.; un châle en dentelle noire et une cuiller à café en ruolz. En cas de découverte prière de rapporter ces objets au bureau de police.
Objets trouvés. — M. Bourotte, Emile, conducteur d’omnibus, tient à la disposition de qui l’a perdu, un porte-monnaie contenant la somme de 11 fr. 40. — La petite Florès a déposé au bureau de police un porte-monnaie contenant 0.10 centimes, trouvé en ville. — On a déposé au bureau de police un porte-monnaie contenant 0.20 cent., deux crochets de sac et quelques boutons.
Le budget. — Nous avons sous les yeux le budget supplémentaire au budget de 1885.
Le total des recettes supplémentaires s'élève à 581,186 fr. 44 cent. Dans cette somme sont compris : d'abord l'excédent de 1884 qui, suivant le procès-verbal de règlement s'élève à 209,875 fr. 12, ensuite les différentes sommes qu'il reste à recouvrer de l'exercice 1884 et en dernier lieu des recettes non prévues au budget primitif de 1885.
Le total des dépenses supplémentaires s'élève à 628,358 fr. 78c.
Nous aurons l'occasion de revenir sur les différents articles de ces chapitres du budget et de les exposer en détail.
Une pétition. — Nous apprenons que tous les maraîchers, bouchers, marchands de volailles, bref toutes les personnes qui vendent leurs produits sur la place de Sedan vont adresser une pétition au maire pour lui demander de lever l'interdiction qui leur est faite de vendre leurs marchandises avant huit heures du matin en été et neuf heures en hiver. Ils désirent avoir l'autorisation de vendre à l'heure qu'ils trouveront convenable. Les restaurateurs, hôteliers et chefs de pension accueilleront cette pétition avec plaisir, et la soutiendrons certainement.
Vol. — Procès-verbal [24] a été dressé contre les femmes M... et veuve N..., de Torcy, pour vol de balles de plomb sur le champ de tir.
Conférences ouvrières. — On nous prie d'insérer l'avis suivant [24] :
Le citoyen J.-B. Clément qui a déjà donné des conférences à Nouzon, Braux, Bogny, Deville et Charleville, se propose de continuer dans les localités suivantes : Mohon, le 24 , à 1 h.1/2 ; lundi 25 à Monthermé, à 1 h.1/2 salle Bertrand-Desmar; Revin, le 25, à 8 h. du soir ; Fumay, le 26, à 8 h. du soir ; Thilay, le 27, à 8 h.du soir ; le 28, les Hautes-Rivières, à 8 h. du soir ; le 29, à Sedan, à 7 h. du soir ; à Rethel, le 30, à 8 h. du soir ; à Nouzon, le 31, à 4 h. du soir.
Musique du 128e de ligne. — Dimanche 24, place Turenne, de 2 à 3 heures : 1. Allegro militaire. (X..) — 2. Zampa, ouverture ( Hérold ) . — 3. Si j'étais roi, fantaisie ( Adam ) . — 4. Lucrèce Borgia, fantaisie ( Donizetti ) . — 5. La Esmeralda, valse ( Douard ) .
CHEMINS DE FER DE L’EST. — Promenade dans la vallée de la Meuse. — En vue de faciliter les promenades dans la Vallée de la Meuse, les dimanches et jours de fête, la Compagnie des chemins de fer de l’Est délivre, comme les années précédentes, du 1er mai au 15 octobre, à ses gares d’Epernay, de Reims, de Rethel, de Sedan et de Charleville pour Givet, des billets spéciaux d’aller et retour à prix très réduits, donnant aux voyageurs le droit de descendre à l’une des stations comprises entre Charleville et Givet et de reprendre le chemin de fer à une autre station.
La délivrance de ces billets a lieu le samedi ou la veille des jours de fête à partir de midi et se continue jusqu’au lendemain à midi. Ils sont valables, pour le retour, jusqu’au lundi ou jusqu’au lendemain des jours de fête, dans les trains partant dans la matinée jusqu’à midi. Enfin, ils sont reçus dans tous les trams comprenant des voitures de la classe pour laquelle ils sont délivrés.
Prix des billets d’aller et retour : d’Epernay, 1re classe 12 fr., 2e classe, 9 fr., 3e classe 7 fr.; de Reims, 10 fr ., 8 fr., 6 fr. ; de Rethel, 8 fr., 6 fr., 4 fr.; de Sedan et Charleville, 7 fr., 5 fr, 3fr.
BLESSÉS DU TONKIN. — Une quête faite mercredi soir [20 mai] dans une réunion d'amis a produit la somme de 14 fr. 50.
Théâtre. — Demain, mercredi 27, première représentation de Manon Lescaut, opéra comique en 4 actes, musique de Massenet, paroles de Meilhac et Gilles .
La journée du lundi. — Lundi matin [25], les abords de la gare étaient envahis par une foule nombreuse qui allait prendre le train, de Raucourt, pour assister aux fêtes du Comice. Aussi les rues de notre ville présentaient-elles, dans la journée, une apparence assez morne. Ceux que la crainte de la pluie avait empêché de partir, ont regretté leur appréhension, car quelques gouttes d'eau sont seulement tombées vers 6 heures du soir.
Incendie. — Un commencement d’incendie s’est déclaré, lundi soir, vers 7 heures, dans un fournil appartenant à M. Pingard, jardinier au Fond-de-Givonne.
M. Pingard avait laissé du bois entre le haut du four et la toiture. Ce bois s’est enflammé et a communiqué le feu aux poutres du toit. L’alarme aussitôt donnée, plusieurs personnes sont arrivées en hâte et ont pu éteindre rapidement les flammes.
Les pertes sont évaluées à 200 francs.
Expulsion. — La gendarmerie a reconduit à la frontière la nommée Maury, femme belge, contre laquelle a été rendu un arrêté d’expulsion.
Obsèques de M. Reitter. — Les obsèques de M. Reitter, juge de paix du canton Nord de Sedan, ont eu lieu lundi [25]. Le présidant du tribunal a prononcé quelques paroles très émues ; il a retracé la vie du défunt et a rappelé les grands sentiments patriotiques qui l'ont toujours guidé dans tous les actes de sa vie.
M. Reitter était né à Sarreguemines en 1824. Après la guerre franco-allemande, il quitta son pays natal pour, comme l’a dit le président du tribunal dans un éloquent langage, ne pas se séparer de la France qu'il aimait tant.
Aujourd’hui le corps de M. Reitter repose à Sarreguemines, qui redeviendra un jour ou l’autre, pays français. M. Orban, lorrain, lui aussi, a su faire vibrer tous les cœurs par l’éloquence de ses paroles frappées au coin du patriotisme le plus pur.
« La Fraternelle. » — La Société lyrique la Fraternelle prie les jeunes gens qui se sont fait inscrire pour la chorale fondée par cette Société, de se réunir chez M. V. Carré, avenue du Collège, à 8 heures du soir, le samedi 30 mai, pour décider la date des répétitions ; une salle sera spécialement réservée ; les jeunes gens et amateurs de musique pourront encore se faire inscrire jusqu'au samedi 30 mai, date de la fondation de la chorale la Fraternelle.
Faux bruit. — De mauvais plaisants ont eu la singulière idée de faire courir, lundi matin, à Bosséval et à Vrigne-aux-Bois, le bruit que M. Guichard, vendeur du Petit Ardennais, avait tenté de se pendre.
Nous ignorons à quel mobile ont obéi ces étranges farceurs. Jamais M. Guichard n’a tenté de mettre lin à ses jours.
État-civil du 16 au 23 mai 1885 . — Naissances. — Garçons : 5 ; filles : 5.
Mariages. — Pierre Antoine, 26 ans, employé, et Anna Richon, 21 ans, couturière. — Eugène Gippon, 28 ans, gagé de fabrique, et Emilie Euphranie Collet, 25 ans, couturière. — Victor-Jean-Baptiste Hollinger, 22 ans, magasinier, et Marie Pain, 21 ans, raccommodeuse de drap. — Augustin Questroy, 26 ans, terrassier, et Marie-Adélaïde Lamotte, 31 ans, journalière. — Auguste Hendel, 26 ans, ouvrier de fabrique, et Marie-Octavie Marchal, 21 ans, couturière.
Décès. — Du 16, Marguerite Delchenel, veuve Gérard, 81 ans. — Du 18, Sophie Ramonot, veuve Mangin, rentière, 87 ans. — Jean-Pierre-Théodore Luc, lainier, 60 ans. — Du 20, François Mazelot, rentier, 64 ans. — Du 21, Pierre-Joseph Thuillier, ajusteur-mécanicien, 39 ans. — Du 23, Jules-Ernest Bertrand, 11 mois. — Jean-Michel Reitter, 61 ans, juge de paix.
Le Comité de la Libre-pensée vient d’adresser à M . Lockroy, la lettre suivante :
— « En présence du deuil immense provoqué par la mort de Victor Hugo, nous ne pouvons, Monsieur, que mêler nos larmes aux vôtres, à celles de la France et du monde entier.
» Si une pensée peut contribuer à atténuer notre douleur, c’est que cette mort matérielle n'est pour le grand poète que le seuil de l’immortalité. Son souffle puissant continuera à animer notre civilisation pour la pousser vers le progrès : nous continuerons à puiser les inspirations généreuses dans ses œuvres ; nous apprendrons à nos enfants les vers de bronzé dans lesquels il a gravé toutes nos gloires et les strophes indignées dont il foudroyait le potentat parjure et traître, le prêtre sacrilège et apostat. Nous leur dirons que Victor Hugo, le vengeur implacable lorsqu’il s’agissait d’étaler en plein soleil la turpitude du crime triomphant, pleurait sur les misères des déshérités, trouvait des paroles d’une douceur ineffable pour peindre la grâce et la candeur de l’enfance.
» Et vous, Monsieur, qui avez eu le bonheur de vous asseoir en fils au foyer du Maître, veuillez être notre interprète auprès de toutes les personnes qui lui étaient chères et leur exprimer combien nous compatissons à leur douleur. »
LES MEMBRES DU COMITÉ DE LIBRE-PENSÉE SEDANAISE.
(Suivent plus de 50 signatures).
Théâtre. — Très belle salle, hier [28], au Théâtre, pour Manon. La remarquable et savante partition de Massenet a été bien interprétée. Le public a rappelé deux fois les artistes et les applaudissements ont été nombreux. Cette œuvre est bien difficile à apprécier en une seule fois.
On désire une deuxième représentation.
Rectification. — M. le procureur de la République n’assistait pas au concert spirituel de l’école des frères dont nous avons parlé vendredi.
Nous nous empressons de faire cette rectification.
Contravention. — Il a été dressé procès-verbal contre trois bouchers de la ville qui ne se soumettaient pas à la police du marché.
Objets trouvés. — Un parapluie et plusieurs clefs trouvés en ville ont été déposés au bureau de police. — La demoiselle Sabouret, Maria, chez M. Christin, à Sedan, tient à la disposition de qui l’a perdu une broche en argent ornée de quelques brillants — Le sieur Jean, employé d’octroi à Sedan, tient à la disposition de qui l’a perdu une flanelle trouvée au passage de la Maquette.
Caisse d’épargne. — Opérations des 21 et 24 mai 1885. — CAISSE CENTRALE : 85 versements dont 12 nouveaux. 19,179 21; 63 remboursements dont 18 soldés, 18.225 65. — SUCCURSALE DE CARIGNAN : 52 versements dont 8 nouveaux, 17.002 25 ; 19 remboursements dont 2 soldés, 4.675 37. — SUCCURSALE DE DOUZY : 20 versements dont 3 nouveaux, 7.248 86 ; 8 remboursements
dont 1 soldé, 3.095 14. — SUCCURSALE DE MOUZON : 20 versements dont 3 nouveaux, 7.765 »» ; 9 remboursements dont 1 soldé, 3.444 08. — SUCCURSALE DE RAUCOURT : 37 versements dont 7 nouveaux, 5.979 »»; 9 remboursements dont 2 soldés, 2.632 77. — SUCCURSALE DE VRIGNE-AUX-BOIS : 9 versements dont 2 nouveaux, 2.180 »» ; 7 remboursements dont 1 soldé, 1.563 19.
Dons récemment faits au Musée. — M. SAUVAGE, ingénieur des mines, né à Sedan, auteur de la géologie du département des Ardennes, premier directeur général des chemins de fer de l'Est. — Buste exécuté par M. Colle, statuaire a Paris.
M. BOURDET. — Huet de Guerville, maire de Sedan, au moment de la Restauration de 1815 à 1830.
M. de Guerville était en tête de l'administration de la ville, à l'époque de l'érection de la statue de Turenne.
Moulage fait par M. Eug. Bourdet sur le buste qui a été confié au musée par le fils de l'ancien maire de Sedan.
M. THIRIET, professeur de sciences naturelles au collège de Sedan. — Ammonite de 0.70 c. de diamètre, diamètre provenant des grandes carrières de Romery.
M. ROBERT-KAISER — Quatre peintures sur verre qui remonteraient au XIIIe siècle. Elles proviennent d'une maison très ancienne sur l'Alzette, duché de Luxembourg. La famille Kaiser habitait déjà cette maison au XIIIe siècle.
Ces peintures représentent : St-Joseph avec l'Enfant Jésus ; St-Barthélemy ; Jésus offrant son coeur et enfin St-Barthetemy
Mme BERCHERON. — Plaque de cheminée en fonte de fer représentant les armoiries d'un prince de sang royal : Ecu couronné d'Alençоn entre deux feuillages, cantonné de quatre lis et accosté en deux parties de la date de 1784, déсоré de l'Ordre de St Louis.
M. TRUSSY-DAUTEL, ADJOINT AU MAIRE DE FLOING. — Hache en silex de l'époque préhistorique trouvée au lieu dit le Champ de Bataille, sur le territoire de Floing, en 1881.
M. MORELLE SEORÉTAIRE DU CONSE MUNICIPAL. — Ancienne sonnette trouvée dans des fouilles faites à la citadelle d'Arras, représentant une dame noble du XVIe siècle.
M. AUG. PHILIPPOTEAUX, MAIRE. — Autographe de Surcouf (Robert). — Un compte de prise maritime de ce légendaire et célèbre corsaire français qui fit ses premières courses à l'âge de vingt ans, en 1793, et quitta la mer en 1817.
M. AUG. PHLLIPOTEAUX FILS. — L'église du Collège de Sedan. —- Brochure par Aug. Philip-poteaux fils.
M. MORELLE, SECRÉTAIRE DU CONSEIL MUNICIPAL. — 67 pièces de monnaies romaines et françaises.
M. E. EXTHELLIER, CORRESPONDANT DU MUSÉE. — Extraction des cercueils royaux à St-Denis, en 1793. —Relation authentique. — Le tirage a été seulement de 300 exemplaires.
FRANCOIS-FRANQUET. — Le portrait du grand Turenne dans sa jeunesse. — Très belle gravure.
M. STéVART, CULTIVATEUR A GIVONNE. — Vipère empaillée reposant sur sur un trône d'arbre.
Cas d'insolation. — On nous écrit et nous reproduisons sous toutes réserves, sans nous porter garant de la vérité des faits. — Hier, le 128e de ligne a fait une marche militaire. N'était-ce pas imprudent par ces grandes chaleurs subites. Aussi plusieurs cas d'insolation se sont-ils produits.
On nous affirme même, et nous nous faisons le simple écho de ce bruit, que deux soldats seraient, en ce moment, assez dangereusement malades et qu'un autre serait mort.