Eklablog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chroniques ardennaises

... à travers le Petit Ardennais...

Publicité

[Plaines du Languedoc] 1885

Mai

Suicide d’un Trappiste. — Un cadavre vient d’être découvert dans les bois de Reauville, à 2 kilomètres du monastère d’Aiguebette, prés Valence, la mâchoire était fracassée, et la putréfaction avait commencé son œuvre ; à côté du corps se trouvait un fusil à deux coups.
Le défunt était le frère Joseph Meyer, âgé de 66 ans, trappiste, qui s’était enfui du couvent depuis quatre jours.

CENTENAIRE. — Une femme à Auberive, (Isère) passe pour avoir atteint sa cent-vingt-quatrième année.
La Nature reçoit de l'Isère d’intéressants renseignements sur cette très vénérable personne, qui se nomme la veuve Girard et serait née le 16 mars 1761 :
En 1882, elle exerçait encore la profession de tresseuse de chapeaux de paille.
« Malgré son âge extraordinaire, la veuve Girard jouit encore d’une vue excellente et peut coudre sans faire usage de ses lunettes. Son ouïe est moins bonne, mais, il suffit d’élever la voix pour qu’elle entende parfaitement. La plupart de ses réponses sont très sensées, pourvu qu’on ne Ia fatigue pas par de trop nombreuses questions. Sa mémoire est plus affaiblie que ses autres facultés, car elle ne se souvient pas du lieu dz sa naissance, ni de ses parents, ni méme beaucoup de son mari, qui est mort depuis très longtemps sans doute ; les vieillards du pays en ont bien entendu parler, mais ils ne l’ont pas connu.
« Voici le régime de l’ultra centenaire : Deux légers repas par jour, l’un vers onze heures du matin et l’autre à quatre ou cinq heures du soir. Chaque repas consiste presque toujours exclusivement en une soupe chaude aux légumes, aux pommes de terre principalement et au pain. Après chaque repas, elle boit quelquefois un verre de vin, mais le plus souvent un petit verre de bonne eau-de vie qu’elle préfère au vin pour terminer son repas. Elle ne mange point de viande. Pendant l'hiver elle se couche et se lève à peu près aux mémes heures que le soleil, mais en été elle reste moins de temps au lit. Jusqu’en ces derniers temps où la municipalité d’Auberives a pu faire accepter une aide à la veuve Girard, celle-ci malgré ses 123 ans vaquait encore à tous les soins de son ménage. Tous les jours elle allait elle-même chercher son eau, ainsi que sa provision de bois. »

LE PENDU MALGRÉ LUI. — On aime à  répéter, chaque jour, qu’il y a un dieu pour les  ivrognes. II faut croire que les ivrognes sont un peu trop nombreux, car la divinité chargée de les protéger ne peut arriver à les surveiller tous. Il s' ensuit alors que l'ivrogne privé de la tutelle céleste, est sujet à toutes sortes d'accidents comme un simple buveur d’eau.
Ainsi, à Rognonas (Bouches-du Rhône), un chiffonnier ambulant, nommé Pélissier, adonné à la boisson, a trouvé la mort dans de curieuses circonstances. 
Il parcourait, depuis le matin, le village, se trouvant, malgré l'heure matinale, en complet état d’ivresse, et troublant la tranquillité publique par ses cris.
Dans le but de le calmer, le garde-champètre l'arrèta et l'enferma dans le violon municipal. Peu à peu, en effet, ses cris cessèrent et on était en droit de supposer qu’un sommeil réparateur allait rendre une lueur de raison au prisonnier.
Quelle ne fut pas la stupeur du garde-champêtre lorsque, venu pour délivrer Pelissier, il le irouva pendu derrière la porte et ne donnant plus signe de vie! L’infortuné avait eu la funeste idée de s’évader et, pour se faire, grimpant le long de la porta et appuyant les pieds sur la serrure, il avait engagé sa tête dans l’imposte, étroite de 17 centimétres.
Malheureusement, la tète n’ayant pu être dégagée et les pieds ayant perdu leur point d’appui, le corps était resté pendu et l’asphyxie n’avait pas tardé à venir.

LES HANNETONS. — Nous voici tantôt à la mi-mai et les forêts manquant de hannetons. Ils sont décidément en retard cette année.
Les gens de campagne s’en passeraient volontiers. C’est un insecte qui leur coûte cher. En Normandie, les hannetons, dans les bonnes années, détruisent 20 pour 100 des produits des terres. C’est du reste dans ce pays qu’ils prospèrent le mieux, et les vieux normands attribuent le fait à la destruction des corneilles. Tout se tient. Autrefois — il y a cent ans — les corneilles abondaient en Normandie. Il y en a bien encore, au bas mot, trois ou quatre cent mille. Mais qu'est-ce que cela, pour des millions de hannetons ?
En 1760, Buchoz, dans son Histoire des insectes, cite comme un fait extraordinaire la destruction de mille hannetons dans la même journée. Une simple dinette. Il y a trois ou quatre ans, à St-Martin de Bocherville, cinq jeunes garçons recueillirent en dix-huit heures 700 kilogrammes de hannetons.
Et la meilleure preuve qu'il n’y avait pas autrefois d'invasions de ce coléoptère comme aujourd' hui, c'est qu’il a échappé aux foudres de l'Eglise qui n'épargnait personne. A peine un passage de sauterelles ou une éclosion de chenilles étaient-ils signalés que voilà toutes ces bestioles frappées d'excommunication. Les exemples abondent.
A Troyes, en plein seizème siècle, sentence est rendue contre les chenilles admonestèes « de se retirer dans les six jours, faute de quoi les dèclarons maudites et excomniuniées. » Même sentence à Grenoble, contre les limaces. Dans l ’évéché d’Autun, ce sont des rats. Procès, assignations de comparoir. Ils firent défaut : Excommuniés.
Rien de pareil contre les hannetons, et il n’est pas douteux que, s’ils se fussent montrés aussi redoutablement nombreux que de nos jours ils ne l' eüssent payé de leur salut éternel.

LA TEMPÊTE AU CAMP DU PAS-DES-LANCIERS. — La dernière tempête, qui a causé tant de dégâts sur le littoral de la Méditerranée, a causé de véritables désastres matériels au camp du Pas-des-Lanciers, où sont réunis 6,000 hommes de la division de réserve.
Dès mercredi soir, la situation était insoutenable pour les troupes campées sous la tente, mais la nuit a été bien plus dure par suite du vent qui soufflait avec une violence inouïe.
Au fur et à mesure que le mistral augmentait le désordre du camp grandissait, et l’installation si parfaite, si heureusement comprise, était anéantie en quelques instants. Les chevaux attachés en plein air à des piquets avaient rompu leurs entraves et quelques-uns même n’ont pu être rattrapés dans leur course vagabonde.
D ’autre part, la partie sud et le centre du camp plus exposés au mistral que la partie Nord, étaient totalement dévastés. Presque toutes les tentes du 47e de ligne, du 22e bataillon de chasseurs, du génie, de l’intendance ont été jetées à terre et déchirées, bien qu’à l’approcha de la bourrasque les soldats aient eu soin de les consolider du mieux possible.
Et, comme des ballons dégonflés, tous ces amas de toile gisaient à terre recouvrant les bagages et les lits qui garnissaient l’intérieur des tentes ; les troupes qui arrivent du Nord ont eu dès le début de leur séjour une triste idée du climat du Midi ; il a même été impossible, vendredi après-midi, de faire la popote en plein vent.
Le général Coiffé et les officiers supérieurs ont visité le camp dans tous ses détails, afin de se rendre compte des dégâts opérés par la tempête. Il a été prescrit d’abattre immédiatement toutes les tentes qui menaçaient d’être emportées et de faire bivouaquer les troupes pour la nuit. Des mesures ont été prises immédiatement pour que les soldats et les officiers qui sont actuellement sans abri puissent coucher en plein air, sans être exposés à prendre mal.
Le camp du Pas-des-Lanciers est incontestablement très bien situé au point de vue sanitaire ; mais en raison même de son aération spéciale il se trouve exposé à des incidents du genre de celui qui s’est produit vendredi. L’intendance de Marseille a été prévenue afin de renouveler immédiatement le matériel détérioré du camp des réserves.

Victime du devoir. — Un interne distingué de l'Hôtel-Dieu de Lyon, âgé de vingt-deux ans, travailleur infatigable et d'une intelligence supérieure, M. Charles Roullet, est mort , hier matin [22], des suites d'une piqûre qu'il s'était faite en pratiquant une autopsie.


Juillet

Mise en disponibilité. — Mme Chagrin de St-Hilaire vient d’être enfermée dans une maison de santé, et le général a été mis en disponibilité, sa situation devenant impossible à Grenoble à la suite de l’incident du 13 juillet. Le général Chagrin de St-Hilaire devait, d’ailleurs, être mis au cadre de réserve dans quelques mois. Il était, jusqu’ici, le seul général qui, après avoir commandé un corps d'armée, ait consenti à prendre le commandement d’une division.

L’INCIDENT DE GRENOBLE . - Nous avons dit hier en dépêche que le général Chagrin de St-Hilaire , commandant la subdivision de Grenoble avait été mis en disponibilité et que sa femme avait été enfermée dans une maison de fous.
Voici quelques curieux détails à ce sujet :
« Le fait s'est passé à 10 heures du soir à l’hôtel de la Division. Mme Chagrin Saint Hilaire, femme du général de division, qui depuis trois jours avait complètement perdu la raison, s'était enfermée depuis 8 heures du soir dans une chambre du premier étage, dont les fenêtres donnent sur la place de la Constitution. La retraite aux flambeaux passait sous ses fenêtres lorsque tout d’un coup, Mme Chagrin Saint-Hilairae se précipite sur les drapeaux qui étaient arborés au balcon, les déchire, les foule aux pieds en poussant des cris et des exclamations et en invectivant la foule. Le public, ignorant l’état mental de cette dame se met à siffler et à huer : quelques-uns même lancent des pierres.
Pendant ces protestations, Mme Chagrin Saint-Hilaire pousse les cris de : Vive la République ! Vive Gambetta ! Vive le père Hyacinthe.
Bientôt la foule grossit et la pauvre folle se met à lancer sur la place différents objets qui, heureusement n’atteignent personne.
Cependant le préfet, M. Pointu, puis le maire arrivent. Ils haranguent la foula, la prient de vouloir bien quitter la place, l’assurant qu’un malheur est la seule cause de ce regrettable incident. La foule se disperse.
Pendant ce temps Mme la générale s’est renfermée dans une chambre de l’hôtel où elle a tout brisé. Elle allait y mettre le feu lorsque les pompiers sont arrivés, ont enfoncé cinq portes avant d’arriver a sa chambre et ont trouvé Mme de St-Hilaire dans un état de surexcitation difficile à décrire.
L ’ordre ayant été donné de l’emmener à l’hôpital elle a protesté énergiquement contre la violence dont elle était l’objet. Elle a consenti pourtant à suivre M. le docteur Berthollet qui l’a conduite à l’hospice.
Elle est aujourd’hui à l’asile St-Robert.
Disons que, le lendemain matin, 14 juillet, par une raison de convenance que tout le monde a comprise, M. le général Chagrin de St-Hilaire n’a pas passé la revue des troupes de la garnison, ainsi que le portait le programme officiel.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article