... à travers le Petit Ardennais...
27 Novembre 2019
Enseignement congréganiste. — Les bonnes sœurs ne sont pas toujours des modèles de patience. La sœur Gabrielle, de Vrigne-aux-Bois, est de ce nombre. Les jeunes enfants, qui sont sous sa garde, ont à redouter ses brutalités. Au commencement de cette semaine, Clarisse Gaignot se présente en classe sans savoir ses leçons. La bonne et excellente soeur se met en colère — la colère est un péché mortel — giffle cette petite fille qui est âgée de sept ans seulement, et la force à rester deux heures et demie à genoux sur les dalles. De tels faits n’ont pas besoin de commentaires.
BLESSÉS DU TONKIN. — Produit d’une cotisation faite par quatre soldats de la classe 1865 : 1 franc.
BLESSÉS DU TONKIN. — Hier, le conseil municipal de cette commune, réuni pour la session de mai a voté à l'unanimité, sur la proposition de M. Abraham, adjoint, 50 fr. pour les blessés du Tonkin.
Faux bruit. — De mauvais plaisants ont eu la singulière idée de faire courir, lundi matin, à Bosséval et à Vrigne-aux-Bois, le bruit que M. Guichard, vendeur du Petit Ardennais, avait tenté de se pendre.
Nous ignorons à quel mobile ont obéi ces étranges farceurs. Jamais M. Guichard n’a tenté de mettre lin à ses jours.
Mansuétude épiscopale. — Il parait que M. Oudart, curé de Vrigne-aux-Bois, vient de recevoir de l’archevêché de Reims, une lettre dans laquelle il est vertement blâmé d’avoir donné la sépulture chrétienne aux acteurs du drame terrible que nous avons raconté. Le motif de cette réprimande est que l’un des personnages a assassiné l’autre et s'est suicidé ensuite. Quoique cette décision nous paraisse tout à fait saugrenue, au moins en ce qui touche le brigadier assassiné, nous ne sommes cependant pas fâchés de voir un archevêque faire un peu de réclame pour les enterrements civils.
Libre-Pensée. — Un groupe d’ouvriers de Vrigne-aux-Bois se sont fait inscrire comme libre-penseurs, dimanche dernier, à la réunion du Châlet, à Charleville. Nous constatons avec plaisir que Vrigne-aux-Bois ne veut pas rester en arrière.
Cas de longévité. — Il vient de mourir à Vrigne-aux-Bois une femme de 84 ans, Mme Ludet ; son mari est dans sa 91e année. Ces deux vieillards avaient 64 années de mariage et ont toujours vécu en bonne intelligence. La mère Ludet, comme on l’appelait, a encore une sœur âgée de 88 ans, une autre de 82 ans, une autre de 80 ans, une autre de 79 ans et enfin un frère qui a 76 ans, tous très bien portants.
Le 14 juillet. — On nous écrit : La Fête nationale a été célébrée avec son éclat habituel. La musique, les sapeurs-pompiers, le Bataillon scolaire et la Gymnique avaient prêté leur concours, et tous ont rivalisé de zèle pour montrer l’élan qui les animait dans cette fête patriotique.
Le Conseil municipal, en très grande majorité, auquel s'était jointe une nombreuse partie de la population, a accompagné ces divers corps aux lieux de leurs réunions et sur tous les visages on voyait peintes cette gaîté franche, cette cordialité que donne seul ce souffle de Liberté. Aussi c'est avec un grand enthousiasme que partait de tous les cœurs, ce cri sublime de : Vive la République! chaque fois que la musique exécutait cette immortelle Marseillaise.
La fête se serait passée sans incident, si ce n'était celui suscité par M. Abraham, premier adjoint, qui avait préféré aller, avec quelques tièdes, festoyer le 14 Juillet chez nos voisins les Belges, et laisser de côté ses collègues du Conseil municipal. Il a voulu, à son retour de l'étranger, promener sa personne vers le bal. Mais là, et dans la vue, insultes à l'un, épithètes mal sonnantes à l'autre. Il allait même jusqu'à insulter l'armée en la personne de quelques soldats paisibles qui se promenaient; si bien que la foule s’en mêlant, il a dû déguerpir au galop et demander abri à l’Hôtel du Commerce, où il a dû attendre assez longtemps avant de pouvoir regagner son domicile.
M. le premier adjoint, qui a été élu sur la liste républicaine, après avoir déserté sincèrement, disait-il, ce qu’il appelait la réaction, a fêté, l’an dernier, le 14 Juillet. Il a accompagné tous ses collègues républicains, il a pavoisé sa maison, il a illuminé. Mais, hélas comme on l'a déjà vu bien des fois, ses idées, ses convictions ne durent souvent ce que vivant les roses. Cette année, les républicains ne valent rien. Et cependant, c’est sur sa demande, au Conseil municipal, que, l’année dernière, fut augmentée la somme que l’on devait allouer pour fêter convenablement le 14 Juillet.
Aussi la majorité de ses électeurs verrait avec plaisir qu’il donnât sa démission d’adjoint, car, quand ou se déclare anti-républicain, et que l’on se montre si peu sérieux, on ne peut rester à la tête d’un Conseil dont la majorité ne vous est plus acquise.
Commencement d’incendie. — Mercredi 16, vers 8 h. 1/2 du soir, le feu se déclarait dans une maison appartenant au sieur Leboeuf, maréchal-ferrant, et occupée par les sieurs Brévilly, Hippolyte, et Gallois, Joseph. Le feu qui parait avoir pris naissance au bas d’une cloison qui sépare les greniers des deux locataires a été promptement éteint, le plancher et une poutrelle ont seuls été endommagés. Cause inconnue. La perte évaluée à 200 fr. est couverte par une assurance.
Excellent exemple. — A la suite d’une charmante soirée donnée chez M. Herbulot-Camion, conseiller d’arrondissement, à l’occasion du 14 Juillet, et à laquelle assistaient les notabilités républicaines de l'endroit, une collecte organisée par M. Petit, maire de la commune, au profit du Bataillon scolaire et de la Gymnique, a produit la somme de vingt-six francs.
Chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. — Le Conseil municipal, dans sa séance du 21 courant a voté, sur la proposition de M. Petit-Barbette, maire, une subvention de cinq mille francs pour le chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. La subvention demandée à la commune n’était que de 2,500 francs.
Incendie. — Contrairement à ce qui nous avait d’abord été dit, l’incendie qui a eu lieu chez M . Leboeuf et dont nous avons parlé dans notre numéro du 20 juillet a causé des dégâts assez sérieux. Trois poutrelles ont été brûlées complètement et deux fortement endommagées ainsi que le plancher. Les pertes sont estimées à 200 fr.
Chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. — On nous pris d’insérer la communication suivante. Ce que nous faisons sous toute réserve, bien entendu :
« Au sujet de l'article paru dans votre numéro de dimanche dernier, permettez-moi, M. le rédacteur d’exposer les considérations qui militent puissamment pour la création d’une ligne de chemin de fer non entre Raucourt et Vouziers, mais bien entre Vrigne-Meuse et cette dernière ville.
» II est certain que toutes les populations situées au delà de Chémery jusqu’à Vouziers et même jusqu’à Monthois ont le plus grand intérêt à voir la gare à Vrigne-Meuse afin d'arriver plus rapidement au chef lieu du département.
» En second lieu, Vendresse aura sa gare à proximité et pourra utiliser ses établissements métallurgistes arrêtés depuis longtemps, faute de moyens de transport. Notez que ce village est entouré d’immenses forêts et le chemin de fer fera immédiatement hausser les prix de vente des coupes.
» Si le trajet avait lieu, au contraire, par Raucourt, la station la plus rapprochée de Vendresse serait Ambly et I'on sait qu’à cause de la distance l’avantage provenant de la voie ferrée deviendrait absolument illusoire.
» Il en est de même pour Chémery dont le commerce, ainsi que celui de Connage, se trouveront desservis par Ia nouvelle ligne, et aussi pour Omicourt, St-Aignan, Chéhery, Cheveuges, Sapogne, dont l’industrie augmente chaque jour, comme pour St-Martin qui possède deux filatures et des carrières inépuisables.
» Remarquons encore que Vrigne-Meuse, point de jonction, se trouve en communication directe avec Sedan-Mézières-Charleville et Vrigne-aux-Bois.
» La Commission d’enquête réunie lundi à Mézières a reconnu, comme la première fois, tous les avantages que présentait cette combinaison et a opiné dans ce sens.
» Disons en terminant qu’il est à regretter que certaines communes ne comprennent pas tous les bienfaits qu’elles retireront de la ligne nouvelle et refusent de voter les petites subventions qui leur sont demandées pour son établissement,
» Espérons que, mieux éclairées, elle reviendront sur une décision aussi préjudiciable aux intérêts particuliers qu’à l'intérêt général.
Blessure par imprudence. — Le 13 de ce mois, la femme Mozet se rendait dans les champs, lorsqu’en passant derrière le jardin de M . Lambert, elle fut atteinte par un plomb qui lui déchira la peau du nez. Prise de peur, cette femme est retournée chez elle, et apprît que les auteurs de ce fait étaient les nommés Domelier et Lambert, qui s’amusaient à tirer sur un papier collé à un arbre dans le jardin de ce dernier. Procès-verbal a été dressé contre ces imprudents qui reconnaissent le fait.