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Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

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[Plateau lorrain] 1885

Mai

BRIEY.Une bonne œuvre. — Le 11 avril dernier, un concert organisé par les autorités de la commune a eu lieu dans la salIe de la mairie. Des artistes-amateurs de Briey, avaient prêté leur gracieux concours.
Ce concert a été suivi d’un bal très brillant qui a duré jusqu’à six heures du matin. L’aspect de la salle, décorée pour la circonstance, était féérique.
Une quête a été faite au profit des blessés du Tonkin, par Mme Berger, la femme du sous-préfet. Mme Bertrand, la femme du maire, Mlles Poirson, Beuvelot et Barthélémy.
Le produit de la quête auquel on a ajouté celui d’une tombola et celui des souscriptions, a été de 2,692 fr. 50, (déduction faite des frais).
Cette somme a été adressée à Nancy, pour être remise à l’oeuvre des blessés du Tonkin.
C’est un résultat d’autant plus beau que la commune compte à peine 2,000 âmes.

CHEVREUIL QUI FAIT DES VISITES . — Un fait qui ne se voit pas souvent, c’est sans doute celui qui vient de se passer à Grandvezin-les-Crévic.
Avant hier matin, en effet, un magnifique chevreuil, que les chasseurs désignent sous le nom de « brocard », avec de superbes bois sur la tête entra, après avoir traversé tranquillement les rues du village, dans la maison de M. Quillé, forgeron. Fermer la porte sur l’animal et entrer dans l’écurie fut pour M. Quillé l’affaire d’un instant. Mais, à son grand étonnement, il remarqua que le chevreuil n’avait nullement peur et qu’il ne cherchait pas à fuir. M. Quillé s’approcha alors de lui, l'attacha au milieu des vaches et des chevaux et la bête y resta sans trop s’inquiéter de sa situation.
Bientot le bruit de cette étrange equipée de la part d' un chevreuil se répandit dans le village et tout le monde accourut à l’écurie de M. Quillé pour voir l' étrange capture qu’il avait faite. Alors, M. Quillé craignant d’être inquiété, prit la sage résolution de relâcher l’animal qui s’était donné à lui. Il voulut au moins que celui-ci en conservât le souvenir. Il fabriqua aussitôt un collier auquel il attacha un grelot, et sur lequel il inscrivit son nom en toutes Iettres, et le mit  autour du cou du chevreuil étonné d’entendre à chaque mouvement qu’il fait un son auquel il n’est pas accoutumé. Le chevreuil, mis en liberté à six heures du soir, bien loin de fuir, s’en alla bien tranquillement et continua son exploration dans le village, sans s’inquiéter et sans s’effrayer de la foule qui le suivait, et, arrivé près de la saline, il entra dans une autre maison.

Le livre d’Or des Chemins de Fer. —  L’homme d’équipe en régie Mailier (Pierre-Honoré), de Montmédy, a trouvé, dans le bureau du chef de gare, une pièce de 20 francs qu' il a remise au chef de service. 

LA GELÉE. — Les nouvelles que nous recevons de certains départements, nous annoncent que la gelée a occasionné ces dernières nuits, des dommages sérieux.
Dans toute la vallée de l’Yonne et dans plusieurs affluents de l'Yonne, nous écrit-on, la gelée a sévi une intensité heureusement variable.
Dans les vallées du Tholon, certaines vignes ont été complètement gelées ; dans celles de l'Yonne le mal est moins considérable. Les côtes heureusement sont indemnes.
A Mirecourt, la récolte a été fortement endommagée; beaucoup de bourgeons ont été détruits.
Dans le Loir-et-Cher, la grêle avait déjà causé quelque dommage, surtout aux environs de Ménars ; la gelée a sévi également avec une certaine intensité. Néanmoins quelques régions ont été épargnées.
La Champagne paraît avoir été aussi fortement éprouvée. « Dans les bas fonds et dans divers vignobles, nous écrit-on, les vignes ont été fortement atteintes. » Néanmoins on ne peut encore évaluer d'une façon bien précise, l’étendue du dommage.
Comme on le voit, les dernières nuits ont été nuisibles à la vigne ; mais cependant, ce n' est pas un désastre, comme on avait lieu de le craindre dans un premier moment d’exagération.

Hernie. — M. BACH, bandagiste-herniaire, à Varangéville (Meurthe-et-Moselle), de passage deux fois par an, avantageusement connu depuis plus de vingt-huit ans dans ce pays, pour contenir et guérir les hernies les plus anciennes et les plus volumineuses. (Nouveau système), clef pouvant donner la pression et l’inclainaison désirable. Sera, à Mézières, Hôtel du Palais Royal, le 19 mai ; à Sedan, Hôtel de l'Europe, le 20 mai.

Champignon monstre. — Une morille du poids de  534 grammes a été trouvée dans les bois de Fresnois, près Montmédy, par M. Rouvrois, garde-forestier à Petit-Verneuil. Cet énorme champignon pouvait suffire à l'alimentation d'une famille entière.

Juillet

LONGUYON — La  Fête nationale. — Nous recevons l’intéressante communication suivante : « J’ai lu avec plaisir le compte-rendu de la Fête du 14 Juillet dans les Ardennes et suis très heureux de constater l’enthousiasme général manifesté par les départements limitrophes de l’Allemagne.
Ainsi, à Longuyon, petite ville de 2,500 habitants, je n’ai pu passer sans m’arrêter, le 13 au soir, pour admirer la fête donnée dans la cour de la gare, par MM. les employés du chemin de fer, sous la direction du chef de gare, au profit du Bataillon scolaire de cette localité.
Une estrade avait été dressée pour recevoir nos futurs soldats et la musique La Longuyonnaise. La statue de la République, entourée de draperies tricolores, était placée sur un piédestal ; au-dessus on remarquait ds magnifiques transparents et des lanternes  tricolores ; de gros ballons, mûs par un mouvement d’horlogerie, tournoyait au-dessous. Trois commissaires, MM. Ronaux, inspecteur des télégraphes, Muzard, chef de bureau, Capet, dessinateur, et trois charmantes demoiselles ont quêté avant l’ouverture du bal ; les nombreux assistants se sont fait un devoir de répondre aux sollicitations gracieuses des quêteuses et quêteurs et on a réuni 149 fr., qui ont été remis à M. Comon. maire. C’est par la danse qu’a été terminés, à 3 heures du matin, cette brillante fête.
Le 14, on a continué d’une façon aussi agréable sur la place de l'Hôtel de-Ville. Le Scolaire, dirigé par deux sergents du 26* bataillon des chasseurs à pied, a reçu les félicitations de toute la population réunie.
Après avoir exécuté divers mouvements, les jeux ont commencé et les commissaires ont fourni aux enfants des distractions de toute nature. Le soir, à 9 heures, illuminations, bal, salves d’artillerie, etc.

Six mille mariages. — La plus ancienne rosière de France vient de mourir à Thionville. Elle s’appelait Mme Fousser, et était née à Strasbourg, en 1793. Elle fut couronnée rosière et mariée au moment du mariage de Napoléon Ier. Rappelons que ce dernier, en l'honneur de mariage, fit un décret en date du 25 mars 1810 dans lequel il était stipulé que 6,000 militaires en retraite ayant fait au moins une campagne, seraient mariés à des jeunes filles parmi les plus vertueuses. L’empereur se chargeait des 6000 dots. On répartit dans toute la France cette levée de rosières, et les 6,000 mariages se firent le même jour, le 23 avril 1810.

CONS-LA-GRANDVILLE.Blessés du Tonkin. — M. le maire nous a remis la somme de 6 fr. 80, produit d’une quête faite à Cons-la-Grandville au profit des blessés du Tonkin.
Acte de probité. — M. Bourgeois, facteur des postes, a trouvé dans la Grandville une pièce de 1 fr. qu’il s’est empressé de déposer chez M. le maire.

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