... à travers le Petit Ardennais...
12 Août 2020
Notre correspondant particulier nous télégraphie : Paris, 22 mai, 9 h. 00 s.
LA SÉANCE
La séance est ouverte á 2 h. 1/2, sous la présidence de M. Leroyer.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté .
Henri Brisson, président du Conseil, MM. Demole, Allain-Targé, Pierre Legrand sont au banc des ministres.
Dès que les sénateurs ont pris leur place, M. Leroyer, président, se lève et prononce d’une voix coupée par l’émotion les paroles suivantes :
« Messieurs les sénateurs,
» Victor Hugo est mort.
» Celui qui, depuis plus de soixante années, provoquait l'admiration du monde et le legitime orgueil de la France, est entré dans l’immortalitè. Je ne retracerai pas sa vie, chacun la connaît, sa gloire n’appartient ) aucun parti, à aucune opinion. (Très bien ! très bien !)
» Elle est l’apanage et l'héritage de tous. Je n ai qu’à constater la profonde et douloureuse émotion du Sénat et l’unanimité des regrets. (Applaudissements )
En signe de deuil, j'ai l’h'onneur de proposer au Sénat de lever la séance. (Applaudissements) .
M. Henri Brisson monte à la tribune. Le gouvernement, dit-il, s'associe aux nobles paroles du président du Sénat. Comme il l’a dit, c’est la France entière qui est en deuil.
Demain, le gouvernement aura l'honneur de présenter aux Chambres le projet de loi pour que des funérailles nationales soient faites à Victor Hugo. (Applaudissements répétés).
La séance est levée à deux heures cinquante minutes.
AU PALAIS BOURBON
Notre correspondant particulier nous télégraphie : Paris. 22 mai, 9 h. 15 s
Au Palais-Bourbon, la nouvelle de la mort de Victor Hugo a produit une vive émotion. Toutes les commissions qui étaient réunies ont immédiatement levé la séance en signe de deuil.
On s’arrache les journaux
Tous les journaux ont fait des secondes éditions ; ils sont encadrés de noir ; la plupart contiennent un portrait de Victor Hugo. La foule s’arrache les journaux pour connaître les derniers moments du grand poète.
Au Conseil municipal
Le Conseil municipal, sur la proposition de son président, M. Michelin, a levé aujourd’hui sa séance en signe de deuil.
A l' Académie française
C’est M. Maxime Du Camp en sa qualité de directeur, qui prononcera au nom de l' Académie française, le discours sur la tombe de Victor Hugo.
D' après les décisions prises il y a quelques mois, la délégation chargée officiellement de représenter l’Académie aux obsèques, sera composée des quatre derniers académiciens élus, MM. Pailleron, de Mazade, Coppée et Ferdinand de Lesseps, auxquels s'adjoindront les trois membres du bureau, MM. Du Camp, Doucet et Rousset.
L’Académie tout entière suivra le convoi du plus illustre de ses membres.
Dîner contremandé
En raison de la mort de Victor Hugo, le dîner qui devait avoir lieu chez le président du Sénat, le 27 mai est remis au 3 juin.