... à travers le Petit Ardennais...
12 Août 2020
Les premières années
Victor Hugo est né à Besançon, le 20 février 1802. ll était fils du général, alors capitaine, Sigisbert Hugo créé depuis comte par Napoléon 1er.
L'on sait que l’illustre poète ne se prévalut jamais de ce titre.
Il suivit tout enfant son père et sa mère, Sophie Trébuchet, fille d'un armateur de Nantes, de garnison en garnison, et les accompagna notamment en Italie et en Espagne.
Après la guerre d'Espagne en 1812 il revint avec sa mère et ses deux frères, habiter à Paris la maison des Feuillantines qu’il avait déjà occupée en 1807 et dont il a laissé dans ses œuvres une description magistrale.
Sur les bancs de la pension Cordier, la fécondité précoce du jeune poète le fit particulièrement remarquer. De treize à dix-sept ans, il écrivit la matière de plusieurs volumes, et dans ses essais faits d’après le moule usé du style classique, l’on peut déjà pressentir celui qui devait être plus tard le chef de la nouvelle école poétique française.
Ses premiers succès
En 1817, il envoya à l’Académie Française, une épître, Ies Avantages de l’Etude, qui fut jugée digne de prix, mais que l'on ne couronna pas parce que l’on crut à une mystification. L'auteur, en effet, y disait son âge et la pièce paraissait bien au-dessus des moyens d’un poète de 15 ans.
Premiers chefs d’œuvre
A dix-sept ans, aux Jeux-Floraux. il obtenait l’anémone d’or et devenait ainsi le plus jeune membre de la plus célèbre Académie de province.
Depuis lors, ses succès littéraires, quoique vivement contestés au début, surtout au Théâtre, devaient aller en grandissant.
Mais ses commencements furent difficiles.
Son père lui avait offert une pension s’il consentait à prendre une profession plus régulière et moins aléatoire que celle des lettres. Il refusa.
Comment et de quoi vécut-il? De rien ou de presque rien.
Ceux qui veulent savoir ce que fut son existence au début de sa carrière, n’out qu'à relire dans les Misérables, les admirables pages de Marius où l’auteur s’incarne tout entier.
A vingt-un ans il épouse une amie d’enfance, Mlle Adèle Fouché, qui restera sa compagne chérie, et vit avec elle de pain sec, d’amour et d'eau pure.
Une maigre somme de 1,500 fr. que lui alloue par an le roi Louis XVIII forme l’unique ressource du jeune ménage.
En juin 1822, Victor Hugo publie le premier volume des Odes, bientôt suivi de Han d ’Islande, de Bug-Jargall, des Ballades, de Cromwell et des Orientales.
Théâtre et poésies
En 1829, Hugo donne au théâtre Marion Delorme dont la censure interdit les représentations. Vient ensuite Hernani dont on se rappelle le scandale légendaire, et que depuis le public a justement classé au rang des plus beaux chefs-d’œuvre de la scène.
La série des merveilles continue alors sans interruption. Le Roi s’amuse, Lucrèce Borgia, Angelo, Marie Tudor, Ruy-Blas, pour le théâtre ; les Chants du Crépuscule, les Voix intérieures, les Rayons et les Ombres (1843), pour la poésie lyrique.
Notre-Dame de Paris
Au cours de ces chefs-d'œuvre, il a encore écrit Notre-Dame de Paris, superbe résurrection du Moyen-Age, où l’art de l'inventeur le dispute à la réalité historique, parfois dans toute sa grâce, le plus souvent dans l’étendue complète de sa sombre horreur.
Citons encore le Dernier Jour d'un Condamné et Claude Gueux, ses plus éloquents plaidoyers qui aient jamais été faits contre la peine de mort.
Victor Hugo à l’Académie
En juin 1841, Victor Hugo était reçu à l'Académie française en remplacement de M. Lemercier. En possession d’une gloire immense, maître souverain d’une littérature et d’une langue qu’il avait renouvelées par un travail incessant et une volonté indomptable, le poète ne fit que grandir encore dans sa période de pleine maturité.
Mais avant de parler de la seconde partie de son œuvre, nous devons examiner en lui l'homme politique.
Victor Hugo, homme politique
Tout jeune homme, Victor Hugo s'était senti porté vers le parti royaliste, mais il ne tarda pas à embrasser la cause démocratique et nul plus que lui ne fut sincèrement républicain. Sous Louis-Philippe (1845), il était créé pair de France. A la Constituante et à la Législative, il devint le chef et l’orateur de la Gauche démocratique et sociale.
Lorsque sonna l’heure du Coup d’Etat, son nom fut mis en tête des listes de proscription et il dut se réfugier en Belgique d’abord, puis à Jersey et enfin à Guernesey où il demeura jusqu’à la chute du second Empire.
Secondes œuvres
Pendant son exil, il donna successivement : Napoléon-le-Petit, les Châtiments, les Contemplations, les Misérables, les Travailleurs de la Mer, l'Homme qui rit, les Chansons des Rues et des Bois.
Rentré enfin en France, après le désastre de Sedan, il publia encore l'Année terrible, l'Histoire d'un Crime, l' Art d'être Grand' Père, Torquemada, et la seconde partie de son œuvre héroïque, la Légende des Siècles, l'Ane, les Quatre-Vents de l’esprit, etc., etc
Celui que nous pleurons
Nommé sénateur, il n’avait pas cessé de s’intéresser à toutes les réformes vraiment libérales et républicaines.
Tel est l’homme illustre que la France pleure aujourd’hui.
Nulle vie, dans sa gloire la plus éclatante, n’aura été plus belle ni mieux remplie que la sienne ; sa mort doit être considérée comme un deuil public, bien plus, un deuil universel.
Deuil universel, en effet, car c’est à lui que, de tous les points du monde, s’adressaient les malheureux voulant obtenir une grâce, le priant d’intercéder en leur faveur et de faire fléchir les ligueurs d’une condamnation.
Aucune souffrance humaine ne le trouva indifférent.
A lui seul, croyons-nous, fut réservé l’honneur sublime de se voir, pendant sa vie, couronné dans une de ces apothéoses publiques jusqu’alors réservées aux morts illustres, alors que tout Paris, le 27 février 1880, défilant devant sa maison, lui porta le tribut d’une admiration qui ne s’est jamais démentie.
Ce jour-là, il entrait véritablement dans l’immortalité !