... à travers le Petit Ardennais...
3 Février 2020
BLESSÉS DU TONKIN. — On nous écrit : Une quête pour les blessés du Tonkin a été faite à domicile par MMIles Emma Henriet, Clémence Hubert et Augustine Vrizet ; elle a produit la somme de 102 fr. qui a été versée entre les mains de M. le maire.
Une partie sera envoyée à l'Association des Dames françaises, l'autre aux enfants de Raucourt, qui font parti du corps expéditionnaire.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu participer à cette œuvre patriotique ; merci surtout aux organisatrices de cette collecte que nous ne saurions trop féliciter de leur généreuse initiative.
Bannière insultée. — On nous écrit :
« Permettez-moi, M. le Rédacteur, de rompre le silence sur un incident fâcheux dont, tout d'abord, nous n’aurions pas voulu parler; mais, cédant à des sollicitations nombreuses, nous voulons tout au moins y faire allusion, sans pourtant pousser la sévérité jusqu’à nommer le coupable qui ne se reconnaîtra que trop. Dimanche dernier [10], au moment où nous prenions le train, notre bannière, nous ne savons trop pourquoi, a été grossièrement insultée par un ouvrier réactionnaire de Charleville : ce spectacle indécent a écoeuré toutes les personnes présentes ; cet ouvrier n’a sans doute qu’une excuse, c’est qu’il était ivre. Nous avons, pour témoins de cette scène scandaleuse et anti patriotique, MM. Thiriot, Hénon, Raynal et Ledermé, commissaires de la fête de Mézières, qui nous autorisent à donner leurs noms. Ces messieurs, au nom de l ’hospitalité macérienne, ont énergiquement protesté contre cette inconvenante algarade.
Cérémonie patriotique. — On nous écrit :
Jeudi, a eu lieu le service en l’honneur d'Henri Loupot, soldat au 1er régiment d’infanterie de marine, tué au Tonkin au combat du 23 février dernier.
Cette cérémonie, d’un caractère tout patriotique, avait attiré une foule nombreuse, venue de toutes parts pour rendre honneur à celui qui tomba à deux mille lieues de sa famille en défendant la drapeau français.
Les conscrits de la ville de Raucourt ainsi qu’une section de la Société de gymnastique de cette localité, les militaires en congé des environs, la jeunesse d’Autrecourt avec le drapeau, les enfants de nos écoles, le Conseil municipal en tête duquel marchait le maire d'Autrecourt, forment un cortège imposant et se dirige vers le catafalque qui disparaissait sous les couronnes et les fleurs offertes par les jeunes gens.
Puis le cortège se rendit au cimetière où est élevé le monument qui doit perpétuer la mémoire de Loupot. Alors M. le maire d’Autrecourt, dans un discours empreint du plus pur patriotisme, a vivement ému l’assistance et a fait vibrer dans tous les cœurs l’amour de la Patrie. Un autre discours, fait par M. Colson, au nom des jeunes gens d’Autrecourt, a produit aussi un grand effet, car il ratraçaît la jeunesse de son camarade et sa dernière visite au pays avant de partir pour le Tonkin. Un conscrit de Raucourt, M . Bonne, prit aussi la parole et, au nom de ses, camarades, déposa une couronne à la mémoire du soldat mort au champ d’honneur. Après quelques paroles prononcées par le maire de Sedan, tout le monde s’est retiré, emportant de cette cérémonie le meilleur souvenir.
Festival et fête de gymnastique à l’occasion du Comice agricole au 25 mai.
La veille, à neuf heures du soir, grande retraite aux flambeaux.
Le 25, les Sociétés de musique et de gymnastique seront reçues à leur arrivée,à onze heures par leurs commissaires-délègués. — A onze heures et demie précises, défilé par l’avenue de la gare, avenue Gambetta, rue Thiers , place de la mairie, rue de l’Eglise, rue d’Ardennes, rue du Ruisseau, rue du Temple, place du Château, où sera offert le vin d’honneur.
Festival. — Dix sociétés des Ardennes y prendront part. Les concerts d’harmonies et de fanfares seront ouverts à trois heures. précises sur le kiosque, place de l’Hôtel-de-Ville.
Fête de gymnastique. — Réunion des neuf Sociétés, avenue de la gare à deux heures et demie. — A trois heures, commenceront les exercices.
A six heure, distribution des médailles.
A sept heures et demie, place de la gare, ascension d’un ballon. — A neuf heures et demie, feu d’artifice. — De huit heures à deux heures du matin, grand bal.
Un train supplémentaire partira de Raucourt, à onze heures du soir, dans la direction de Sedan et Charleville.
La journée du lundi. — Lundi matin [25], les abords de la gare de Sedan étaient envahis par une foule nombreuse qui allait prendre le train, de Raucourt, pour assister aux fêtes du Comice. Aussi les rues de Sedan présentaient-elles, dans la journée, une apparence assez morne. Ceux que la crainte de la pluie avait empêché de partir, ont regretté leur appréhension, car quelques gouttes d'eau sont seulement tombées vers 6 heures du soir.
LE CONCOURS. — Le temps s’est montré grand seigneur, car la pluie a bien voulu faire grève pendant la journée de lundi et ne pas s'opposer à l’éclat des réjouissances organisées en l’honneur du Comice agricole de Raucourt.
Le Comité composé de M . Thiriet, maire de Raucourt; Bonne, adjoint; Cunisse, Boizard-Rozoy et Nicolas Pauvret, avait organisé un service d'ordre qui a été observé d’une façon parfaite.
A onze heures un quart, c’est à dire après l’arrivée du train de Sedan, qui amenait au moins un millier de visiteurs, parmi lesquels M.le maire de Sedan et M . le sous-préfet de l’arrondissement, le cortège s’est formé.
Défilé. — La marche était ouverte par un piquet armé de la Gymnique de Raucourt, suivi des Sociétés harmoniques qui ont défilé dans l’ordre ci-dessous en exécutant les plus beaux, morceaux de leur répertoire : La Société philharmonique de Raucourt, l’harmonie d’Angecourt, la Société philharmonique de Dom-le-Mesnil, celle de Haraucourt qui a obtenu quatre premiers prix au dernier Concours de Paris, celle de Mouzon, la Fanfare de Pourru-Brévilly, celle de Pure, celle de Remilly, la musique des sapeurs-pompiers de Sedan ayant pour chef M. Clarinval et l’harmonie de Vendresse.
Puis sont venues ensuite les sociétés de gymnastique de Raucourt (fanfare en tête), de Balan, Buzancy, Charleville, Mézières, de Nouzon (la Citoyenne et la Nouzonnaise), de Sedan et de Torcy-Sedan.
A onze heures et demie précises, le cortege s'est mis en marche, précédé du maire de Raucourt, assisté de ses adjoints et de son Conseil municipal. Il a parcouru l’avenue de la Gare, l’avenue Gambetta, la rue Thiers, la place de la Mairie, la rue de l’Eglise, la rue d’Ardennes, la rue du Ruisseau, la rue du Temple et la place du Château.
Le défilé terminé, les différentes sociétés de musique et de gymnastique se sont rendues dans la cour du château, vieille demeure dans laquelle se sont écoulées les premières années de Turenne, et ont accepté un vin d’honneur qui leur était offert par la municipalité de Raucourt.
Les récompenses. — Vers midi, les organisateurs du festival ont monté sur une estrade établie devant la mairie et ont procédé à la distribution des récompenses.
En voici la liste exacte :
1° Récompenses décernées aux instituteurs de l’arrondissement de Sedan pour l’enseignement de l’agriculture.
Rappel de 1ere médaille à M. Alexandre, instituteur à Villers-devant-Mouzon. (Le comice se propose de demander une médaille d’argent à la Société des agriculteurs de France.)
Médaille en vermeil, offerte par la ville de Raucourt à M . le directeur de l’école de Donchery.
Médaille de vermeil, offerte par le maire de Sedan, à M. Giboux, instituteur à Mouzon.
Médaille d’argent, offerte par la ville de Raucourt, à M. Ponsart, instituteur à Artaise-le-Vivier.
Récompenses aux élèves . — Un livret et une médaille d’argent à Cunin, Anatole (Ecole de Villers-devant-Mouzon). Un livret et une médaille d’argent à Courtois, Jules, de Donchery (Ex-æquo avec le premier). Un livret à Brillant, Charles, de Donchery. Un livret à Husson, Louis, école laïque de Mouzon. Un livret à Gérard, Lucien, de l' école laïque de Mouzon. Un livret à Mlle Lecuivre, de Villers-devant-Mouzon.
Livrets offerts par la municipalité à l’école de Donchery et réservés spécialement aux élèves de l’école pour encouragement à la science agricole; les ont obtenus Gaetz, Emile, âgé de dix ans, et Hambourg, Emile.
Voici maintenant les prix décernés aux élèves :
Ecole de Donchery ; Courtois, Jules ; Brillant
Charles ; Gaetz, Emile; Hambourg, Camille ; Pol Clément; Lancret, Victor; Kugener, Henri.
Ecole de Connage : Mlle Clinquin, Aline.
Ecole de Raucourt : Thiriet, Eugène.
Ecole d’Artaise-le-Vivier : Deband, Robert Justin; Bejot, Joseph.
Ecole laïque de Mouzon : Husson, Louis ; Gérard, Lucien; Chule, Victor; Dion, Vital; Francier, Armand; Gerardin, Ernest.
Ecole des frères de Mouzon : Pilardeau, Charles ; Louvel, Achille ; Millet, Henri ; Millet, Georges (9 ans); Baye, Emile (9 ans).
Ecole de Villers-devant-Mouzon : Cunin, Anatole; Tintelin, Emile; Laporte, Edmond; MMlles Lecuivre, Elvina; Laporte, Joséphine; Fontaine, Marie.
Ecole de Carignan : Fleury, Charles; Vanière, Pol; Deprête, Jules; Orbon, Louis; Pierre, Gustave.
Ecole de Vaux-les-Mouzon : Jonet, Alexandre; Jonet, Rose; Vauthier, Gabriel.
Ecole de Rubécourt : Dumont, Jules; Dhotel, Albert.
Ecole de Balan : Trioche, Emile.
Primes d ’honneur. — 1re prime accordée à M. Mathy Henry. (Cette prime est un fort joli taureau en bronze sortant des magasins de M. Duboulet, bijoutier à Sedan). — 2e prime, médaille d’argent grand module, accordée à M . Collignon.
Prix aux serviteurs agricoles. — Hommes: Mortier Désiré, de Villers-devant-Raucourt ; Guillaume Félix, de Villers-devant-Raucourt ; Barthélémy, de Mondufy ; Mangin, d'Amblimont; Maillard, d’Yoncq. — Femmes : Marguerite Jacques, de Sachy ; Marie Nicolas, d’Euilly
Primes pour la race chevaline . — Etalons : MM. Drul, Broyard et Ambroise. — Poulains : MM. Husson et Fauconnier. — Juments: MM . Boiset, Cyrille, Jouet, Godfroy, Mozaire et Boutmy.
Primes la race bovine . — Taureaux jeunes : MM. Laporte, Déruette, Lambert, Cyrille, Fauconnier et Gréterin. — Taureaux (2 dents) : MM. Laporte, Erard, Bertrand, Maljean. — Taureaux du comice : MM . , Willème, Bourgerie et Roland. — Vaches : MM. Colas, Wateret, Laporte, Bonne, Guillaume et Gouverneur.
Primes pour l ’espèce ovine . — MM. Drouet et Tuot.
Primes pour l ’espèce porcine . — MM . Monin et Erard.
Primes pour les instruments . — MM. Lingat, Simon, Noailles, Deglaire, Lecomte, Brixon, Nivoix, Barthélémy et Ferrault.
Le Banquet. — C’est dans la grands salle du premier étage de la mairie qu'avaient été dressées les tables du banquet. M. Thiriet, maire de Raucourt, avait devant lui M. Philipoteaux, ayant M. le sous-préfet à sa droite et M. Loret, pharmacien, à sa gauche.
Nous avons remarqué, parmi les assistants, M. Varlet, conseiller général ; M. Renault, inspecteur d’Académie; M. J.-J. Lorin, président du Comice agricole; la plupart des maires des communes voisines, etc.
Voici le menu du banquet :
Potage tapioca. — Saumon, sauce câpres. — Bouchées à la reine. — Filet de bœuf aux champignons. — Asperges. — Dindonneau au cresson. — Jambon d’York. — Salade.
Dessert : Plum-pudding, jattes de dessert.
Vins : Madère; bourgogne, champagne. — Café, cognac.
Avec un pareil menu, que Brillat-Savarin lui-même eut déclaré parfait, il était impossible que les estomacs les plus, rebelles ne fussent pas satisfaits. Et, à la satisfaction accordée au gourmet, venait s’ajouter le plaisir de la musique, car toutes les Sociétés philharmoniques défilaient tour à tour en exécutant sur l’estrade de la place de la mairie les plus beaux morceaux de leur répertoire.
Au dessert, divers toasts ont été portés. M. De Lasteyrie, sous-préfet de l’arrondissement, a pris le premier la parole pour remercier d’abord M. J.-J. Lorin de l’avoir invité au concours et ensuite pour donner l’assurance aux cultivateurs qu’ils trouveraient en lui un interprète fidèle de leurs vœux. En dernier lieu, il a bu à la santé du Président de la République.
M G.-G. Lorin, après avoir remercié le sous-préfet, des paroles bienveillantes qu’il venait de prononcer à son égard, a exprimé l’espoir que la Crise agricole toucherait bientôt à sa fin.
Après deux allocutions prononcées par M. Varlet et M. Lamour, le maire de Sedan a pris la parole. Il a dit que toute insinuation touchant à la politique ne devait pas être formulée et que les discussions de partis devait cesser quand on se trouvait en présence d'une crise aussi intense que celle qui sévit actuellement sur l’agriculture.
M. le maire de Raucourt a répondu à ces différents toast par des paroles frappées au coin du vrai patriotisme. Puis M. Philippoteaux a pris de nouveau la parole. Nous pourrions le quereller sur cette phrase qu’il a imprudemment prononcée : « L’argent et le bon droit seront toujours le nerf de la guerre. » Mais nous ne vouIons pas introduire une note discordante dans le compte rendu de cette cérémonie qui est à l’honneur de tous les organisateurs.
La Fête. — Le banquet était à peine terminé que les Sociétés gymnastiques commençaient leurs exercices, au son de joyeuses fanfares.
Vers huit heures le bal a commencé au moment où les fusées du feu d’artifice faisaient resplendir les nues de lueurs éblouissantes.
Une grande animation n’a pas cessé de régner pendant toute la journée. On évalue à 4,000 environ le nombre de personnes qui sont venues des localités voisines. Un train supplémentaire avait été organisé vers minuit mais de nombreux intrépides se sont empressés de le manquer afin de passer toute la nuit à Raucourt.
Complément de la fête. — On nous écrit:
Nous ne pouvons passer sous silence certains faits ayant trait à cette belle fête. La fête de gymnastique qui se passait sortie de Raucourt, dans la prairie de Tivoli, et à laquelle plus de 2,000 personnes assistaient, a été magnifique. Neuf Sociétés y prenaient part: la Nouzonnaise, qui avait fait défaut, était dignement remplacée par la Socicté d'Illy qui s'était fait inscrire tardivement.
Les mouvements d'ensemble, dirigés par M. E. Bruge, ont été splendides, toutes les Sociétés se sont surpassées dans leurs exercices. Une mention particulière doit être accordée à l'Espérance, de Charleville, pour ses exercices spéciaux, qui ont été justement acclamés, et à la Citoyenne, de Nouzon, pour sa joyeuse fanfare de cors.
Pendant les exercices, les Sociétés musicales d'Haraucourt, de Raucourt, d'Angecourt et de Remilly ont charmé les spectateurs en faisant entendre les plus jolis morceaux de leur répertoire.
Pour clore la séance, les membres actifs de la Société L'Ardennaise ont dansé la fricassée, qui a provoqué un fou rire parmi l'assemblée.
Puis, à 6 heures, Fanfare en tête, les Sociétés sont venues se masser autour du kiosque de l'Hôtel-de-ville où a eu lieu la distribution des médailles commémoratives.
Avant cette distribution, un morceau d'ensemble, la Marseillaise, avait été exécutée par toutes les Sociétés musicales réunies.
A 8 heures, au milieu des illuminations splendides de l'Hôtel-de-ville, le bal commençait.
LE LENDEMAIN. — Les ateliers sont fermés, les visages rayonnent car la fête n'est pas finie, nos organisateurs nous réservaient une surprise.
A midi précis, un concert est donné sur le kiosque de Dom-le-Mesnil, auxquels s'étaient joints plusieurs jeunes gens de l'endroit.
A trois heures, avec le concours de cette harmonie, et en présence d'une foule nombreuse commence la course aux sacs, sous la présidence de M. Bonne-Darbour, membre du comité d'organisation.
L'honneur de la journée revient à M. Louis Chenet, dit Tichon, et M. E. Lefèvre, dit l'Artilleur, qui ont émerveillé les spectateurs, surtout au point de vue de la course sur la passerelle mobile établie sur le ruisseau.
Pour terminer la fête, le ballon. le «Récalcitrant», gonflé par M. Jack, et ses trois aides, aéronautes distingués, s'est enlevé aux applaudissements de la foule, à une hauteur inévaluable, et est allé atterrir, un peu avarié, sur la place de Truocuar.
Objet perdu. — Il a été perdu dans la nuit du 25 au 26 mai dernier, entre Raucourt et Pouru-Saint-Remy, un instrument de musique.
En cas de découverte, le faire savoir à M. GOUX EMILE, à Pouru-Saint-Remy.
Chemin de fer Raucourt- Vouziers. — On nous écrit : « La question du chemin de fer Raucourt-Vouziers vient de faire un grand pas en avant. Les villes de Sedan et Raucourt ont voté des subventions importantes en faveur de ce projet et elles repoussent énergiquement le tracé par Vrigne-Meuse plus long, plus coûteux et qui sacrifie si légèrement les intérêts de la vallée industrielle de l’Ennemanne. On se rappelle, en effet, qu’une variante passant par la vallée de la Bar a été étudiée afin de relier Vouziers à la ligne de l’Est avec point d’attache à Vrigne-Meuse.
Ce nouveau projet est en ce moment soumis à l'enquête d’utilité publique, mais tout fait supposer que la commission d’enquête d’abord et le Conseil général ensuite adopteront le tracé par Raucourt qui satisfait à plus d’intérêts généraux. Ensuite, si on examine l’affaire au point de vue du rendement de l’exploitation, il est incontestable que de Chémery à Vrigne-Meuse il n’y aura de longtemps aucun trafic, tandis que par Raucourt le trafic sera important et assurera la vitalité de ce chemin de fer. En effet, les communes de Raucourt, Haraucourt, Angecourt, et notamment la première emprunteront cette ligne de Raucourt-Vouziers tant pour las arrivages des fers de la Haute-Marne que pour les expéditions sur Paris, le tout avec une notable réduction de parcours.
En sacrifiant Raucourt, on sacrifie donc l’élément qui doit rapporter le plus à l’exploitation, c’est ce que saura comprendre le Conseil général en adoptant le projet de Raucourt-Vouziers moins coûteux et plus utile à tous égards.
P .-S . — On nous affirme que les communes de Haraucourt et Angecourt n’ont encore rien voté C’est certainement un grand tort. Veuillez agréer, etc. »
Le 14 juillet. — La Fête nationale a été, comme ses devancières célébrée avec un entrain admirable.
Le 13, retraite aux flambeaux par la compagnie des sapeurs-pompiers, l’harmonie et la société gymnique.
Le 14, les édifices publics et la plupart des maisons étaient pavoisés. Salves d’artillerie, défilé de toutes les sociétés devant le conseil municipal et vin d’honneur à l'occasion duquel M. le maire a, dans un discours fort applaudi, rappelé la prise de la Bastille, cause de notre affranchissement et de notre liberté. Ce discours a été acclamé par les cris de : Vive la République !
L'après-midi, revue des sapeurs-pompiers dont la tenue était excellente sous tous les rapports.
Aussitôt le bataillon scolaire et la société de gymnastique ont manœuvré aux applaudissements d'une foule nombreuse. Mouvements d’ensemble, assaut de boxe, escrime à la baïonnette, etc., tout a parfaitement réussi ; les intermèdes étaient remplis par la fanfare de trompettes de la gymnique, dont nous avons constaté les progrès sérieux.
Un concert offert par la Société phiIharmonique, s’est terminé par la Marseillaise.
Un bal brillant, commencé à 8 heures du soir, n’a fini qu’à 2 heures du matin. Les illuminations étaient féériques, chacun avait voulu apporter sa petite part à l’embellissement de cette beIle fête de la Liberté.
Chemin de fer de Vrigne-Meuse à Vouziers. — On nous pris d’insérer la communication suivante. Ce que nous faisons sous toute réserve, bien entendu :
« Au sujet de l'article paru dans votre numéro de dimanche dernier, permettez-moi, M. le rédacteur d’exposer les considérations qui militent puissamment pour la création d’une ligne de chemin de fer non entre Raucourt et Vouziers, mais bien entre Vrigne-Meuse et cette dernière ville.
» II est certain que toutes les populations situées au delà de Chémery jusqu’à Vouziers et même jusqu’à Monthois ont le plus grand intérêt à voir la gare à Vrigne-Meuse afin d'arriver plus rapidement au chef lieu du département.
» En second lieu, Vendresse aura sa gare à proximité et pourra utiliser ses établissements métallurgistes arrêtés depuis longtemps, faute de moyens de transport. Notez que ce village est entouré d’immenses forêts et le chemin de fer fera immédiatement hausser les prix de vente des coupes.
» Si le trajet avait lieu, au contraire, par Raucourt, la station la plus rapprochée de Vendresse serait Ambly et I'on sait qu’à cause de la distance l’avantage provenant de la voie ferrée deviendrait absolument illusoire.
» Il en est de même pour Chémery dont le commerce, ainsi que celui de Connage, se trouveront desservis par Ia nouvelle ligne, et aussi pour Omicourt, St-Aignan, Chéhery, Cheveuges, Sapogne, dont l’industrie augmente chaque jour, comme pour St-Martin qui possède deux filatures et des carrières inépuisables.
» Remarquons encore que Vrigne-Meuse, point de jonction, se trouve en communication directe avec Sedan-Mézières-Charleville et Vrigne-aux-Bois.
» La Commission d’enquête réunie lundi à Mézières a reconnu, comme la première fois, tous les avantages que présentait cette combinaison et a opiné dans ce sens.
» Disons en terminant qu’il est à regretter que certaines communes ne comprennent pas tous les bienfaits qu’elles retireront de la ligne nouvelle et refusent de voter les petites subventions qui leur sont demandées pour son établissement,
» Espérons que, mieux éclairées, elle reviendront sur une décision aussi préjudiciable aux intérêts particuliers qu’à l'intérêt général.
Succès scolaire. — Nous apprenons que M. Eugène Moreaux, ayant à peine dix-huit ans, ancien élève de M . Lemoine et du collège de Sedan, vient d’obtenir avec premier rang, son brevet de bachelier ès-sciences à l’examen du 25 juillet à Paris.
Accident . — Dernièrement, M. Louis Jobin allait à Raucourt en voiture, lorsqu’arrivé près de Sommauthe, la dossière de son cheval se brisa et l’animal s ’emporta traînant le véhicule sur une longueur de trente mètres. La voiture fit un soubresaut et M. Jobin ainsi que sa nièce furent projetés à terre. M. Jobin n’a rien eu, mais sa nièce a été en danger pendant deux jours.